Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

La porte de frigo, un ancêtre de Flickr?

17e5e3acb44a39144722dc8a5ed51a49.jpgLa première thèse de doctorat consacrée à la présentation de photographies sur les portes de réfrigérateur a été soutenue brillamment ce matin à l'INHA par Marine Da Costa, devant un jury composé de Sylvain Maresca (université de Nantes, directeur), Bruno Latour (Sciences-Po, président), Michel Poivert (université de Paris 1), Clément Chéroux (Centre Pompidou) et moi-même (EHESS, rapporteur).

Sous le titre "L'exposition amovible. Le réfrigérateur, un support méconnu de l'expressivité photographique en milieu familial", la thèse analyse un échantillon de 60 foyers franciliens, auquel s'ajoute un corpus de 800 photographies relevées sur Flickr. Sur cette base, Marine Da Costa met en avant l'émergence du lieu-réfrigérateur dans l'aire familiale. Articulé sur l'antagonisme structural cuisine/salon, celui-ci représente le pôle iconographique actif, par opposition à la télévision, pôle iconographique passif. La chercheuse montre l'existence d'un transfert, qui s'amorce dès le début des années 1980. Anticipant d'une bonne dizaine d'années sur la perception du déplacement des activités de loisir, le réfrigérateur s'avère constituer un précurseur inattendu des mutations aujourd'hui à l'oeuvre.

La partie la plus intéressante de la thèse se consacre à l'examen du concept d'amovibilité. Contrairement à la représentation classique de l'iconographie familiale, centrée sur le modèle figé de l'album photographique, la candidate souligne la spécificité des jeux visuels permis par le caractère non définitif des montages, mais aussi par leur interaction évolutive avec les autres éléments des compositions frigorifiques (magnets, listes de courses, post-it, etc.). La conclusion proposée par Marine Da Costa, qui voit dans la porte de réfrigérateur un espace avant-coureur de l'expressivité des outils du web 2.0, a fait l'objet d'une discussion animée avec le jury. Cet excellent doctorat, dont il faut saluer la qualité de l'iconographie, a reçu les félicitations à l'unanimité et devrait être publié sous peu par le département des éditions numériques de l'EHESS.

Nota bene: article initialement publié sur Le Flipbook.

Conférence "Histoire du Technicolor trichrome de 1932 à nos jours"

Dans le cadre des conférences du Conservatoire des techniques cinématographiques, Jean-Pierre Verscheure, professeur à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) de Bruxelles, présentera vendredi 4 avril une intervention intitulée "Histoire du Technicolor trichrome de 1932 à nos jours".

Vendredi 4 avril, 14h30, salle HL, Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris (plein tarif: 4 euros, tarif réduit: 3 euros).

Les prémices de l’histoire du Technicolor débutent en 1912 lorsque le Dr Herbert T. Kalmus et ses associés furent contactés afin de mettre au point un système permettant d’améliorer la projection cinématographique. Les recherches n’aboutirent pas, mais le Dr Kalmus avait découvert le monde du cinéma alors en plein essor et tentera dès lors d’introduire la couleur dans cet univers d’images en noir et blanc.

De nombreux problèmes techniques rendront les débuts difficiles. Le nom du procédé en sera dérivé puisqu’il est la contraction de « technique » et de « couleur ». La marque sera déposée dès 1915.

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