Recherche française: la planète des singes?
Par André Gunthert, samedi 29 mars 2008 à 11:38 (7128 vues, permalink, rss co) :: Enseignement, recherche
Sur la planète des singes, les derniers hommes pleurent la disparition de ce qui fut leur civilisation. Telle pourrait être l'image préfigurant le devenir des chercheurs français en sciences humaines et sociales, qui seront peut-être les derniers d'un monde autrefois florissant.
Ce n'est pas d'hier qu'on annonce la mort des SHS. Aussi bien s'agit-il d'un processus engagé de longue date. Mais les dernières évolutions de la discussion au sein du CNRS pourraient précipiter l'issue fatale. Répondant à la feuille de route imposée par Valérie Pécresse, la présidente de l'institution, Catherine Bréchignac, a confié jeudi 27 mars à l'intersyndicale qu'elle «ne se battrait pas (contre le ministère) pour conserver les SHS au sein du CNRS».
Selon une source syndicale: «La situation semble être la suivante: le gros de la section 31 (les préhistoriens, pour faire bref) rejoindraient (malgré eux!) le nouvel institut du développement durable, tandis que le nouvel institut des SHS regrouperait les instituts français à l'étrangers, l'archéologie (avec une redéfinition du périmètre par rapport à l'INRAP), et les très rares labos SHS qui ont du gros équipement; tout le reste partirait dans les universités. (...) Sachant que la LRU a établi la libre modulation des services par le conseil d'administration, sachant que le rapport Attali a clairement dit qu'il fallait supprimer le statut de chercheur, et sachant enfin que le plan licence créée un volume d'enseignements supplémentaires sans création de postes, il n'est pas difficile de voir ce qu'il adviendra des chercheurs CNRS reversés dans les universités: on leur collera des heures de cours, dans le seul objectif de faire des économies budgétaires (particulièrement visées s'agissant de disciplines fondamentales, non professionnalisantes, donc largement inutiles aux yeux du ministère).»
La conclusion coule de source: «Sachant que les SHS, ce sont au CNRS 3600 personnes, autant dire que nos disciplines ne recruteront plus pour au minimum la décennie à venir, tous les besoins d'enseignement étant largement couverts. Autant dire qu'il ne fait pas bon être doctorant SHS aujourd'hui, et qu'il n'y en aura plus demain, faute de toute perspective de carrière. Or une discipline qui ne se renouvelle pas dans son personnel est une discipline qui meurt.»
Commentaires
1. Le samedi 29 mars 2008 à 12:19, par Lunettes Bleues
2. Le samedi 29 mars 2008 à 12:37, par pablo
3. Le samedi 29 mars 2008 à 12:41, par André Gunthert
4. Le samedi 29 mars 2008 à 17:46, par Jean
5. Le samedi 29 mars 2008 à 19:00, par alexie, apprentie chercheurse en resistance
6. Le samedi 29 mars 2008 à 19:01, par ZenZoo
7. Le samedi 29 mars 2008 à 19:15, par André Gunthert
8. Le samedi 29 mars 2008 à 20:15, par Artemisia
9. Le samedi 29 mars 2008 à 22:45, par kata
10. Le dimanche 30 mars 2008 à 15:40, par Christine
11. Le dimanche 30 mars 2008 à 17:43, par LN
12. Le dimanche 30 mars 2008 à 19:20, par André Gunthert
13. Le dimanche 30 mars 2008 à 23:29, par Oeillères rouges
14. Le dimanche 30 mars 2008 à 23:37, par André Gunthert
15. Le lundi 31 mars 2008 à 00:19, par pablo
16. Le lundi 31 mars 2008 à 21:07, par ZenZoo
17. Le lundi 31 mars 2008 à 21:51, par ZenZoo
18. Le vendredi 4 avril 2008 à 09:45, par ALLLAo
19. Le vendredi 4 avril 2008 à 12:09, par comments
20. Le vendredi 4 avril 2008 à 12:59, par Yvan
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