Formidable reportage improvisé de La Télé Libre sur les réactions d'un public de militants UMP face à la présence d'une caméra siglée. Lors d'une réunion électorale dans une école du VIIe arrondissement, où Rachida Dati fait campagne, mercredi 5 mars, des "jeunes populaires" empêchent à plusieurs reprises le cameraman de filmer la ministre. Très efficace, la tactique appliquée multiplie bousculades, placements devant la caméra, rappels à l'ordre et autres empêchements insidieux, sans que jamais la volonté de censure n'apparaisse comme telle – sinon dans l'accumulation de ces obstructions.

Commentaire de Joseph Hirsch: «Pourquoi nous a-t-on empêché de filmer? La peur de la "petite phrase" est certainement grande à l’UMP depuis que les dérapages de Rama Yade, Françoise de Panafieu, Jean Marie Cavada, et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés joués en boucle sur Internet et les chaînes d’information. Mais mercredi soir, aucune autre caméra que la notre n’a été bousculée. Nous filmions pourtant exactement comme les autres. La seule différence, c’était l’autocollant Télé Libre.»

Ce n'est pas d'hier qu'on sait que le buzz est un empêcheur de communiquer en rond. Mais il semble bien que le succès de la vidéo "Casse toi..." ait représenté une sorte de climax qui a produit une série de réactions en chaîne. A commencer par un revirement radical de la communication élyséenne, si apparent qu'il n'est pas passé inaperçu. On peut également observer diverses tentatives de recadrage médiatique, visant à dévaluer le phénomène viral. La tactique de harcèlement constatée dans le VIIe pourrait offrir le modèle d'une réponse complémentaire: prendre le problème à la source en empêchant la production même de l'image. Problème: face à des professionnels avisés comme les reporters de La Télé Libre, cette obstruction produit elle aussi des images, dont il y a fort à parier qu'elles sont promises au buzz...