image On s’est tellement entendu dire, toute cette année, qu’à se mêler de parler des livres on interfère avec le jardin réservé des libraires, que depuis quelque temps je ne parle même plus ici des livres que je reçois ou lis, et c’est sans doute un virage global: côté Internet, on aurait préféré évidemment d’autres modes d’association ou d’invention, mais, après tout, Internet trouve d’abord sa pertinence à ce qui se crée, s’expérimente et se diffuse par Internet même. Il n’a pas vocation de «media», mais est vecteur autonome, qui superpose ses pratiques à celles existantes.

La littérature qui peu à peu y trouve place, ou la critique qui peu à peu s’y établit, est littérature ou critique à part entière, nous pouvons donc très bien nous occuper seulement de ce qui se passe (se publie) en ligne. C’est bien plus dramatique pour les instances critiques traditionnelles, qui s’érodent si vite, ou courent après nos blogs, et encore plus dramatique, je n’arrête pas d’y insister, pour l’université globalement absente du Net, alors que c’est le principal lieu ou lien de travail des étudiants eux-mêmes, y compris dans le rapport avec leurs enseignants.

Par François Bon, Le Tiers Livre, 15/02/2008
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