image Créée en 1937, la firme Polaroid a annoncé en fin de semaine dernière sa décision de mettre un terme définitif à sa production de films instantanés.

Les commentaires ont souligné la fin du "miracle de l'instantané": “on ne pourra plus donner des "polas" en remerciement immédiat des photos glanées en voyage”. Or, cette possibilité est préservée en photographie numérique avec le développement de mini-imprimantes portables (comme l’illustre ce portrait réalisé par Philippe Tarbouriech au confins du Tibet et présenté sur son compte Flickr).

Une caractéristique essentielle de ces films n’apparaît pas dans les commentaires: Polaroid était le dernier procédé photographique populaire à image unique. La fin d’un type d’images qui s’était maintenu dans toute l’histoire de la photographie depuis le daguerréotype puis l’ambrotype, le ferrotype ou les divers procédés instantanés (Fujifilm produit encore des films instantanés, incompatibles avec la quasi-totalité des appareils Polaroid).

Un polaroid était l’exemple même de la photographie que l’on conserve comme objet, de la photo privée que l’on partage peu. A l’opposé des réseaux sociaux dématérialisés qui se sont imposés si rapidement que l’unicité du polaroid n’est même plus évoquée.