image L'avantage de causer devant des blogueurs (le 18 janvier dernier, dans le cadre de la rencontre "Ecrire avec internet: paradoxes, mutations, vertiges", avec François Bon et Hubert Guillaud), c'est qu'on n'a même plus besoin de rédiger de compte rendu. Il suffit d'une promenade sur le web pour reconstituer peu ou prou l'essentiel du propos.

C’est bien, aussi, ce détour, qu’un homme de l’image nous parle des photos et des vidéos vite prises et vite partagées sur le web par des millions de jeunes du monde entier, une manière de se parler en images, de parler de soi sans dire je mais en se montrant, loin des mots, plus près du geste et du corps (danser, chanter).
Virginie Clayssen, TeXtes, "Bouquinosphère + soirée remue.net", 21/01/2008.

L'image s'exprime également comme le texte ou plus justement à la place du texte. Il puise dans YouTube et MySpace pour analyser ces images. Il s'étonne d'ailleurs du manque d'intérêt des sociologues pour ces laboratoires de recherches. Il commence cependant par une anecdote, une petite histoire qui en dit long. Des mots encore. Il a offert à son fils un journal intime pour Noël. Ce dernier le remplit chaque jour pendant les vacances. Les vacances finies, il reprend l'école et n'arrive plus à écrire au jour le jour. Il faut que ça s'écrive tout seul, dit-il. C'est à dire comme une photo, conclut André Gunthert. Dans les albums, les photographies remplacent déjà l'écriture de la chronique familiale. Sur le web, une image - photo ou vidéo - est également employée parce qu'écrire avec des mots n'est pas donné à tout le monde. Ainsi, plus le seuil d'accès à un usage est bas, plus l'accès est élevé. C'est le phénomène qu'il observe sur des sites comme YouTube ou Flickr. A la différence de l'album familial , Internet est un espace public. Publier une vidéo d'un mariage, la montrer parmi d'autres images, est une revendication identitaire pour André Gunthert. C'est se mesurer à d'autres images et faire parler son image sans pour autant énoncer une intention déclarative comme le ferait un texte sur la place publique. Présenter et opposer son existence à la face du monde.
Karine Lebrun, Art et autres choses, "Ecrire avec Internet...", 19/01/2008.

Pour André Gunthert, les outils du Web 2.0 constituent un laboratoire de sociologie à ciel ouvert. Où l’on observe, entre autres, qu’une majorité de jeunes des banlieues sont bien décidés à en finir avec l’image que les medias diffusent d’eux (casseurs, incendiaires). Ils dansent la Tektonik sur Youtube. La vidéo est une affirmation de soi, souvent valorisante. L’équivalent aussi, d’un point de vue social, d’une photographie dans un album de famille. Voyez là c’est moi.
Celia Houdart, celia.h, "Rencontres", 22/01/2008.

Merci à elles! Etant affligé d'une paresse légendaire, je rêve évidemment d'un monde post-attalien où les étudiants auraient enfin pris le pli du "carnet de recherches", pour que mes comptes rendus de séminaire s'écrivent eux aussi tous seuls...