Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Walter Benjamin et les petits mickeys

Cours hier à l'INHA sur le célèbre article de Walter Benjamin, "L'Oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique" (1e version, 1935). Après la remise en contexte et les premiers éléments de commentaire, je projette deux extraits de films de Charlie Chaplin et Walt Disney: deux références mobilisées par Benjamin, qui sont au coeur de sa démonstration (parties XVI-XVII).

Cela faisait longtemps que j'avais envie d'associer ces projections à l'explication de "L'Oeuvre d'art..." Je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire, notamment parce que, si la vidéographie de Chaplin est aisément accessible, l'édition de Disney ne se présente pas du tout de la même manière. Tombé récemment sur un Mickey Mouse, les années couleur (édition collector), dans un second-hand (ce n'est évidemment pas l'EHESS qui me paye des fournitures aussi douteuses... ), j'avais cette année les outils pour proposer le doublé. Comme d'habitude, je m'y suis pris au dernier moment, et j'ai choisi à peu près au hasard les extraits ("The Immigrant", 1915, et "Mickey's Fire Brigade", 1935), sans même avoir le temps de les caler. C'est donc en direct, avec les étudiants, que j'ai vraiment pu mesurer la pertinence de cette comparaison, dans le contexte des années 1930.

«Les films burlesques américains et les films de Disney provoquent un dynamitage thérapeutique de l'inconscient», écrit Benjamin, en produisant une association qui, aujourd'hui encore, ferait hurler un Finkielkraut. Il fallait mettre côte à côte ces deux extraits pour apercevoir l'étonnante proximité stylistique de ces petits films, animés tous deux par une sorte de violence primitive et joyeuse.

Je suis bien content d'avoir pu réaliser cette micro-expérience, qui confirme et éclaire la lecture de Benjamin: «L'aspect distrayant du film a lui aussi en premier lieu un caractère tactile, en raison des changements de lieux et de plan qui assaillent le spectateur par à-coups. Le cinéma a ainsi délivré l'effet de choc physique de la gangue morale où le dadaisme l'avait en quelque sorte enfermé. Dans ses oeuvres progressistes, notamment chez Chaplin, ces deux effets de choc se confondent à un niveau inédit.»

Références

  • Walter Benjamin, "L'Oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique" (1e version, 1935), trad. de l'allemand par Maurice de Gandillac, revue par Rainer Rochlitz et Pierre Rusch, Gallimard, coll. Folio, 2000, p. 67-113.
  • Guy Cogeval, Bruno Girveau, Pierre Lambert, Dominique Païni (dir.), Il était une fois Walt Disney. Aux sources de l'art des studios Disney (cat. exp.), RMN, 2006.

Le retour du Vidéomètre

image Pour la dernière ligne droite des municipales, le Vidéomètre et sa vidéocarte sont de retour. Rémi Douine a affiné ses équations, qui permettent désormais une comparaison globale des audiences corrigées des vidéos par rapport au nombre d'habitants. A la différence du vidéomètre des présidentielles, caractérisé par une production très différenciée, l'outil capte en premier lieu la propagande pure et dure. Ce qui n'est pas forcément sans intérêt. Le côté brut de décoffrage, qui nous est habituellement épargné par le filtre des grands médias, dévoile de façon parfois cruelle des vrais bouts de réel. Malgré tous ses efforts, on se rend bien compte que David Martinon (non non), porte-parole de l'Elysée et promis à la mairie de Neuilly, aura du mal à s'imposer (302 vues sur Dailymotion aujourd'hui à 9h45). Il est si mignon, si gentil, si propre sur lui, si mélancolique qu'on se demande bien ce qu'il est venu faire dans cette galère (et accessoirement pourquoi Sarkozy a jeté son dévolu sur un successeur aussi inodore, à l'opposé du style Aldo Maccione qui a fait son succès).

Mais le vidéomètre ne se borne pas à la propagande officielle et a déjà pris dans ses filets quelques exemples de nouvelles formes d'expression politique. En haut du classement, on trouve ainsi la vidéo "Intoxaeschlimann", où Julien Richard, membre de la liste d'opposition socialiste à Asnières, nous convie à un décryptage des clips de campagne du maire sortant, Manuel Aeschlimann. La forme est rudimentaire, ça manque un peu de rythme, mais on comprend bien que l'ambiance locale est à la castagne! Monnaie courante dans les campagnes présidentielles américaines, le principe du contre-débat public fait ses premières armes au sein des municipales françaises. Grâce au vidéomètre, on pourra vérifier ses progrès pendant la campagne.

Réf.: www.videometre.org

Derrière Simone de Beauvoir

image Le 3 janvier 2008, Le Nouvel Observateur célèbre le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir (1908-1986) par un dossier et lui consacre sa couverture (n° 2252). Plutôt qu'un banal portrait du Castor, la rédaction a choisi une photographie étonnante, réalisée par Art Shay en 1952 lors d'un séjour à Chicago. Saisie inopinément au sortir du bain, Beauvoir, nue, rattache ses cheveux devant son miroir, dans une pose qui semble inspirée de la peinture classique, cambrée par le port de mules hautes.

Dans les jours qui suivent cette parution, journaux, blogs et forums s'enflamment. Une première vague de réactions condamne ce choix iconographique, décrit comme un contresens et unanimement analysé comme un symptôme de la dérive commerciale du magazine. «Le nouveau Voyeur frappe au-dessous de la ceinture» dénoncent les Chiennes de garde, qui manifestent devant son siège le 11 janvier. Ciblant tout particulièrement les associations féministes, une deuxième vague répond à la première en soulignant la "bigoterie" voire l'"intégrisme" de cette interprétation. Michel Labro, directeur de la rédaction, se défend d'avoir voulu donner une image dégradée de la femme et estime au contraire que cette couverture constitue "un hommage parfait" au non-conformisme de l'écrivain.

Les dernières réactions en date tendent à ramener ce choix à un non-événément. C'est pousser le bouchon un peu loin. On peut dire ce qu'on veut de cette photographie, sauf qu'elle est banale. Rapportée à l'univers littéraire des années 1950-1960, cette image est unique en son genre. L'une des premières ripostes à la couverture met en exergue son machisme en soulignant qu'«on n’imagine pas un numéro spécial du Nouvel Obs avec en couverture les fesses de Sartre». Plus largement, il suffit de solliciter la génération des écrivains ou des intellectuels de l'après-guerre, déjà largement médiatisée, pour mesurer ce que cette image a d'exceptionnel. Des photographies privées d'Althusser en maillot de bain, à la plage, sont conservées dans les collections de l'IMEC, mais je les vois mal orner la couverture d'un magazine à l'occasion d'une célébration. Le cas le plus approchant pourrait être la vision de l'actrice Jane March jouant le personnage de Marguerite Duras jeune dans le film tiré de L'Amant (Jean-Jacques Annaud, 1992), mais il s'agit d'une évocation fictive largement postérieure.

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Pratiques des blogs en Afrique

image L’étude des blogs n’est pas ma spécialité, vous excuserez donc mon manque de vocabulaire et de connaissances sur le web 2.0. Je ne réalise pas ma thèse sur ce sujet, bien que les blogs recoupent souvent mes différentes problématiques. Mes premières recherches et d’ailleurs mes premiers pas sur les blogs remontent à peu près au début du projet que je coordonne, Afrique in visu. Avec ce blog, j’avais un réel vivier d’exploration devant moi.

Afrique in visu est une plateforme d’échanges autour du métier de photographe en Afrique. Le but de cette plateforme participative et contributive était de mettre en réseau les professionnels de l'image du continent africain. Cette interface web est avant tout un outil de communication et de diffusion pour les photographes qui permet un échange de savoir-faire autour de l'image. Initié en octobre 2006 au Mali, ce projet a connu un impact sur le continent africain dès le mois de janvier 2007. Plus de 1500 connexions, dont une majorité en Afrique, et surtout la majorité des commentaires venait des photographes locaux.

Par l’intermédiaire de ce projet, les photographes de la communauté Afrique in visu nous ont signalé les coordonnées de leur site professionnel ou de leur blog personnel. C’est à travers eux que j’en suis venue à m'interroger. Parallèlement au projet initial, j’ai commencé à observer les usages et les pratiques des téléphones mobiles autour de l’image au Mali et bien souvent, via ces recherches sur les mobiles, je retombais sur les blogs de téléchargement de musiques africaines, etc.

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Qu’est ce qu’un dispositif?

Dans la photographie publiée par Libération le 25 janvier 2008, à propos d’un événement à la banque Société Générale, considérons la disposition des personnes, du « décor », des appareils (notons que le mot appareil est préféré à dispositif par certains auteurs). Il s’agit ici de journalistes de télévision, intervenant plus ou moins en direct dans les journaux de chaînes d’information telles que i-Télé ou LCI. Le transport effectif sur le lieu (le siège de la Société Générale à la Défense est véritablement en fond, pas en incrustation) est motivé par l’effet de présence et de temps réel propre à souligner l’acuité de l’événement. Il souffle un vent froid sur ce parvis, les reporters relèvent le col de leur manteau, mettent des gants.

Par Jean-Louis Boissier, Arts des nouveaux médias, 25/01/2008.
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Eclairage sur les nouvelles méthodes bancaires

AU BUREAU DE M, HASSAN COTU
DIRECTEUR BUREAU DE CHANGE
BCB(BANQUE COMERCIALE BURKINA)
OUAGADOUGOU-BURKINA FASO.

Très cher monsieur;

Je suis M.HASSAN COTU Comptable, à la BANQUE COMERCIALE (BURKINA FASO)je viens à vous dans ma recherche privée pour qu'une personne digne de confiance et honorable manipule ces affaires confidentielles qui nécessitent une confiance absolue. Je sollicite beaucoup plus votre confiance dans cette transaction, c'est en vertu de votre nature et ceci étant un SECRET tout à fait CONFIDENTIEL. Bien que je sache qu'une transaction de cette envergure attirera à n'importe qui,appréhension et inquiétude;mais je vous assure que tout ira bien à la fin des jours. Nous avons décidés de vous contacter par votre boîte due à l'urgence de cette transaction. LA PROPOSITION

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Traces d'un exposé sur le web

image L'avantage de causer devant des blogueurs (le 18 janvier dernier, dans le cadre de la rencontre "Ecrire avec internet: paradoxes, mutations, vertiges", avec François Bon et Hubert Guillaud), c'est qu'on n'a même plus besoin de rédiger de compte rendu. Il suffit d'une promenade sur le web pour reconstituer peu ou prou l'essentiel du propos.

C’est bien, aussi, ce détour, qu’un homme de l’image nous parle des photos et des vidéos vite prises et vite partagées sur le web par des millions de jeunes du monde entier, une manière de se parler en images, de parler de soi sans dire je mais en se montrant, loin des mots, plus près du geste et du corps (danser, chanter).
Virginie Clayssen, TeXtes, "Bouquinosphère + soirée remue.net", 21/01/2008.

L'image s'exprime également comme le texte ou plus justement à la place du texte. Il puise dans YouTube et MySpace pour analyser ces images. Il s'étonne d'ailleurs du manque d'intérêt des sociologues pour ces laboratoires de recherches. Il commence cependant par une anecdote, une petite histoire qui en dit long. Des mots encore. Il a offert à son fils un journal intime pour Noël. Ce dernier le remplit chaque jour pendant les vacances. Les vacances finies, il reprend l'école et n'arrive plus à écrire au jour le jour. Il faut que ça s'écrive tout seul, dit-il. C'est à dire comme une photo, conclut André Gunthert. Dans les albums, les photographies remplacent déjà l'écriture de la chronique familiale. Sur le web, une image - photo ou vidéo - est également employée parce qu'écrire avec des mots n'est pas donné à tout le monde. Ainsi, plus le seuil d'accès à un usage est bas, plus l'accès est élevé. C'est le phénomène qu'il observe sur des sites comme YouTube ou Flickr. A la différence de l'album familial , Internet est un espace public. Publier une vidéo d'un mariage, la montrer parmi d'autres images, est une revendication identitaire pour André Gunthert. C'est se mesurer à d'autres images et faire parler son image sans pour autant énoncer une intention déclarative comme le ferait un texte sur la place publique. Présenter et opposer son existence à la face du monde.
Karine Lebrun, Art et autres choses, "Ecrire avec Internet...", 19/01/2008.

Pour André Gunthert, les outils du Web 2.0 constituent un laboratoire de sociologie à ciel ouvert. Où l’on observe, entre autres, qu’une majorité de jeunes des banlieues sont bien décidés à en finir avec l’image que les medias diffusent d’eux (casseurs, incendiaires). Ils dansent la Tektonik sur Youtube. La vidéo est une affirmation de soi, souvent valorisante. L’équivalent aussi, d’un point de vue social, d’une photographie dans un album de famille. Voyez là c’est moi.
Celia Houdart, celia.h, "Rencontres", 22/01/2008.

Merci à elles! Etant affligé d'une paresse légendaire, je rêve évidemment d'un monde post-attalien où les étudiants auraient enfin pris le pli du "carnet de recherches", pour que mes comptes rendus de séminaire s'écrivent eux aussi tous seuls...

La fin des blogs...

Via Jean-Michel Salaün.

Que pensé-je du rapport Attali?

Comme on dit sur mon forum préféré, tout est dans le titre. Telle Jeanne d'Arc, je suis à vrai dire le premier surpris de me sentir investi d'une responsabilité qui m'enjoint de me prononcer à mon tour sur un sujet qui excède largement mes compétences (et accessoirement la gamme des sujets abordés sur ce blog). Mais les voix du blogging me soufflent que tel est mon devoir citoyen. Qu'à cela ne tienne. Ce que je pense du rapport Attali? Qu'il incarne jusqu'à la caricature deux pièges qui ont déjà largement commencé à engloutir le sarkozysme.

D'une, le syndrome dit de la femme de Lot, qui consiste en une fuite en avant de commission en projets de loi et d'expertises en Grenelle qui ne font qu'accumuler diagnostics sur diagnostics et remèdes sur remèdes, sans aucun suivi ni aucune cohérence, avec pour seul résultat tangible d'occuper les unes et d'affoler les médias. Quand on pense à l'admiration suscitée jusque dans les rangs ségolénistes par le long travail d'élaboration intellectuelle piloté par Emmanuelle Mignon pendant la campagne du candidat Sarkozy, on ne peut qu'être interloqué par ce nouveau sursaut de la boîte à idées, qui n'est guère que la troisième ou la quatrième mise à la disposition de l'Elysée – jusqu'à aujourd'hui en pure perte ou peu s'en faut.

De deux, la schizophrénie de l'ouverture, ou le drame d'un président qui a inventé la droite soi-disant décomplexée, mais n'a de cesse de situer ses horizons intellectuels et programmatiques du côté gauche de l'échiquier, avec le plus absolu dédain pour sa famille politique. Une gauche qui, d'Attali à Blair en passant par Kouchner, est certes d'un rose des plus pastel – mais qui n'en garde pas moins un caractère suffisamment pathogène pour flanquer des poussées d'urticaire aux vrais droitards qui, à l'approche des municipales, commencent à trouver les lubies sarkozyennes un peu lourdes à porter.

La tristesse d'Attali était déjà perceptible ce soir au 20h de France 2. L'animal n'est pas assez idiot pour ne pas avoir compris que son pensum va rapidement suivre les précédents aux orties. Et franchement, même pour les gens pétris de charité tels que moi, voir le penseur à vapeur se faire ridiculiser par le camp qu'il a quitté non moins que par celui qu'il a rallié, c'est d'un à-propos rare et d'un goût délicieux.

Le web inspire les Simpsons

image En France, les Guignols de l'info croient que Chirac est toujours président, les intellectuels pensent qu'Alain Finkielkraut est spécialiste d'internet, et le journal Le Monde vient de découvrir que Facebook n'est pas une agence de presse. Aux Etats-Unis, le 16 décembre dernier, un épisode des Simpsons a rendu hommage à la vidéo culte de Noah Kalina, déjà présentée sur ce blog.

Parodiant l'accélération temporelle d'"Everyday", le 9e épisode de la 19e saison du célèbre dessin animé présente un hilarant condensé de la vie de Homer Simpson. Souffrant d’une perte de mémoire, Homer se croit coupable d’avoir frappé sa femme et veut retrouver la mémoire à l’aide d’une machine à remonter dans le temps pour connaître la vérité. Devant l'insuccès de cette technologie, il décide de recourir à la bonne vieille méthode pour mettre fin à sa culpabilité: le suicide. Sautant d’un pont, le personnage perçoit un flash-back, calqué sur les principes d'"Everyday" et qui reprend la musique originale de Carly Comando. La séquence se termine sur une image du site de YouTube avec le titre "Homer se prend en photo pendant 39 ans".

Cette citation d'un fleuron du web 2.0 par un des principaux carrefours d'audience de la télévision traduit l'intégration du nouveau médium au sein de la culture populaire de la société américaine. A son tour copié sur Youtube, l'extrait y a rapidement suscité un nouveau buzz, agrémenté de variations et remixes, qui sont autant de manières de contourner la protection des copyrights.

La bibliothèque du Congrès et Flickr: des accès desaxés

image 3000. C'est le nombre de photos que la bibliothèque du Congrès vient de mettre en ligne sur ...Flickr. Oui, oui. Vous avez bien lu. Sur Flickr. Après les ouvrages dans Google Books, les fonds iconographiques des bibliothèques (et non des moindres...) sur Flickr. A méditer d'urgence. Non, la LC (Library of Congress) n'a pas réalisé un site en flash hébergé sur ses serveurs et accessible depuis son propre site. Non elle n'a pas monté son exposition virtuelle. Elle est pourtant des quelques bibliothèques de la planète qui peuvent se permettre ce genre de fantaisie sans rencontrer de blocages financiers majeurs. Mais elle ne l'a pas fait. A la place, elle est allée mettre ses donnés, là ou sont les usagers. Ces mêmes usagers qui quand ils cherchent de l'information ...vont sur Google, qui quand ils cherchent des bouquins ...vont sur Amazon ...et qui quand il veulent voir des photos ...vont sur Flickr.

Par Olivier Ertzscheid, Affordance.info, 20/01/2008.
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The public story of a Facebook photograph

Not really liking my former Facebook portrait photo, I decide to post another shot. This new one is softer, with a view of the back of my nude torso submerged in an orange grainy light. My face is recognizable and my expression reflects an intimate moment snapshot. Subtly hot in content and warm in colour, you see one of my nude shoulders – no more, no less. The left open eye entices the viewer in an accomplice-like smile. A black rectangle in the background, hors champ, is suggestive of an invitation to another space.

To be honest, I did not reflect on this change in advance… I just did it. Then, due to the repercussion the change induced, I decided to analyse what had happened – similar to how any researcher would analyse facts in an empirical experience.

I received comments from my friends and some invitations from people I do not know. Pokes, no, no pokes nor any other of the new “X Me” applications at all. The personal mails were from friends I already had in my list and were only written by my female friends. Did they feel embarrassed or intimidated by the photo? No, I believe they were just winks and smiles of complicity. Men’s auto censorship? Usually we, women are supposed to post non committed photos, “beware of web-harassments, watch out”… The photograph I chose is possibly the opposite of what most women post. Generalizing, when women change their portrait pic it is for one where you can hardly see their face and body, something kind of “I wanna be mysterious”.

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70 % d'augmentation des contenus générés par les utilisateurs en 2007

Selon une étude de Research and Markets, le nombre de contenus générés par l'utilisateur (UGC) en 2007 se seraient élevés à 22,4 milliards de contenus, en augmentation de 70 % par rapport aux 13,2 milliards en 2006. (...) Le rapport précise que 831.147 vidéos ont été ajoutées à YouTube en 2007, pour un total de 1.176.23 vidéos envoyées aux principaux sites de partage de vidéos en ligne. (...) Chacun de ces 22,4 milliards de contenus sont protégés par le droit d'auteur au même titre que les contenus (beaucoup, beaucoup moins nombreux) créés par les professionnels. Dès lors, qui le droit d'auteur doit-il protéger en priorité, et sous quelles conditions? Ne faut-il pas autoriser par défaut la copie des oeuvres à titre non commercial, et ne l'interdire que si les créateurs le souhaitent et payent pour ce droit une redevance annuelle à l'image de ce qui est pratiqué sur les brevets?

Ratiatum, 18/01/2008.
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Moi Tarzan, toi smiley

image Je n'ai plus beaucoup d'occasions d'écrire à la main. Le dernier usage qui, chez moi, a résisté à la transition typographique est la prise de notes rapide, en séminaire ou en colloque, pour laquelle je n'ai pu me résoudre à perdre ma vieille habitude du carnet sténo. C'est donc sur ce dispositif que je me suis vu, dans le feu d'un relevé, écrire pour la première fois un smiley "à la main". C'est une expérience curieuse. Préparé par un recours usuel à ce signe dans mes e-mails, le besoin s'est manifesté spontanément, alors que je souhaitais ajouter une marque d'ironie à la prise de notes d'une intervention qui me faisait sourire. Je me suis donc vu griffonner sur le papier une combinaison de caractères ASCII née sur écran. Ca se fait tout seul (on écrit: point-virgule, tiret, parenthèse), mais c'est assez vertigineux, un peu comme l'expérience de Tarzan apprenant à lire l'anglais sans l'avoir jamais entendu – mon passage préféré dans Tarzan of the Apes (Edgar Rice Burroughs, 1914).

Je me souviens d'une discussion que nous avions eu avec Jean-Michel Besnier à France-Culture, où celui-ci semblait dénier à l'"émoticône" (terme non reconnu officiellement, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France lui préfère celui de "binette", la Commission générale de terminologie et de néologie celui de "frimousse"...) le statut de signe de ponctuation à part entière. A mon humble avis, le passage à la graphie constitue un témoignage manifeste de l'installation dans l'usage courant de ce logogramme. Je suis heureux d'offrir à mes lecteurs la preuve photographique (libre de droits) de ce grand moment de l'histoire linguistique ;-)

Journée d'études "Du film au numérique. Vies et mort de la pellicule?"

image Lundi 21 janvier 2008, Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.
Entrée libre sur réservation préalable à l’adresse: conservatoire(à)cinematheque.fr

Comment le support pelliculaire est-il apparu en cinématographie? Quels ont été les différents formats? Quelle industrie a engendré la pellicule? Quel est l’avenir du film par rapport au tout numérique? Existe-t-il un "style" engendré par la prise de vues en numérique?

Matinée (10h-12h30)

  • Serge Toubiana et Laurent Mannoni: présentation du Conservatoire
  • Thierry Lefebvre: La pellicule: mais d'où vient ce support ?
  • Philippe Loranchet: Les premières années du numérique
  • Laurent Mannoni: Pellicules, formats, matériaux

Après-midi (14h-17h30)

  • François Ede: Pour une petite histoire des laboratoires
  • Béatrice de Pastre: La conservation des films, premières prises de conscience
  • Jean-Pierre Neyrac: Restauration numérique et conservation des données
  • Jean-Pierre Beauviala: Mon invention de la caméra hybride (film/numérique)
  • Table ronde: "Tournages, post production et diffusion numérique", avec Céline Bozon (sous réserve), Pierre-William Glenn, Philippe Grandrieux, Pierre Lhomme, Marc Nicolas.

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