Et c'est alors qu'on regarde ce que montrent ces photos. Et qu'on distingue, un cran en-dessous des adultes, trois têtes blondes floutées. On peut apercevoir les mêmes, avec l'ambiance musicale, sur l'extrait vidéo présenté sur le site de Closer, cette fois protégées par trois gros points noirs (voir ci-dessus). Et c'est là qu'on comprend enfin que ce que les éditorialistes ont transformé en une monstrueuse exhibition (Disneyland vs Versailles, atlantisme vs exception culturelle, pipolisation vs dignité de la fonction présidentielle, etc.) n'était rien d'autre qu'une sortie familiale: Monsieur Sarkozy et Madame Bruni ont emmené leurs mioches voir la parade de Noël.

Un plan com'? Quel plan com'? Ayant décidé sur un coup de tête de briser l'omerta, L'Express et Point de Vue ont au contraire grillé la politesse à l'Elysée et accéléré un scénario imprévu – il suffisait d'observer les pudeurs de TF1 ou de Match pour s'en convaincre. Qu'un homme amoureux fasse mine d'accepter ensuite le diktat médiatique pour mieux faire pression sur sa promise est un scénario qui ne doit pas nous surprendre, et que Sarkozy a déjà employé – sans succès – avant son divorce.

On retiendra de l'épisode un vrai emballement médiatique, un de plus – doublé d'une propension à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et à renvoyer sur l'hôte de l'Elysée la responsabilité d'un dévoilement maquillé en opération politique de haut vol. Une autre façon de crier au loup, selon une technique bien rodée par la presse – qui utilise de façon similaire l'alibi d'internet lorsqu'elle veut aborder un sujet inavouable.

Le web est resté dans cette affaire plutôt en-deça de l'affairement premier degré des grands médias. Mais a rapidement réagi en diffusant parodies, caricatures et pastiches. Avec un entrain moqueur qui montre que Carla ne bénéficiera pas des mêmes égards que Cécilia, et qu'il y a du grain à moudre du côté de l'ex-mannequin, ex-chanteuse et multi-ex. Il n'est pas sûr que, passé l'effet de surprise, le président gagne au change.