En manière d'hommage à ce joli blog découvert par hasard, Animaregard – et aussi parce que pas le temps aujourd'hui (soutenance de thèse demain) – voici un petit échantillon visuel "à la manière de Hélène M." (à ne pas manquer chez elle: le cairn aux chewing-gums, la photo numérique jamais vue, sans oublier l'incroyable typo en "étron de caniche").

image De quoi qu'est-ce? Indice n° 1: j'ai été absolument fasciné, il y a quelques années, par la lecture de La Vie est belle (Points Seuil, 1991-2004, en anglais: Wonderful life: the Burgess Shale and the nature of history). Stephen Jay Gould est un de mes auteurs préférés, dont j'admire la profondeur autant que le sens du récit. La Vie est belle reste pour moi un livre magique, parce qu'il fait toucher du doigt, avec la faune de Burgess (-525 millions d'années), l'étrangeté absolue de formes vivantes qui ne sont comparables avec aucune espèce connue. Indice n° 2: je suis un historien dont le regret le plus sincère est que la machine à remonter le temps ne soit qu'un rêve à tout jamais inatteignable.

Je ne verrai jamais de mes yeux la faune de Burgess, et ça, que voulez-vous, quand j'y pense, ça me met au coeur le plus affreux des chagrins. C'est pour ça qu'on me voit parfois errer, au fond du jardin, les mains dans les poches et les yeux dans le vague. Et qu'y a-t-il donc, au fond du jardin? Au fond du jardin, il y a un bac à compost, où s'entassent les épluchures et les restes des repas. Dans cet humus, on aperçoit des merveilles: des oligochètes, ou lombrics, descendants directs des annélides du Cambrien, les plus anciens animaux pluricellulaires, des oniscides, plus communément appelés cloportes, crustacés terrestres qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux arthropodes primitifs. Une vermine grouillante et prodigieuse, qui s'ébat et fouille et tripaille. Ma machine à remonter le temps du pauvre.