image Pris au piège du durcissement des obligations de santé publique, l'EHESS doit faire face aujourd'hui à de graves interrogations sur sa localisation. En juillet 2006, un rapport d'expert indique que le désamiantage de l'immeuble du 54, bd Raspail, prévu pour être effectué en site occupé, sur la base d'une rotation des bureaux, présente des risques sanitaires et ne peut être réalisé dans les délais imposés par la loi. Cette circonstance imprévue oblige à revoir de fond en comble la programmation du plan quadriennal 2006-2009. La durée du chantier de désamiantage – plusieurs années pendant lesquelles les locaux devront être évacués – mais aussi les besoins criants de locaux et l'éparpillement des sites parisiens de l'EHESS incitent la direction de l'Ecole à envisager une reconfiguration immobilière de grande envergure.

Dès la rentrée 2006, le scénario d'une nouvelle implantation à la lisière d'Aubervilliers et de Saint-Denis est envisagé, non sans susciter une forte opposition, orchestrée par quelques caciques du 54, peu désireux de quitter leurs bureaux du 6e arrondissement. Une longue série de discussions internes se poursuit tout au long de l'hiver 2006-2007, établissant progressivement les contours d'un projet ambitieux, qui comprend la construction d'un immeuble de 25.000 m2, pour un montant de 65 millions d'euros. Ce programme sera inscrit le 23 mars 2007 au contrat de projet Etat-région 2007-2013, avec un apport des deux tiers promis par la région Ile-de-France. Après une assemblée générale houleuse le 31 mars, le conseil scientifique adopte le 9 mai une résolution précisant les souhaits de l'Ecole, dans le cadre d'une nouvelle Cité des Humanités et des Sciences Sociales, vouée à accueillir divers pôles ainsi qu'un campus étudiant.

Mais le 3 septembre dernier, un courrier de la présidente de l'EHESS informe les personnels que la dérogation attendue pour mettre ces plans à exécution a été refusée par la préfecture, obligeant à commencer au plus vite le chantier de désamiantage et à libérer le 54 dès la rentrée 2008, à un moment où le futur immeuble ne sera pas encore livré. Un autre bâtiment, situé sur la parcelle 521, prévu pour accueillir l'EPHE (Ecole pratique des hautes études), devra héberger à ses côtés dans des conditions provisoires les équipes de l'EHESS et de la MSH (Maison des sciences de l'homme). Cette annonce a réveillé toutes les inquiétudes. Ce nouveau déplacement préfigure-t-il l'abandon du premier projet d'implantation? Le partage d'un immeuble de 19.000 m2 entre trois institutions ou ce calendrier précipité constituent-elles des hypothèses réalistes? Une pétition a rapidement surgi pour demander l'interruption du processus, appuyée sur un blog qui, sous le titre Braudel's Nightmare, dévoile des photographies d'un environnement encore inhospitalier. La discussion, vive, se poursuit sur la mailing-list de l'Ecole. Une assemblée générale de tous les personnels est appelée aujourd'hui mardi 25 septembre à 12h dans le hall du 54, bd Raspail pour examiner l'ensemble de ces questions.

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