La comparaison avec le précédent message vidéo, rendu public le 30 octobre 2004, force à une interrogation soit cosmétique, soit chronologique. Le chef d'Al Quaeda se teint-il la barbe ou porte-t-il un postiche? Dans le cas contraire, la seule explication du teint foncé de son système pileux serait une antériorité de l'enregistrement. Toutefois, à en juger par le bandeau de la traduction anglaise (je ne parle pas l'arabe), l'extrait diffusé comporte une indication temporelle récente ("Then Bush talks about his working with al-Maliki and his government", Nouri Al-Maliki est premier ministre de l'Irak depuis le 22 avril 2006). D'autres éléments – pour l'instant invérifiables – contenus dans la transcription confirmeraient son actualité.

Seule la chaîne arabe Al Jazeera fait état de doutes à propos de l'authenticité de l'enregistrement. Un compte rendu détaillé d'Associated Press note que l'image reste figée pendant la majeure partie de la séquence, alors que la bande-son se poursuit – ce qu'on peut vérifier dans le dernier tiers de l'extrait diffusé. Une coupe de raccord est également apparente à la moitié du message.

Le moins que l'on puisse dire est que tout cela est assez étrange. Paradoxalement, ces diverses anomalies pourraient plaider en faveur de l'authenticité de la bande – un faussaire devrait avoir à coeur d'éviter des défaut aussi visibles. Pour ma part, parmi les questions que me pose cet enregistrement et les conditions de sa divulgation, je m'interroge sur la curieuse stabilité des outils médiatiques d'Al Quaeda. Alors que les matériels de captation ou de diffusion vidéo ont connu une évolution technologique rapide dans la période récente, les moyens du groupe terroriste semblent inchangés depuis 2001.

Via Natacha Quester-Séméon sur Facebook.