image Pour ses lecteurs, l'arrêt d'un blog n'est jamais une bonne nouvelle. Mais son effacement définitif est encore bien pire. On peut parfaitement admettre qu'un blog, plutôt que de s'étirer dans la temporalité indéfinie des publications périodiques, ait une existence finie. On le quittera à regret, comme un livre qu'on referme. Mais au moins sait-on qu'on pourra le reprendre sur l'étagère, retrouver tel passage utile ou apprécié, vérifier telle formule, recopier telle citation. Le blog effacé fait au contraire s'évanouir l'oeuvre entière, sa chronologie, les discussions qu'elle a suscité, les mentions qui y renvoient. Après celui de Cyril Lemieux, lui aussi hebergé sur la plate-forme du Monde, c'est maintenant le blog de Jean-Louis Fabiani, Le piéton de Berlin, qui vient de se clore, en même temps que le séjour en Allemagne de notre collègue. Mais à la différence de Prises de parti journalistiques, dont l'archive conservée permet de consulter le travail d'observation médiatique de la campagne présidentielle, Fabiani a choisi de faire disparaître corps et biens son ouvrage. Je ne pense pas être le seul à trouver ce choix regrettable. Ouvert en juillet 2006, ce passionnant corpus de notes, recueil d'impressions, de réactions et d'analyses tout à la fois fantasque et rigoureux, était devenu une lecture indispensable. Serait-il possible de remettre en ligne ses archives? Je serais personnellement heureux de pouvoir à nouveau les consulter.