Les économistes, rappelle Dominique Sagot-Duvauroux, ont montré que l'existence d'un marché n'est pas un phénomène naturel, mais le résultat d'une construction. Un marché ne peut fonctionner que s'il existe un consensus sur la valeur des objets échangés. La création d'un marché des tirages photographiques dépend d'un phénomène d'imitation des règles du marché des oeuvres d'art, basées sur les trois principales manifestations de l'originalité: la rareté, l'authenticité et l'innovation. Or, rareté et authenticité sont des caractéristiques ambigües dans le monde de la photographie. Une condition majeure de la constitution de ce marché sera donc la redéfinition de ces critères dans le cadre de la production photographique. Sagot-Duvauroux détaille ensuite les différents facteurs qui ont structuré le marché dans les années 1970-1980. Celui-ci atteint une première maturité au début des années 1990. Aujourd'hui, le marché photo est tiré en avant par la photographie et l'art contemporains, tandis que la photographie ancienne décline depuis 2000.

La suite jeudi et vendredi matin au théâtre municipal d'Arles (9h45-13h). L'enregistrement vidéo du colloque sera prochainement disponible sur le site des rencontres d'Arles.

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