image Le 31 mai dernier, la Staatliche Kunstsammlungen de Dresde a ouvert le premier musée de peinture virtuel, en reproduisant sur Second Life un clone en trois dimensions de sa célèbre galerie des maîtres anciens, restituée dans son environnement architectural. Située sur l'île "Dresden Gallery", la copie des 54 salles et cabinets du palais baroque Zwinger est accessible 24 h sur 24, 7 jours 7 sept. On peut y reconnaître les doubles de la madone Sixtine de Raphaël, la Vénus endormie de Giorgione, l'autoportrait avec Saskia de Rembrandt, la Liseuse de Vermeer et autres chefs d'oeuvres parmi les 750 pièces de la collection (à l'arrivée sur l'île, suivre le tapis rouge). Cette expérimentation vise à faire mieux connaître le musée et à susciter le buzz autour de ses activités.

Quoique la visite virtuelle reste un jeu qui n'a pas vocation à se substituer à une visite réelle, la qualité de reproduction des tableaux donne la possibilité d'une vraie exploration de la galerie. La juxtaposition des textures 3D de Second Life avec la vision des tableaux anciens produit un effet des plus étranges, comme la rencontre de deux temps, de deux univers. Dépendant des modalités de circulation du jeu, le déplacement n'est pas toujours des plus aisés. Mais appliquée à un musée "réel", la liberté de mouvement qu'il permet procure là aussi des impressions inhabituelles. A contrario, on se rend compte à quel point le cadre traditionnel de la visite est normé, univoque, pesant. La possibilité de vérifier sur site le placement ou la taille d'une oeuvre, la capacité d'accéder n'importe quand à cette banque de données en trois dimensions apparaît vite comme une perspective renversante. Sous cette forme, c'est déjà un vrai outil pour l'historien d'art et une ressource pédagogique d'un potentiel considérable. Bien sûr, on aurait envie de déplacements plus fluides, ou de pouvoir profiter d'une vraie visite guidée – mais de tels développements trouveraient leur place sur un CD-Rom interactif, et auraient certainement leur prix. La visite offerte à tout un chacun de n'importe quel point du globe est une capacité assez enivrante. Immédiatement, on voudrait pouvoir accéder au Louvre, aux Offices ou à l'Ermitage dans les mêmes conditions – preuve s'il le fallait de l'intérêt bien réel d'une telle proposition.

Via The Art History Newsletter.

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