image Un petit enfonçage de portes ouvertes? C'est parti. Samedi au mois de juin, en banlieue, c'est anniversaire. Tous les anniversaires des mômes sont décalés et fêtés à partir du 15 mai, ce qui permet de les envoyer au jardin. Donc, avec les miens, munis de l'invitation rituelle, on se rend au préalable au magasin de jouets du coin, histoire de ne pas venir les mains vides. Et là, je fais le constat que les critiques de cinéma sont à l'évidence asexués, pédophobes ou octogénaires. En tout cas pas munis du lardon de 7 à 14 ans, qui les aurait fait se pencher sur le prix de ces merveilles, sagement alignées sous la banderole "Spiderman 3", qui oscillent en moyenne entre 19,90 et 49,90 euros, soit au minimum trois fois le montant d'une place de cinéma pour enfant. Je me souviens avoir lu une critique du blockbuster dans Libé, d'où il ressortait vaguement pas grand chose, sinon qu'on était bien obligé de faire comme les collègues. Et que Sam Raimi tournerait des Spiderman tant qu'il aurait quelque chose à dire sur le personnage (ou alors c'était dans le journal du Mac Donald, je ne sais plus).

Même pas besoin d'aller voir le 3 (une grosse daube, mis à part l'homme-sable, très poétique, mais bon, ça fait dix minutes sur deux heures de baston high-tech sans une once de justification scénaristique). Promenez vous dans n'importe quel Toys "R" us, et vous comprendrez tout de suite que, idées ou pas, Sam, mon coco, tu me finis le 4 fissa, parce qu'il reste un gros rab de Water Blaster Triple Jet à 19,90 euros, prix promo, un point c'est tout! D'accord, Lucas, Disney & Co – rien de neuf sous le soleil... N'empêche qu'une machine industrielle comme celle-là n'a plus rien à voir depuis longtemps avec le cinéma. Et qu'on pourrait parler de la même façon de la plupart des films pour mômes (le rayon d'à côté, c'était les accessoires de Pirates des Caraïbes 3). Vous imaginez bien que je n'ai rien, mais alors rien du tout contre les critiques de cinéma. Mais ils seraient plus crédibles s'ils prenaient quelques cours d'éco, histoire de nous narrer le vrai pitch de ces sagas pour supermarchés.