Devant une salle comble, une discussion nourrie a permis de recontextualiser la proposition gouvernementale et de prendre la mesure du caractère exceptionnel de cette innovation sémantique et administrative, dont le seul précédent historique est le commissariat général aux questions juives du gouvernement de Vichy. Avec ce nouveau ministère, c'est un consensus installé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, visant à empêcher le retour d'idéologies qui avaient conduit à la catastrophe, qui vole en éclats. Malgré les déclarations rassurantes des responsables, les décrets d'applications délimitant les compétences de la nouvelle entité, qui récupère notamment la responsabilité de l'asile et qui exercera une compétence partagée avec le ministère de la culture sur la direction de la mémoire du patrimoine et des archives (voir extrait vidéo), constituent autant d'indications précises d'une incontestable volonté politique. Les historiens ont indiqué qu'ils entendaient poursuivre leur mouvement, réclamant le retrait de la notion d'"identité nationale" de l'intitulé et des fonctions du ministère, qu'il n'appartient pas à un organisme d'Etat de définir ni d'encadrer. Outre l'ouverture d'un site (www.upolin.org), destiné à rassembler des documents et des analyses historiques, une pétition en direction du monde de la recherche et de la culture sera lancée dans les jours prochains.

Illustration: Réunion du 01/06/2007 à l'EHESS. De g. à dr.: Vincent Viet, Nancy Green, Patrick Weil, Gérard Noiriel, Janine Ponty (photo: Gunthert).