Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Giovanni Careri élu directeur d'études à l'EHESS

image Giovanni Careri, directeur du Centre d’histoire et théorie des arts (CEHTA), a été élu le 30 juin 2007 aux fonctions de directeur d'études de l'EHESS. Nos plus vives félicitations à l'heureux impétrant!

Né en 1958 à Rome, Giovanni Careri consacre en 1989 son doctorat d'histoire de l'art au Bernin, sous la direction de Louis Marin. Il est élu maître de conférences à l'EHESS en 1997 et prend la succession de Daniel Arasse à la direction du CEHTA en 2001. Il est également professeur à l’école des Beaux Arts de Lyon. Ses recherches portent sur l’histoire et l’anthropologie de l’affectivité, les affects et les représentations dans l’Europe moderne.

Principales publications:
- Envols d’amour. Le Bernin montage des arts et dévotion baroque, Usher, Paris, 1990; traduction italienne, Voli d’Amore. Architettura, pittura e scultura nel bel composto di Bernini, Laterza, Roma, Bari, 1991; traduction anglaise par Linda Lappin, Bernini, Flights of Love, the Art of Devotion, The University of Chicago Press, 1995.
- Baroques, Citadelles & Mazenod, Paris 2002; Princeton University Press, 2003; Le Lettere, Florence 2003.
- Gestes d’amour et de guerre. L'image-affect. Poésie, peinture, théâtre et danse dans l’Europe du Tasse, Paris, éd. de l’EHESS, 2005.

L'image parasite refait surface, s'installe et dure

adresseimage A moins de dix jours d'intervalle, deux vidéos diffusées sur des canaux parallèles ont provoqué une réaction publique au sommet de l'Etat. Reprise d'une séquence diffusée le 8 juin sur la RTBF, la vidéo "Sarkozy au G8", d'abord ignorée par les médias et les services de l'Elysée, a fini par faire l'objet d'un démenti de la part du chef de l'Etat en personne lors de son interview télévisée sur TF1 le 20 juin dernier. L'audience cumulée de cette vidéo dépassant alors les quinze millions de vues, personne ne s'est étonné qu'un grand journaliste mentionne devant Nicolas Sarkozy des images qui n'avaient encore été montrées par aucun jounal télévisé[1] et qui n'avaient par conséquent pas le caractère d'un fait d'actualité reconnu.

Aujourd'hui, c'est le dérapage de Patrick Devedjian[2] qui entraîne, plus rapidement cette fois, une réaction du président de la République, diffusée dès la mi-journée du vendredi 29 juin par les journaux télévisés, en même temps que ceux-ci donnaient connaissance de la vidéo.

Lire la suite...

Soutenance de thèse "Sophie Calle", par Cécile Camart

La thèse de doctorat d'histoire de l'art "Une esthétique de la fabulation et de la situation. Sophie Calle, 1978-2007", présentée par Cécile Camart à l'université de Rennes 2, sera soutenue le mercredi 4 juillet 2007 à partir de 14h30 en salle des thèses (bâtiment de la présidence).

Jury: Jean-Marc Poinsot (directeur de thèse, université Rennes 2), Laurence Bertrand-Dorléac (université de Picardie, rapporteur), Michel Poivert (université de Paris 1, rapporteur), Françoise Coblence (université de Picardie), Elisabeth Lebovici (critique d'art).

Switzerland über alles

Cette émission était ludique, intéressante et éclairante. Mais n'était-elle pas surtout, bien souvent et finalement, assez anecdotique? (...) Soutenir "Arrêt sur images", n'est-ce pas une erreur? En effet, demander la réhabilitation d'une émission tolérée parce qu'au fond inoffensive, n’est-ce pas faire le jeu d'un système très habile à organiser sa propre contestation plutôt qu'à la subir? N'est-ce pas souhaiter qu'on maintienne "l'arbre qui cache la forêt", occultant une critique de fond?

JeanBeatle©'sblob, 28/06/2007, via Rezo.net.

Lire la suite...

Desperate Housewives, 2e saison en clair

image Chère maman, je sais que tu ne viens pas souvent sur ce blog. J'espère que tu y passeras avant demain. N'oublie pas: c'est jeudi soir sur M6 que reprend ta série préférée, tu sais, celle au titre imprononçable, Desperate Housewives, le plus proustien des feuilletons télé (deuxième saison inédite en clair). Est-ce que Zack va descendre Mike? Découvrira-t-on le crime de George, le pharmacien amoureux de Bree? Gabrielle va-t-elle quitter Carlos? Quel secret cachent les nouveaux voisins? (Attention, quand je dis "secret", rien à voir avec TF1, là, c'est du costaud!) Surtout, ne lis pas l'article de Wikipédia, si tu ne veux pas connaître la fin avant la fin. On s'appelle après.

Les mercredis du film ethnographique au musée de l'Homme

Projections-Débats: "L'Autre et le sacré" (7e partie)

Filmer la transe, c'est aborder le domaine singulier des dieux irascibles et généreux, prévenait Jean Rouch, pionnier de l'anthropologie visuelle. Le dialogue avec les dieux étant l'essence même des rituels de possession. Entrer dans un film, disait-il en tournant Tourou et Bitti, «c'est plonger dans la réalité, y être à la fois présent et invisible»... La caméra devient alors un objet du rituel et le cinéaste-ethnographe, un acteur participant à la cérémonie. Fort de cet enseignement, ce programme d'œuvres documentaires nous ouvre de nouveau les pistes du sacré, où fourmillent toutes sortes de divinités et d'esprits malins. Partout où ils sont invoqués, les djinn peuvent être tenus pour responsables de maladies ou de troubles qu'ils provoquent en prenant possession des corps, signale Gilbert Rouget, l'auteur de La Musique et la Transe chez Gallimard. Ainsi, Kusum, une jeune possédée du film de Jouko Aaltonen, entame-t-elle un parcours de guérison à New Delhi, cité des djinn. Au fil des séances, les images rassemblées dans ce cycle 2007 offrent la possibilité d'observer la relation à l'invisible. La transe – écho fertile des sociétés en ébullition mythologique – nous donne à voir la diversité du phénomène religieux. Projections-débats en présence des auteurs des films présentés.

Musée de l'Homme, Palais de Chaillot, place du Trocadéro, 75116 Paris.
Salle de cinéma Jean Rouch, 1er étage, entrée libre.

Lire la suite...

Bernd Becher, 1931–2007

The Online Photographer has learned that photographer Bernd Becher has died. He passed away last Friday during a difficult operation at a hospital in Düsseldorf, Germany. He was 75. With his wife and collaborator Hilla Becher, Bernd Becher was perhaps the world's most well known and accomplished photographer of industrial structures. The couples' rigorous, stern method constituted a sort of comparative taxonomy of utilitarian structures, often presenting numerous examples the same type of structure together in the same work, always photographed in black and white, straight on, always in the same flat light under the same kind of leaden overcast or featureless white skies.

Mike Johnston, The Online Photographer, 25/06/2007.
Lire la suite...

L'envers du décor. Promenade en RER D

image Non, ce ne sont pas des images de la Roumanie sous Ceausescu. Cela fait bien longtemps, depuis que j'habite en banlieue sud, que j'ai envie de faire un sort à la litanie des non-lieux qui s'étire entre Corbeil et Paris, sur la ligne du RER D. Friches industrielles, usines abandonnées, barres en stock, terrains si vagues, arrières-cours improbables, zones en décomposition: ce décor qui n'a jamais été construit, et qu'on aperçoit pourtant, ces anti-paysages que personne ne veut voir, mais qu'on n'a pas songé à cacher, cette agression sauvage, à laquelle on est quotidiennement exposé. On pourrait en faire un exercice d'art, tant se manifestent ici par leur absence les règles paysagères des environnements urbains. Pour ma part, malgré toute ma culture pop, je ne peux pas me défaire d'un sentiment d'accablement devant cette négation du visuel, cet oubli de l'humain, cet insondable mépris. Loin des zones piétonnes, toujours plus coquettes, loin des autoroutes, toujours plus glamour. Et pour ceux qui empruntent ce trajet, comme tant d'autres en France, deux fois par jour, ce spectacle misérable, ce rappel permanent de ce que la société leur réserve. L'envers du décor. Ouvert tous les jours, 5 € le trajet simple, n'oubliez pas le guide.

Le droit aux images et la publication scientifique

image L'INHA proposait jeudi 7 juin une réunion-débat intitulée "Le droit aux images et la publication scientifique", associant historiens d'art français et étrangers. Première rencontre publique consacrée à cette question préoccupante, elle a permis de faire le point sur ce qui apparaît désormais comme une exception française.

Adoptée le 30 juin 2006, la loi DAVDSI (Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’Information), focalisée sur le téléchargement des fichiers audio et vidéo, a eu pour effet de restreindre, de contingenter ou de pénaliser les usages des images. A l'opposé de la recommandation de la directive européenne, la loi DAVDSI a refermé en France la porte d'une exception pédagogique inspirée du fair use américain, autrement dit une exemption du droit d'auteur pour les usages d'enseignement et de recherche.

Quelles sont les conséquences de ces textes pour l'histoire de l'art et les études visuelles? Dans les domaines de la recherche ou de l'enseignement, des accords sectoriels signés par le ministère de l'Education nationale avec les sociétés d'ayants droit reproduisent les dispositions des usages marchands: le nombre des reproductions ou leur archivage informatique est contingenté et susceptible de faire l'objet de contrôles par les sociétés privées.

Lire la suite...

"De Source sûre" dérape sur le réchauffement climatique

image Construit sur le signalement et le commentaire des vidéos en ligne, le site d'information alternatif "De Source sûre" (DSS) avait notamment révélé la séquence de la RTBF "Sarkozy au G8". Sous le titre "Bonjour, nous sommes en juillet 2070 et il fait 45 degrés en moyenne", son dernier billet compile divers matériaux relatifs au thème du réchauffement climatique.

Surprise: après un premier reportage français orthodoxe, suivi de deux séquences comiques (le gag d'un ours polaire en train de se raser, puis un extrait de Groland), on accède à l'intégralité du film de l'activiste anti-écolo Martin Durkin, The Great Global Warming Swindle ("La grande arnaque du réchauffement climatique"), présenté comme un “documentaire” réalisé par “une équipe de la BBC”. Diffusé le 8 mars 2007 sur Channel 4, recopié le 27 avril sur Dailymotion sous le titre "Propagange climatique" par un adepte français, ce film a suscité une vaste polémique dans les pays anglophones, dont on trouvera un bon résumé sur Wikipédia (en). Apparemment convaincu (“Le documentaire est bien fichu”), DSS se borne à se demander “si ces journalistes ne roulent pas pour le lobby pétrolier”, avant de présenter le film sans la moindre distance critique. Encore présents dans les premières phrases (“Le lobby écologiste aurait monté ce "mensonge" pour mieux nous faire peur et nous manipuler”), conditionnel et guillemets disparaissent rapidement: “La partie 2 démonte notamment les arguments que développe Al Gore dans son film Une vérité qui dérange. (...) Le démontage en règle de tous les arguments des écolos continue.”

Pas besoin d'être climatologue pour voir que Durkin recourt à toutes les ficelles des controverses scientifiques, les mêmes que celles utilisées par les créationnistes. En s'appuyant sur les inévitables points faibles du raisonnement, en ramenant une démonstration complexe à un argument sommaire, en soulignant les dérives technocratiques et les besoins de financement, n'importe quel fumiste peut faire d'une grande théorie scientifique un complot obscurantiste. Pour éviter de tomber dans ces pièges grossiers, la sociologie des sciences offre un bon antidote. Plutôt que d'abdiquer tout sens critique devant la blouse blanche du savant, les journalistes feraient mieux de se familiariser avec Bruno Latour – une lecture indispensable pour faire face aux grands enjeux scientifiques de notre temps et éviter de se faire mener en bateau par les manipulateurs de tout poil.

Edit du 24/06/2007. Suite au signalement ci-dessus, DSS a mis à jour son billet: L'activiste anti-écolo Martin Durkin (wikibio en anglais) a réalisé un film à charge déguisé en documentaire qui a été diffusé en mars 07 sur Channel 4, soutenant la thèse suivante: Pour lui, le réchauffement climatique n'est pas le fait de l'action humaine. Pire: selon lui, le lobby écologiste aurait monté ce "mensonge" pour mieux nous faire peur et nous manipuler. A regarder en fermant les yeux et en vous bouchant le nez et les oreilles. Lire également ci-dessous la réaction de Pierre Louis Rozynès (commentaire n° 2).

Menaces de transfert des chercheurs du CNRS à l'université

Communiqué de presse SNCS-FSU

Selon des fuites, d'origine ministérielle de haut niveau, le gouvernement aurait décidé de transférer la totalité des chercheurs du CNRS vers les universités. Cette mesure revient à décapiter le CNRS qui deviendrait, comme l'a annoncé Sarkozy dans son programme, une agence de moyens sans personnel chercheur. C'est un coup bas donné à la recherche française dont une grande partie s'est, depuis 60 ans, structurée et développée autour de cet établissement largement reconnu au niveau national et international.

Le SNCS ne laissera pas le gouvernement détruire les organismes de recherche. Dès maintenant, le SNCS alerte les personnels de la recherche et des universités. Il demande, de toute urgence, aux autres syndicats de réunir l'intersyndicale de la recherche et de l'enseignement supérieur pour envisager les actions à mener.

Le SNCS appelle tous les personnels à alerter la population et tous les élus de la nation.
Meudon, le 21 juin, 18 heures.

Pétition "Non au ministère de l'immigration et de l'identité nationale"

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer «immigration» et «identité nationale» dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République: c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme "problème" pour la France et les Français dans leur "être" même.

En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.

Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de «promouvoir l’identité nationale» et de définir «une politique de la mémoire» dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la «direction de la mémoire, du patrimoine et des archives» du ministère de la Défense.

Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

Lire la suite...

"Affiches de campagne": une expérimentation des usages visuels

image Le 12 avril 2007, soit quatre jours après le début de la campagne officielle pour les élections présidentielles françaises, le projet "Affiches de campagne" a été lancé par le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic). Les objectifs de ce projet étaient définis dans un message électronique diffusé largement auprès des chercheurs de l’EHESS, ainsi qu’auprès des étudiants et usagers de la liste de diffusion du Lhivic. Il s’agissait de mener une «petite étude collective de réception» concernant les graffitis et autres atteintes portées aux affiches officielles des candidats. La première phase de l’exercice devait consister en la constitution d’un corpus, la seconde phase en serait l’observation et l’analyse critique.

Plutôt que de proposer la vision sémiologique habituelle de l'affiche comme réseau de signes, l'hypothèse de travail a été de les considérer du point de vue de leur réception, comme un support d'expression politique. Les affiches politiques suscitent des réactions variées et souvent vives, en particulier dans le contexte très personnalisé de l'élection présidentielle. La nouvelle économie du dialogue permise par les outils du web nous rend aujourd'hui attentifs au fait que l'affiche est un objet particulièrement soumis à l'exercice de l'interaction. D'où l'idée d'essayer d'enregistrer ce phénomène fugitif, de façon collective et locale. L’exercice, qui était d’ailleurs proposé «à titre de divertissement», n’a pas été réalisé selon un protocole scientifique rigoureux. Les consignes de départ étaient volontairement assez souples et ont été complétées d’indications méthodologiques au fur et à mesure de la constitution du corpus.

Lire la suite...

Tous les détails à connaître pour choisir son appareil numérique

image D'autres fonctionnalités peuvent faciliter la vie de l'utilisateur. Par exemple, un appareil présenté au Japon détecte automatiquement les sourires. Quand il n'y en a pas sur le visage photographié, le cliché peut être automatiquement mis à la poubelle.

Par Joël Morio, Le Monde, 20/06/2007.
Lire la suite...

Vu à la télé (mais pas à "Arrêt sur images")

Hypothèse: et si ASI ("Arrêt sur images", pour les intimes) s'était arrêtée parce que cette émission avait cessé de voir ce qui se passe à la télévision? Cessé de croire qu'il pouvait s'y passer autre chose que des complots mafieux et des manipulations à deux balles? Cessé de penser qu'on pouvait encore y apercevoir des images et des gens? ASI n'a pas vu le happening à l'envers de la "Nouvelle star" – la plus étrange manifestation d'indépendance artistique lovée au creux du plus marketing des programmes. Et à quoi peut bien servir une telle émission, si elle ne sait plus apercevoir qu'il peut se passer quelque chose, précisément là où on l'attend le moins?

Après Lolita, après Les Bêtises, après Vanina revisités (Vanina! qui pouvait oser ça?), ce soir encore, il fallait cette confrontation entre le vieux clown, vrai musicien, impeccable showman, Dave Levenbach, et le nouveau petit prince duchampien de M6, Julien Doré, pour voir se déployer avec autant d'évidence l'aisance extraterrestre du jeune artiste. Ridiculiser Dave n'est pas à la portée du premier venu – et le faire avec cette aimable insouciance est un cadeau qui justifie à lui seul le paiement de la redevance pour toute l'année civile (oui, je sais, Métropole TV, c'est privé, mais on paye de toute façon, non?).

Oui, il peut encore se passer des choses à la télé. Et on aimerait bien savoir par quels étranges chemins le comble du formatage peut livrer de telles pépites. Gageons que Daniel Schneidermann saura nous l'expliquer, dès qu'il pensera à rallumer la télé.

1 2 >