image Ainsi que l'ont annoncé Christophe Carignano, Nicolas Voisin ou Quelcandidat.com, le projet de débat de premier tour sur internet se clôt par une fin de non-recevoir de la plupart des candidats sollicités. Qu'est-ce qui n'a pas marché? Mis à part 20 Minutes, très actif dans cette séquence, les grands médias associés au processus se sont bornés à une attitude attentiste, sans relayer le buzz, qui est resté très faible tout au long de la semaine dernière. Sans une forte pression médiatique, il était impossible d'imposer cet agenda aux équipes de campagne. Celle-ci a fait défaut: l'AFP a notamment refusé de transmettre les informations qui lui étaient fournies par le collectif. Leçon numéro un: la blogosphère peut engendrer le buzz, mais ne peut le porter à elle seule à un degré efficace – au moins dans ce cours laps de temps.

Le fait que la mayonnaise n'ait pas pris a aussi une autre raison: ce projet est intervenu trop tard dans le calendrier de la campagne. Entre la rumeur de la rupture avec Cécilia ou le faux sondage des RG, toute la semaine dernière a été occupée par les hoax et les tentatives d'intoxication. Pendant ce temps, on a bien vu les interventions des candidats se durcir, frisant parfois l'insulte. Désormais, les coups pleuvent, dictés par l'urgence. Malgré toutes les bonnes volontés, le temps n'était plus à l'échange d'arguments et au débat raisonné. D'où la leçon numéro deux: le caractère "objectif" du buzz, qu'on ne peut fabriquer de force à contretemps. Rien que pour ces enseignements, cette rencontre n'aura pas été vaine.

Illustration: Réunion de préparation du projet de débat présidentiel de premier tour sur internet à la rédaction de 20 Minutes, le 6 avril 2007 (de g. à dr.: Natacha Quester-Séméon, Sullian Wiener, Jean-François Fogel, Carlo Revelli, Nicolas Voisin).