Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Société du football

Notes rapides et répétitives sur un sport imaginaire ou petite utopique du footballeur

image Les notes qui suivent ont été rédigées en deux temps. La première moitié, au lendemain de la demi-finale de la coupe du monde de football 2006 qui opposait l’équipe française au Portugal. L’autre moitié, dans les jours qui ont suivi la finale perdue par les Français contre l’Italie.
Ces réflexions, généralement lacunaires, reposent sur deux propositions qu’il est plus commode de préciser d’emblée.
Proposition n° 1: il est probable qu’un match de football ne se gagne pas par l’accumulation des buts, mais grâce à la création et l’incorporation par les joueurs d’images de victoire. Contre toute attente, le matériel élémentaire du match de football n’est pas la physicalité (le terrain, le ballon, la vitesse, la frappe) mais l’imaginaire (et c’est ce qui explique les engouements et les débordements des publics et des nations).
Proposition n° 2: un seul joueur de football en activité a compris l’importance des images, la nature imaginaire de son sport.
Ces propositions, on l’aura compris, sont des hypothèses de travail. Hypothèses qui présentent le grand intérêt de déplacer les approches de la pratique sportive hors du champ d’analyse des professionnels et des discours critiques-médiatiques qui les relayent.
Le choix d’un objet a priori peu noble et une focalisation étroite ont des vertus méthodologiques: le terrain est libre pour l’abstraction et la réflexion spéculative. Ce texte, en conséquence, est composé de sentences assez courtes qui se diffractent ou se réfléchissent entre elles.

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Compte rendu du colloque "Art and the Early Photographic Album"

image Réuni par l'historien d'art Stephen Bann, le colloque "Art and the Early Photographic Album" s'est tenu à la National Gallery de Washington les 9 et 10 mars 2007. L'objectif était l'examen des nouvelles formes de présentation et de valorisation des collections muséographiques par l'intermédiaire de l'album illustré dans la seconde moitié du XIXe siècle. En prenant le relais des productions éditoriales gravées, la photographie avait-elle modifié la perception de l'oeuvre d'art? En s'écartant de la problématique de l'authenticité, la plupart des contributions ont apporté la preuve de la productivité de la représentation photographique des oeuvres d'art. Ainsi Philippe Jarjat (EHESS) a-t-il pu montrer combien le traitement du "Jugement dernier" de la chapelle Sixtine par Adolphe Braun avait contribué à la sélection de nouveaux motifs au sein de l'oeuvre de Michel-Ange. De même, Frederick N. Bohrer (Hood College) a expliqué le travail complexe de reconstitution effectué par Curtius en 1896 pour produire une restauration virtuelle des sculptures de l'antiquité. D'autres contributions, comme celle d'Anthony Hamber, tentaient de produire une évaluation globable du paysage des PIPs (publications illustrées de photographies) au XIXe siècle, en montrant le rôle fondamental joué dans cet essor par les albums consacrés à l'art. Austen Barron Bailly (Los Angeles County Museum of Art) illustrait cette démonstration par l'analyse des jeux de mise en page de la Galerie contemporaine (1874-1886) de Ludovic Baschet, et soulignait à son tour l'importance de ces ouvrages dans la constitution de canons.

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