Plus intéressant est le cheminement de l'information sur la toile puisque, comme dans le cas de la vidéo "Profs: Ségolène en off", l'enregistrement était ancien. Le moment de cristallisation est constitué par l'enquête d'une journaliste d'"Arrêt sur images" consacrée à l'effet Bayrou ("Bayrou, chouchou du Net (et d'Alain Duhamel)"), publiée le 11 février sur le site de l'émission. A la recherche des manifestations d'un engouement en faveur du président de l'UDF, Sophie Gindensperger repère la déclaration de Duhamel, mise en ligne le 5 février sur le blog Jeunes UDF Paris ("Alain Duhamel ose"), qui utilise Google vidéo comme support de streaming. Une copie est également envoyée sur Dailymotion. Cette plate-forme étant désormais un support d'information politique à part entière, c'est là que des internautes la découvrent, et la signalent à Guy Birenbaum mercredi soir.

Qu'Alain Duhamel soit victime du même effet (la gaffe enregistrée) que celui dont avait souffert Ségolène Royal est un clin d'oeil savoureux qu'apprécieront les aficionados du célèbre chroniqueur. La crédibilité de son analyse avait été sérieusement écornée par son "oubli" de l'étoile montante du parti socialiste dans son ouvrage, Les Prétendants (récemment réédité en poche) et la réaffirmation périodique de sa détestation de la dame en blanc n'était pas une preuve manifeste de l'équilibre de ses jugements. Le web a-t-il fourni à France Télévisions le prétexte pour se débarrasser d'un intervenant devenu un peu encombrant? Réponse de l'intéressé ce matin sur RTL à 7h50.