Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Les vidéos de Ségolène, un indicateur Royal

image Dans un billet récent, Daniel Schneidermann raconte qu'il a décidé de se rendre compte par lui-même de la teneur des débats participatifs sur "Désirs d'avenir", le site officiel de Ségolène Royal. Il en retire plusieurs informations inédites sur le futur programme de la candidate – mais aussi la confirmation de l'incuriosité des journalistes politiques, qui glosent en boucle sur ce débat qui ne vient pas, sur ces propositions absentes, etc. Les mêmes, lorsqu'on évoque le web, n'y voient que rumeurs et boules puantes. Pourtant, pour qui sait les lire, le réseau recèle nombre d'informations intéressantes. Exemple: le succès rencontré par les vidéos en ligne de Ségolène Royal.

On se souvient de la vidéo d'Angers, consultée plus d'un million de fois en l'espace d'une semaine en novembre dernier. Si l'on compare le résultat des requêtes "Sarkozy" et "Royal" au 31 janvier sur Dailymotion, on observe d'abord une sensible différence de matériau. Dans le premier cas, peu de déclarations ou d'interviews, mais beaucoup de parodies ou de films de dénonciation ("Le vrai Sarkozy", envoyé le 5 juillet 2006 par reso69, vu 1.439.662 fois). Dans le second, nettement plus d'interviews et de reportages, moins de satires. Si l'on se concentre sur les prises de parole proprement dites, pour Sarkozy, les trois vidéos les plus vues ("Voeux 2007", "Nouveaux adhérents", "SarkoSégo débat") totalisent 443.188 consultations. Dans le cas de Royal, l'échantillon équivalent ("Débat participatif Alsace", "Voeux 2007", "Pacte de Bondy") atteint 2.273.321 consultations, soit cinq fois plus. On peut multiplier les tests, limiter la période, modifier les critères, l'impression demeure que les vidéos présentant un contenu informatif sur la candidate socialiste sont plébiscitées sur la plate-forme.

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Conférence "L'archive et le portrait" à la MEP

image Je présenterai mercredi prochain à la MEP un premier état de mes recherches dans les fonds photographiques personnels conservés à l'abbaye d'Ardenne:
"L'archive et le portrait. Les fonds photographiques de l'IMEC"
Cycle de conférences de la Société française de photographie
Auditorium, Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy 75004 Paris.
Le 7 février 2007 à 18h (entrée libre).

Le droit aux images (suite)

image Dix jours après sa parution, la tribune "Le droit aux images à l'ère de la publication électronique" a été reprise ou citée sur une centaine de sites, agrégateurs, forums et listes (voir ci-dessous). Cet article présente le premier diagnostic français de la situation de l'édition électronique illustrée et plus largement de l'utilisation du patrimoine iconographique sur internet, dans l'état actuel des textes et des usages. Rédigé par des spécialistes en histoire de l'art et en droit des images, il concerne potentiellement tous les responsables de sites web. Il appelle à revoir un dispositif législatif manifestement inadapté. Il fournit aux éditeurs une arme puissante: le rappel du caractère libre de droits des reproductions des images du domaine public, garanti par le code de la propriété intellectuelle. Ce texte a vocation à ouvrir le débat. Il est donc placé sous licence Creative Commons n° 2 (paternité, pas de modification) et librement copiable, par extraits ou en totalité. Merci d'en relayer ou d'en discuter les observations.

En résumé, nous encourageons les webmestres et blogueurs: 1) à respecter les droits des auteurs et ayants-droits en matière d'oeuvres protégées (pendant une durée de 70 ans après la mort de l'auteur); 2) à utiliser librement les reproductions des oeuvres en deux dimensions du domaine public. Ce n'est pas cet usage qui est hors-la-loi, mais bien celui des institutions qui associent un copyright (sous la forme de restrictions d'utilisation) à la mise en circulation des reproductions. La règle est simple: personne ne peut prétendre à l'exercice d'un droit en matière de domaine public – c'est une contradiction dans les termes.

Nul n'est censé ignorer la loi. Pourtant, cette information, bien connue des responsables des collections patrimoniales, est aujourd'hui soigneusement dissimulée. A l'exception de l'aveu du chef de l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux (RMN), qui a admis sur France Culture que les 365.000 images disponibles sur le site de l'agence sont librement copiables pour les usages non commerciaux en ligne.

Reproduire les images non protégées n'est pas un acte répréhensible. Au contraire, participer à leur propagation, c'est donner corps au domaine public, c'est faire évoluer les sensibilités et les habitudes. Pour y contribuer, cet usage ne doit pas être sauvage. Il importe à l'inverse, après avoir procédé aux vérifications nécessaires, d'en assurer la légitimité par un légendage qui fournisse toutes les indications utiles. Nous suggérons d'ajouter aux précisions habituelles la mention: "statut: domaine public" (voir exemple ci-dessous).

Illustration: Gabriel Loppé (1825-1913), Loïe Fuller cachée derrière un arbre, photographie, v. 1905, Paris, musée d'Orsay (reproduction RMN, statut: domaine public).

Principaux sites ayant relayé le texte: 36 Projets, A Brest, AdmiNet-Le blog, Affordance.info, Archi-Art.net, Archivalia, Arts et culture pour tous, Betapolitique, Blog des rédacteurs de Politis, BlogObs.com, Boîte noire, Cmicblog, Créatif, Culture libre, EDSH, Embruns, Figoblog, Fouinayage, I-cone.net, Le JDL, La Feuille, Laurent Guerby, Observatoire critique, Open Access News, Regarder les images, Reseau Erasme.org, Rezo.net, Transactiv.exe, La Tribune de l'Art, Vecam, Wikio.fr, Zewol.net.

Rendez iPol à la télé

image Faut-il gratifier de l'appellation de "webTV" toute émission vidéo pour la seule raison qu'elle est diffusée en ligne? L'exemple d'iPol (prononcez: "aïe-Pol") donne plutôt envie de répondre par la négative. Lancé le 16 janvier dernier, ce magazine vidéo hebdomadaire réalisé par Christophe Lancellotti se consacre à “l'autre campagne, celle qu'on ne voit pas à la télé”, autrement dit, la campagne vue du web. Une proposition pas si originale, puisqu'elle a déjà son équivalent sur les chaînes francophones, notamment le triste "Campanet" de Dimanche+, l'émission de Laurence Ferrari (qui se donne beaucoup de mal pour rendre consommable un plat que ses producteurs considèrent visiblement comme fadasse, et qu'ils relèvent d'un lourd accompagnement de marionnettes virtuelles et autres animations de synthèse).

iPol ressemble beaucoup à ce qu'aurait pu être le concurrent malheureux de Campanet. Cet hebdo de 15 minutes accumule tous les tics longuement mis au point par les diverses émissions d'infotainment de Canal+ depuis "Nulle part ailleurs". Musique d'ascenseur omniprésente, jingles à chaque changement de plan, titraille à la mitraillette, sans oublier la voix off (Corinne Versini), coquine, acidulée et toujours amusée, comme pour assurer que tout cela n'est pas bien sérieux.

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Exposition participative "Tous photographes !" au musée de l'Elysée

La première grande exposition consacrée aux nouvelles formes de la photographie numérique est actuellement en préparation au musée de l'Elysée de Lausanne, sous le titre "Tous photographes! La mutation de la photographie amateur à l'ère numérique" (du 8 février au 20 mai 2007). Un volet de cette manifestation s'appuiera sur la participation volontaire des bénévoles, à travers un site web (http://www.tousphotographes.ch), où l'on peut dès à présent faire parvenir ses photographies (taille maxi: 6 Mo). Le musée souhaite une participation massive: toutes les propositions sont les bienvenues.

Le Politic'Show, laboratoire de la télévision de demain

image Nicolas Voisin et Julien Villacampa, fondateurs du Politic'Show, étaient jeudi les invités du séminaire "Problèmes d'histoire visuelle" à l'INHA. En proposant la première expérience française de webTV citoyenne, ils ont inventé une forme de communication inédite, bousculé les habitudes du journalisme spécialisé et contribué à faire bouger les lignes de la médiation politique.

Agé de 28 ans, Nicolas Voisin est un communicant tombé dans la marmite du journalisme citoyen: blogueur précoce et prolifique (Biologikpolitik, octobre 2004, Nuesblog), rédacteur d'Agoravox, membre du réseau des Freemen, il fonde en septembre 2006 le webmagazine Le Monde citoyen (avec notamment Guy Birenbaum, Thierry Crouzet, Sébastien Fontenelle, Bernard Langlois, Agnès Maillard, John-Paul Lepers, Jean Véronis). Agé de 27 ans, Julien Villacampa est réalisateur, auteur de clips, publicités, courts-métrages et documentaires souvent alimentaires, créateur du collectif de jeunes cinéastes les Malfaiteurs indépendants. Autodidactes, dépourvus de carte de presse, ils puisent leur légitimité dans la vertu citoyenne issue du web. La présidentielle offre une occasion rêvée et l'idée naît en mars 2006 de produire une série d'interviews vidéos des candidats. Un projet pleinement politique, au sens premier du terme: il s'agit pour deux citoyens-blogueurs d'aller à la rencontre de leurs représentants, puis de mettre gratuitement à disposition, sans restrictions de droits, le résultat de leurs entretiens. Une expérimentation, aussi, de leurs capacités techniques et logistiques à mettre en oeuvre une telle entreprise, dont ils escomptent des retombées à titre personnel: “Nous avons tous les deux un métier, et réalisons ces contenus sur notre temps libre, par passion. Nous aspirons à vivre de cette activité, autant être explicites.”

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Projection de "Frescoes" à l'EHESS

Le jeudi 25 janvier, dans le cadre du séminaire de Claire Mouradian, "Le Caucase entre les empires", sera proposée la projection du film Frescoes ("Fresques", Russie, 2003, 90'), en présence du réalisateur Alexandre Gutman (EHESS, amphithéâtre, 150 bd Raspail, 75006 Paris, 13h30-17h).

Frescoes a été tourné en Arménie, à Gumri, la deuxième ville du pays, complètement détruite par le séisme de 1988. Peu après cette catastrophe, l'Arménie recouvrait son indépendance. Le bonheur et le malheur vont toujours de pair. Le séisme a détruit une ville, mais en a édifié une autre, la cité des morts, le cimetiière. Les personnages centraux du film sont un jeune garçon, Varouj, un prêtre, un fossoyeur et deux tailleurs de pierre. Ils passent leurs journées au cimetière et ne retournent que le soir en ville, pour une vie réelle qui ressemble tant à leur autre vie au cimetière. C'est un film au sujet de la frontière entre la cité des vivants et la cité des morts, sur la frontière entre l'enfance et l'âge adulte. C'est un film sur un jeune garçon qui avec son optimisme et son amour de la vie sauvera cette ville, ce pays.

Présenté à de nombreux festivals internationaux en Russie, en Italie, en Chine, aux Etats-Unis, etc., Frescoes a été plusieurs fois primé, notamment par le Grand Prix du meilleur documentaire au festival de Llubliana, le prix du meilleur film au festival italien Infinity Film, les prix des meilleurs scénario et cinématographie du festival international d'Ann Arbor.

Comment obtenir un poste au CNRS

Actualités de la science. La course aux postes est dure pour les jeunes chercheurs français. Chaque année, 10.000 docteurs soutiennent leur thèse, mais moins de 3.000 d'entre eux intègreront l'enseignement supérieur et la recherche. Voici une information qui ne manquera pas de les intéresser. Une nouvelle filière vient d'être créée au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), réservée aux titulaires de l'agrégation. La procédure pour obtenir le poste consiste à publier dans le Figaro, célèbre publication savante, un article consacré à un sujet brûlant qui excite les passions. Sur le plan du cadre de recherche, il est conseillé de recourir aux thématiques porteuses dégagées par les principaux instituts de référence (AFP, TF1): racisme, sexe, criminalité, choc des civilisations, terrorisme, islamisme, communisme, etc. On sera attentif aux interactions de ces diverses topiques: leur panachage est recommandé. Sur le plan méthodologique, il est suggéré de recourir à des jugements à l'emporte-pièce ainsi qu'à des antithèses sommaires, dont le caractère expéditif permettra d'économiser toute forme de preuve et de couper court à toute procédure de vérification.

Exemple: Aucune des fautes de l'Eglise ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine. La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Faire parvenir les dossiers à la direction du CNRS par l'intermédiaire des services du GIGN.

Parution "Ethnologie française", t. XXXVII, n° 1, janvier 2007

Ethnologie française, t. XXXVII, n° 1, janvier-mars 2007.
N° spécial: Arrêt sur images. Photographie et anthropologie.

  • Jean Cuisenier, "Choix et défis en revue" (éditorial)
  • Sylvaine Conord (responsable scientifique), "Usages et fonctions de la photographie en anthropologie"
  • Albert Piette, "Fondements épistémologiques de la photographie"
  • Jean-Charles Depaule, "Un café parisien (Variation sur une photo)"
  • Howard S. Becker, "Les photographies disent-elles la vérité ?"
  • Emmanuel Garrigues, "Un paysan–musicien à Sifnos, Grèce (Variation sur une photo)"
  • François Laplantine, "Penser en images"
  • Sylvie Pedron-Colombani, "Procession Sainte Rita à Paris, mai 2005 (Variation sur une photo)"
  • Sylvain Maresca, "Photographes et ethnologues"
  • Fabienne Duteil-Ogata, "La photo-interview: dialogue avec des Japonais"
  • Christian Papinot, "Le «malentendu productif». Réflexion sur la photographie comme support d’entretien"
  • Valérie Game, "Le droit à l’image"
  • Catherine Rémy, "Ni cliché, ni séquence : s’arrêter sur l’image"
  • Yves Delaporte, "La trace des signes : de la photographie au dessin (Variation sur une photo)"
  • Christine Louveau de la Guigneraye et Jean Arlaud, "De la photo au film: écritures numériques"
  • Patrick Williams, "18e Arrondissement, rue saint-Mathieu (Variation sur une photo)"
  • Luiz Eduardo Robinson Achutti, "Photo-ethnographie. Dans les coulisses de la BNF"
  • VARIA, par Anna Poujeau, Margitta Zimmerman, Anne Cadoret, Jérome Wilgaux, Ronan Le Velly, Yann Raison du Cleuziou.

Diffusion: PUF, 22 €.

Le droit aux images à l'ère de la publication électronique

image En février 2005, le portail Persée, spécialisé dans l'édition numérique rétrospective, ouvrait ses colonnes au public [1]. Parmi les collections disponibles en libre accès figurait une cinquantaine de numéros de la Revue de l'art (1988-1999). Un sort particulier avait été réservé à la plus prestigieuse publication française du domaine. Au lieu de l'abondante illustration accompagnant les numéros papier, les pages en ligne arboraient de vastes espaces blancs, des légendes renvoyant à des cadres vides. Aurait-on admis de voir une revue de littérature dépouillée de ses citations, une revue de mathématiques caviardée de ses équations? Nul ne s'interroge alors sur le symptôme inquiétant que représente une revue d'histoire de l'art débarrassée de l'objet même de ses travaux: son iconographie.

Devant le durcissement du dispositif légal concernant la publication sur internet, la rédaction de la revue Etudes photographiques prenait en juin 2006 la décision de renoncer à son édition en ligne[2]. Créée en 1996, la seule revue francophone consacrée à la recherche en matière de photographie avait ouvert dès 1997 un site permettant d'accéder gratuitement à une sélection d'articles, avant de rejoindre en 2002 le portail d'édition électronique Revues.org. Ce nouvel avertissement est l'indication d'une évolution préoccupante. Alors que l'entreprise de numérisation généralisée des textes du domaine public se poursuit à bride abattue sur tous les continents, alors que le libre accès à des centaines de milliers d'ouvrages sur internet fait désormais toucher du doigt le vieux rêve de la bibliothèque universelle, la situation des images semble aujourd'hui dans l'impasse. Qu'il soit pictural, photographique ou cinématographique, le patrimoine visuel fait partie des trésors les mieux gardés du monde contemporain. Réduit par les usages à l'état de marchandise, quand bien même il devrait dépendre du domaine public, il est aujourd'hui exclu des voies où se construit le bien commun de l'humanité. Quelles sont les raisons de cette situation paradoxale?

Selon un article du Chronicle of Higher Education, «si les publications scientifiques comportaient une liste des espèces menacées d'extinction, les essais en histoire de l'art devraient figurer au premier rang[3]». La première explication de ce pronostic alarmiste, du côté de l'édition classique, tient à la merchandisation croissante du domaine des images, à la hausse ininterrompue des droits de reproduction depuis quinze ans, mais aussi au renforcement du contrôle et à la multiplication des procès. Aujourd'hui, aux États-unis, où les auteurs payent de leur poche l'iconographie de leurs livres, il n'est pas rare de voir un spécialiste de la Renaissance débourser 10 000 ou 15 000 dollars pour assurer l'illustration d'un ouvrage dont l'éditeur ne vendra que 500 exemplaires. Comme l'explique l'éditeur Susan Bielstein, des presses de l'université de Chicago: «Entre la diminution des ventes et l'augmentation du coût des droits de reproduction, ce segment de l'édition est désormais si sévèrement compromis que la monographie d'art est sérieusement en danger et pourrait très bien dépasser le vairon argenté dans sa course à l'extinction[4]».

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Parution "Etudes photographiques", n° 19, décembre 2006

Sommaire

Histoire

  • Claude Estebe, "Les premiers ateliers de photographie japonais, 1859-1872"

La photographie pédagogue

  • Olivier Lugon, "Nouvelle Objectivité, nouvelle pédagogie"
  • Julie Jones, "Un art publicitaire? György Kepes au New Bauhaus, 1937-1943"

Modèles critiques

  • Katia Schneller, "Sous l’emprise de l’Instamatic. Photographie et contre-modernisme dans la pratique artistique de Robert Smithson"
  • Tom Gunning, "La retouche numérique à l'index. Pour une phénoménologie de la photographie"

Document

  • Léon Gimpel, "Mes grands reportages" (éd. critique par Th. Gervais)

Varia

Notes de lecture
G. Morel, Le Photoreportage d’auteur; I. Schaber, Gerda Taro; P. E. Palmquist, e. a., Pioneer Photographers of the Far West; M. Morton, e. a., Courbet and the Modern Landscape; V. Pomarède, e. a., Ingres; John Heartfield. Photomontages politiques; F. Ribemont, e. a., La Photographie pictorialiste en Europe.

Le web 2.0 ou la netophilie (atelier 2)

image Qu'est-ce que le web 2.0? A-t-il seulement une définition précise? A l'heure où l'on commence à entendre parler du web 3.0, certains semblent en douter. "Le web 2.0 n'existe pas" affirment les plus péremptoires, en s'appuyant sur le flou des notions recouvertes. Pourtant, avant même de parler d'outils collaboratifs ou de réseaux sociaux, il est possible de produire des distinctions claires basées sur l'architecture technique des systèmes.

Le world wide web, inventé en 1990 par Tim Berners-Lee, est une application du réseau internet, où il cohabite avec plusieurs autres protocoles de transfert de données (TCP/IP pour la connexion au réseau, SMTP pour les e-mails, FTP pour les transferts de fichiers, etc.). Il repose sur trois composantes fondamentales: la définition d'un système universel d'adresses (ou URL); un protocole de communication spécifique (HTTP); enfin un langage informatique (HTML) qui permet d'écrire et de visualiser des fichiers sous forme de pages. L'articulation de ces trois éléments permet de créer des liens hypertexte qui autorisent une circulation simple et élégante parmi les ressources disponibles. Un lien est un code écrit en langage HTML qui permet au navigateur d'afficher une adresse via le protocole HTTP.

Dans sa version initiale, le web est un média à consommation passive, comme la radio ou la télévision. L'émetteur, propriétaire du site, produit une page web grâce à un éditeur de contenus, puis la met en ligne par l'intermédiaire d'une application FTP. L'internaute peut consulter cette page, mais ne peut pas la modifier.

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Les ressources numériques pour les nuls (atelier 1)

image Le 4 janvier dernier s'est tenu la première séance de l'atelier "Pratiques des sources numériques en histoire visuelle" à la bibliothèque du CEHTA. Le projet de cette formule est né de deux constats. 1) De l'ordinateur au web 2.0 en passant par les revues électroniques ou les logiciels de bibliographie, la communauté académique dispose d'un bouquet d'outils informatiques chaque année plus vaste et plus puissant. 2) Alors que la formation à la recherche intégrait autrefois une initiation à des méthodologies beaucoup plus élémentaires, l'apprentissage de cet ensemble complexe de technologies se borne aujourd'hui à peu près exclusivement à l'horizon de l'auto-formation.

Si les hauts responsables ont souvent pris conscience de ce hiatus, ils ne disposent pas des moyens d'y remédier avec la célérité souhaitable. Un premier obstacle est évidemment d'ordre budgétaire. L'exemple de certaines écoles professionnelles, comme les Arts déco, qui disposent de tous les matériels nécessaires, semble hors de portée des financements habituels des universités. Un second écueil paraît appartenir en propre au domaine des sciences humaines et sociales, qui a pris l'habitude de déléguer à des spécialistes la gestion des questions techniques en général et de l'équipement informatique en particulier. Au moment ou la pratique des outils du web 2.0 impose de développer une culture de l'appropriation, le modèle de la délégation s'avère non seulement un handicap mais un noeud de résistance.

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"Mort à la démocratie"

image "Mort à la démocratie": ce slogan, tagué sur les murs de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS) durant le mouvement contre le CPE, a été pris par la majorité des médias comme la preuve de la folie irresponsable de ceux qui occupaient les lieux. C’était toucher là à un tabou. La démocratie, comme le capitalisme d’ailleurs, est devenue l’horizon indépassable de notre époque. Tout discours qui tendrait à la remettre en cause est disqualifié d’avance: on ne veut tout simplement même plus l’entendre. La démocratie, pourtant, a surtout fait jusqu’à présent la preuve de son échec. Le monde qu’elle domine est toujours un monde de soumission, de privations et de pauvreté. Le droit de vote est censé assumer à lui seul l’expression de la volonté populaire: mais croit-on encore que quoi que ce soit puisse changer grâce à des élections?

Léon de Mattis, Mort à la démocratie. Le vote en question, à paraître en mars 2007.
Signalé par "La Lettre de l'Altiplano": http://www.laltiplano.com/..., 13/01/2007.

RIP 72 PPI

Est-ce le début de la fin du format 72 ppi? (ppi = pixels per inch; parfois incorrectement appelé "dpi", pour dots per inch, qui mesure une résolution d'impression; en français: "ppp" = points par pouce.) La fin du standard de résolution des écrans d'ordinateur depuis le lancement en 1987 par IMB du VGA, celui qui vous permet d'afficher et de lire ce texte? Un article du New York Times par David Pogue, qui décrit soigneusement le nouvel iPhone d'Apple, annonce que son interface principale, soit un écran tactile de 320 x 480 pixels (3,5"), adopte une résolution plus de deux fois plus fine, de 160 ppp. Ce choix original qui améliore considérablement la vision des films et autres contenus graphiques sur un écran de poche est à mettre en relation avec une prise de brevet qui avait attiré l'attention des spécialistes. Le futur MacOSX ("Leopard") devrait en effet intégrer la possibilité de piloter un écran indépendamment de sa résolution graphique réelle. Selon MacsimumNews, qui reprend un commentaire du site des développeurs d'Apple: The old assumption that displays are 72 ppi has been rendered obsolete by advances in display technology. Macs now ship with displays that sport displays with native resolutions of 100 ppi or better. Furthermore, the number of pixels per inch will continue to increase dramatically over the next few years. This will make displays crisper and smoother, but it also means that interfaces that are pixel-based will shrink to the point of being unusable. The solution is to remove the 72 ppi assumption that has been the norm.

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