image Ainsi qu'en témoigne une récente journée d'études à la Bibliothèque nationale de France, la vogue des blogs a rouvert l'intérêt pour les formes historiques de l'expression personnelle. Alors qu'on examine habituellement de façon distincte journal intime, album ou carnet électronique, le hasard d'un destin individuel peut nous confronter à l'expérience du croisement de ces diverses modalités. Un cahier de la fin du XIXe siècle nous convie ainsi à une singulière promenade dans les sinuosités de l'inscription du je(u).

Aux alentours de l'année 1888, une petite fille sage commence son cahier de pensées, exercice traditionnel de l'enfance bourgeoise, orné de ses motifs floraux et autres papillons de couleurs vives à coller en autant d'encadrements improvisés, d'un kitsch aussi délicieux que la nostalgie (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Il y a en nous une secrète malice qui se complaît à découvrir les imperfections de nos frères, note-t-elle. Mais la propriétaire du carnet a une complice, à qui elle fait une place, ainsi que l'usage le permet. Sur la page prêtée par son amie, Yvonne se glisse par l'intermédiaire de deux dessins, l'un d'une hutte de conte de fées, l'autre d'un profil de bouquetin, signés de ses seules initiales. Laquelle des deux a disposé ici pâquerettes et papillons? Impossible de le savoir, mais un dialogue s'est ouvert qui va se poursuivre.

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