Nous comprenons qu’après avoir dirigé Parachute pendant toutes ces années, la direction actuelle puisse souhaiter passer à autre chose. L’exigence du mandat ainsi que la constante précarité financière, qui est le lot généralisé des organismes à but non lucratif dans le milieu culturel, finissent par user les esprits les plus déterminés. Cette décision ne devrait pas entraîner pour autant la disparition de la revue, cette dernière n’étant pas la propriété exclusive d’une personne, si déterminante fut-elle dans le parcours de celle-ci. La revue est le fruit du travail des petites équipes de production successives qui l’ont animée; elle a constamment été portée par un milieu (artistes, auteurs, galeries, centre d’artistes, musées… la liste est longue) qui en est la raison d’être. Surtout, elle a été subventionnée dès le départ par les contribuables à travers les instances publiques municipales, provinciales et fédérales en raison de l’importance que l’on reconnaissait au mandat qui est le sien, lequel peut être, à l’instar de celui d’autres institutions, porté par une nouvelle direction.

C’est pourquoi nous croyons que le temps est venu de demander à la direction actuelle de passer le flambeau tout en lui disant merci pour les années qu’elle a consacrées à la revue.

Ce faisant, et avec l’appui du conseil d’administration seul décideur en cette matière, une nouvelle direction pourrait ainsi s’attaquer au nécessaire redressement financier, réaffirmer la ligne éditoriale de Parachute, consolider les bases d’une collaboration entre le milieu local et le milieu international, et assurer son développement tant au plan artistique qu’administratif; en somme, lui insuffler une impulsion nouvelle.

Il faut impérativement rassembler nos voix pour assurer la survie de Parachute!

Svp, faites circuler dans vos réseaux.
Faites part de votre appui, commentaires et suggestions au courriel passezleflambeau@yahoo.ca

Johanne Lamoureux, professeure en histoire de l’art, université de Montréal
Thérèse St-Gelais, professeure en histoire de l’art, université du Québec à Montréal
Marie-Eve Charron, historienne de l’art/critique d’art
Eduardo Ralickas, doctorant en histoire de l’art

Illustration: "Perspective", 2006, photo, © et courtesy: Jen Murray.


Communiqué
SUSPENSION DE LA PUBLICATION DE LA REVUE D’ART CONTEMPORAIN PARACHUTE

Montréal, le 20 novembre 2006 — La revue d’art contemporain PARACHUTE, fondée en 1974, a pris la difficile décision de suspendre ses activités. Malgré le succès de la nouvelle formule mise sur pied en 2000 et la reconnaissance internationale dont bénéficie la revue, les sources de financement ne permettent plus de garantir un niveau raisonnable de qualité et de stabilité. Malgré sa détermination et ses efforts à soutenir la présence de la revue sur la scène de l’art contemporain et à poursuivre les opérations, le conseil d’administration de PARACHUTE a dû se résoudre à prendre cette décision de dernier recours après avoir examiné tous les paramètres financiers et sociaux pouvant permettre de sortir la revue de l’impasse devant laquelle elle se trouve actuellement. Entre autres, notons que le périodique avait réussi à augmenter ses revenus de vente de plus de 200 % ces dernières années, que des coupures de dépenses et des compressions budgétaires ont été réalisées, que d’importants efforts de levée de fonds ont donné des résultats appréciables mais insuffisants, et que de nombreuses démarches auprès des gouvernements ont eu lieu, sans donner de résultat. La diminution globale de l’apport des subventions, couplée à la structure de financement actuelle de la revue, et le nouvel environnement qu’est devenu celui des médias, complexifient la donne. Malgré l’exceptionnelle longévité de PARACHUTE dans un milieu très compétitif — longévité due à l’enthousiasme des collaborateurs, des lecteurs et à la détermination sans relâche de sa directrice —, la suspension des activités de la revue à ce stade témoigne de la précarité des organismes culturels au Québec et au Canada.

Dans une lettre au lecteur, à paraître dans le numéro PARACHUTE 125 en janvier prochain, Chantal Pontbriand, directrice, écrit:

L’heure est venue de sonner le glas quant à la possibilité de poursuivre l’aventure telle qu’on l’a menée jusqu’ici. La structure économique pour continuer cette entreprise passionnante reliant des acteurs de tous les coins du monde nous fait maintenant gravement défaut. La situation n’a jamais été confortable, mais le retrait persistant de l’État par rapport aux activités de recherche en art contemporain, et la nécessité d’avoir recours au privé dans un pays où le mécénat n’est pas encore très développé dans notre domaine et où il y a peu de galeries privées qui peuvent encore s’y consacrer ne favorisent pas la poursuite de nos activités. Après maints efforts consentis pour contrer la conjoncture, nous sommes ainsi appelés à faire relâche, à reconsidérer la situation afin de trouver d’autres façons de faire. Personnellement, je ne souhaite pas arrêter, étant toujours aussi convaincue de la pertinence de la revue.

Le conseil d’administration et la directrice de PARACHUTE souhaitent remercier chaleureusement tous ceux et celles qui ont contribué au vaste succès de la revue au fil des ans : les membres fondateurs, les membres des équipes successives, les lecteurs, les auteurs, les artistes, les rédacteurs, les correspondants, les graphistes, les réviseurs, les traducteurs, les imprimeurs, les abonnés, les annonceurs, les distributeurs, les donateurs, les collectionneurs et les subventionneurs fédéraux, provinciaux, municipaux et étrangers.

Créée à Montréal et produite en français et en anglais dès le premier numéro, PARACHUTE s’est donné pour mission de s’intéresser aux nouvelles pratiques artistiques transdisciplinaires et multimédiatiques, et de développer un langage critique et théorique propre aux nouvelles orientations de l’art de son temps. Dirigée dès sa fondation par la critique d’art et commissaire d’expositions et d’événements Chantal Pontbriand, PARACHUTE a à son actif plus de trente ans de réalisations dans le domaine de l’art contemporain. Cent-vingt-cinq numéros ont été publiés au rythme de quatre par année et vingt-quatre livres ont été édités. Plusieurs expositions ont été réalisées, dont le commissariat du Pavillon du Canada à la 44e Biennale de Venise (1990), ainsi que des festivals multidisciplinaires internationaux, onze colloques et plusieurs laboratoires de discussion et événements diffusés à Montréal et ailleurs sous le nom de PARAZONES. Avec un tirage oscillant de 4 000 à 5 000 exemplaires, PARACHUTE circule aujourd’hui dans plus de quarante pays et on la retrouve parmi les collections des plus importantes institutions internationales. Plus de 3 000 auteurs de haut niveau ont publié dans la revue, dont des critiques d’art, des philosophes, des chercheurs de toutes disciplines, et des artistes de provenance et de renommée internationales.

Revue de référence sur le plan local et international, les essais publiés dans PARACHUTE sont largement rediffusés et demeurent une source d’information et de réflexion inestimable pour le milieu artistique et le public en général. En 2004, paraissait à La Lettre volée (Bruxelles) l’anthologie Essais choisis 1975-2000 regroupant des textes marquants parus dans la revue depuis ses débuts. Une version anglaise de l’anthologie sera publiée par la Pennsylvania State University Press et Tate Publishing, et encore une autre version par le CENDEAC en Espagne.

PARACHUTE a été sélectionnée par le Documenta 12 Magazine Project parmi quatre-vingts revues qui, sur tous les continents, oeuvrent à mettre en relation la pratique de l’art, le discours théorique et le public. Ces revues participent à la création d’une plateforme Internet sur les axes théoriques et artistiques de la prochaine Documenta (Kassel, été 2007).

PARACHUTE a poussé plus avant la vectorisation des enjeux qui se retrouvent au sein de l’art et du monde contemporains dans ses récents numéros à travers des sujets comme : L’IDÉE DE COMMUNAUTÉ, DÉMOCRATIE, ÉCONOMIE(S), FRONTIÈRES et VIOLENCE. De plus, des numéros ont été consacrés à des villes « d’émergence » telles que MEXICO, BEYROUTH, SHANGHAI et SÃO PAULO. Le numéro PARACHUTE 125 est consacré à LA HAVANE et sera en kiosque en janvier 2007.

POUR RÉAGIR À CETTE NOUVELLE, MERCI D’ÉCRIRE À : halt@parachute.ca.

Source: PARACHUTE, revue d’art contemporain 514.842.9805
Contact médias : Joanne Tremblay 514.842.9805 j.tremblay@parachute.ca.