Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Mes cinq images pour 2006

image Parmi les images qui m'ont frappé en 2006, la première qui s'impose, de loin, est la séquence du coup de boule de Zidane (9 juillet). Une image incroyable, qui n'a pas été donnée d'emblée, il a fallu attendre de longues minutes pour comprendre ce qui s'était alors passé sur le terrain. Pas une image en direct, donc, une information retrouvée a posteriori par le réalisateur, puis diffusée à l'ensemble de la planète, qui nous faisait découvrir à nous, téléspectateurs, en même temps qu'aux commentateurs, ce qui est immédiatement apparu comme la fin de la carrière du plus grand footballeur français. Une réaction de cour de récré, en finale de la coupe du monde, sous mille sunlights et mille objectifs, sous tous les regards du monde. Un geste d'une violence folle, une image incroyable.

image En deuxième position, incontestablement, la vidéo de Bourdieu s'invitant dans le débat des candidats à la présidentielle socialistes, pour donner l'assurance que "Royal est de droite" (29 septembre). Tout a été dit sur l'indélicatesse du procédé - reste qu'il est lui aussi diablement puissant et efficace. L'apparition en spectre de théâtre du maître à penser sur Dailymotion (rencontre aussi bizarre que celle de la machine à coudre et du parapluie entre le sociologue hostile à la télévision et le dernier canal technologique à la mode) a produit un étrange effet de court-circuit du réel. Voix d'outre-tombe, mais avec toute la présence de l'enregistrement, l'espèce de garantie et en même temps l'extrême modernité de la conversation de bistrot à bâtons rompus, tellement web 2.0 - une transparence et une gratuité qui donnait tout son poids au jugement produit. Une séquence en contexte des plus surprenantes et, reconnaissons-le, assez drôle.

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Du journal à l'album: un ancêtre du blog

image Ainsi qu'en témoigne une récente journée d'études à la Bibliothèque nationale de France, la vogue des blogs a rouvert l'intérêt pour les formes historiques de l'expression personnelle. Alors qu'on examine habituellement de façon distincte journal intime, album ou carnet électronique, le hasard d'un destin individuel peut nous confronter à l'expérience du croisement de ces diverses modalités. Un cahier de la fin du XIXe siècle nous convie ainsi à une singulière promenade dans les sinuosités de l'inscription du je(u).

Aux alentours de l'année 1888, une petite fille sage commence son cahier de pensées, exercice traditionnel de l'enfance bourgeoise, orné de ses motifs floraux et autres papillons de couleurs vives à coller en autant d'encadrements improvisés, d'un kitsch aussi délicieux que la nostalgie (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Il y a en nous une secrète malice qui se complaît à découvrir les imperfections de nos frères, note-t-elle. Mais la propriétaire du carnet a une complice, à qui elle fait une place, ainsi que l'usage le permet. Sur la page prêtée par son amie, Yvonne se glisse par l'intermédiaire de deux dessins, l'un d'une hutte de conte de fées, l'autre d'un profil de bouquetin, signés de ses seules initiales. Laquelle des deux a disposé ici pâquerettes et papillons? Impossible de le savoir, mais un dialogue s'est ouvert qui va se poursuivre.

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Conserver la photographie contemporaine

image Faudra-t-il une catastrophe numérique comparable à l'inondation des musées de Florence pour voir progresser avec la même vigueur la réflexion sur la conservation, cette fois des nouveaux supports de l'image photographique? Tel semblait être en filigrane le message des experts réunis à la Maison européenne de la photographie, ce mardi 12 décembre, pour évoquer, d'un point de vue pratique, la conservation de la photographie contemporaine.

L'image est aussi une matière vivante. Ses supports sont tous sujets à des interactions physico-chimiques avec leur environnement, ils sont liés à des normes, à des procédés et à des outils industriels eux-mêmes en évolution constante. La chose était connue pour l'argentique, mais, contrairement aux idées reçues, le numérique n'y échappe pas : il n'est que de voir les inextricables problèmes rencontrés par les archives télévisuelles depuis les premiers enregistrements magnétiques sur bande, en des formats et sur des machines qui de toute façon n'existent plus, pour mesurer ce que risquent nos CDs, nos disques durs et nos teraoctets de RAW, de TIFF ou de JPEG.

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Le daguerréotype, première expérience open source

image Le récit des grandes conquêtes techniques du XIXe siècle s’est longtemps conformé au modèle des découvertes scientifiques. Grâce à François Arago, la photographie a fourni dès 1839 l’un des premiers exemples de ce schéma valorisant. Mais celui-ci impliquait une contrainte: la disparition de toute forme d’intéressement personnel, la dissimulation des potentialités commerciales, l’effacement de la dimension économique. Dans la France post-révolutionnaire, comme le progrès politique, le progrès technique n’était ni une affaire industrielle ni une affaire commerciale, mais une valeur universelle, une res publica qui devait appartenir à tous. C’est en raison de ce statut honorifique que l’historiographie spécialisée, élaborée dès les années 1850, va constamment et systématiquement ignorer les aspects économiques de la pratique photographique. Aujourd’hui encore, les travaux en la matière représentent le parent pauvre de la recherche, loin derrière ceux analysant les multiples facettes de l’économie du cinéma, ce qui contribue à conserver aujourd’hui à l’histoire de la photographie un aspect anachronique.

Pourtant, la question économique joue un rôle crucial dans la constitution de l’histoire du médium au XIXe siècle. Non seulement parce que la photographie, avant de devenir un art, sera d’abord un commerce puis une industrie, mais aussi parce que la définition de la photographie sous les traits de la science aura une influence décisive sur la façon qu’auront ses acteurs d’évaluer leurs mérites respectifs. Des pionniers comme Daguerre, Talbot ou Disdéri verront leur étoile pâlir à partir du moment où leur intervention aura été perçue comme entachée par l’appât du gain, par l’absence de ce noble désintéressement qui devait être la marque des innovateurs en matière photographique. De cette même détermination provient l’essor de la figure des amateurs et la légende de leur rôle décisif dans les progrès du médium.

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Flickr: autour des photos, le jeu de société

Le principe de Marcel Duchamp suivant lequel c'est «le regardeur qui fait le tableau» a été pleinement intégré par les concepteurs de Flickr, bien que la technique et l'ergonomie aient désormais leur mot à dire. Flickr rend tangible le fait que l'art est loin de se résumer à la production et à l'exposition d'images belles, ou intrinsèquement intéressantes. (...) N'en doutons pas, bien plus que le photographe de talent, c'est probablement le bon "flickrnaute" qui est jugé digne d'interestingness.

Par Erwan, Regarder les images/Mainblanche MàJ Iconique.net, 12/12/2006.
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Clément Chéroux, nouveau conservateur du Centre Pompidou

image A compter du 1er janvier 2007, Clément Chéroux occupera le poste de conservateur pour la photographie au Centre Pompidou (MNAM-CCI). Il y remplace Quentin Bajac, qui prendra lui-même la succession d'Alain Sayag à la direction du département. Ancien élève de l'école nationale de la photographie d'Arles, Clément Chéroux s'est orienté vers la recherche historique, d'abord à Paris 8, où il consacre son DEA à la photographie scientifique de la fin du XIXe siècle, puis à l'université de Paris 1, où il soutient en 2004 sa thèse de doctorat d'histoire de l'art, sous la direction de Philippe Dagen, intitulée: Une généalogie des formes récréatives en photographie, 1890-1940. Il sera visiting research fellow à l’université de Princeton puis pensionnaire à l’Académie de France à Rome.

A ce parcours universitaire, Clément Chéroux adjoint une activité nourrie d'organisation d'expositions, parmi lesquelles il faut retenir: "Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d'extermination nazis, 1933-1999" à l'Hôtel de Sully en 2001 (avec Pierre Bonhomme) et "'Le Troisième œil. La photographie et l’occulte" (avec Andreas Fischer), présentée à la Maison européenne de la photographie en 2004 puis au Metropolitan Museum of Art en 2005. Associé à l'aventure de la Société française de photographie, il devient secrétaire de rédaction de la revue Etudes photographiques en 1997, puis rédacteur en chef adjoint depuis 2000. Avec Michel Poivert, il édite entre 2001 et 2004 une collection de monographies de photographes contemporains. Membre fondateur du Lhivic à l'EHESS, il a enseigné l'histoire de la photographie à l’université de Paris 1, Paris 8 et à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, avant d'être élu en 2006 maître-assistant à l'université de Lausanne (pôle histoire des représentations).

Clément Chéroux explore la photographie d'un regard aigu et singulier. Dans Fautographie. Petite histoire de l'erreur photographique (2003), il estimait que c'est dans ses ombres: ses ratés, ses accidents et ses lapsus que la photographie se livre le plus et s'analyse le mieux. Dans son compte rendu de cet ouvrage, Sylvie Aubenas soulignait que ceux qui craignent de voir l'histoire de la photographie peu à peu absorbée par l'histoire de l'art jusqu'à perdre de vue la nature singulière de son objet, ont ici de quoi se rassurer. Nos plus vives félicitations à l'impétrant!

Principaux ouvrages:

  • Le Troisième œil. La photographie et l’occulte (dir.), Paris, Gallimard, 2004 (édition américaine).
  • Fautographie. Petite histoire de l’erreur photographique, Crisnée, Yellow Now, 2003.
  • Mémoire des camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis, 1933-1999 (dir.), Paris, Marval, 2001 (édition italienne et espagnole).

Bibliographie: http://www.lhivic.org/....

Illustration: Fautographie de Clément Chéroux par André Gunthert, université de Princeton, 6 octobre 2005, licence CC.

"Lignes de temps", un logiciel pour l'analyse de films

image Jeudi 7 décembre a été présenté au Centre Pompidou le logiciel Lignes de temps développé à l'initiative de Bernard Stiegler (Institut de Recherche et d'Innovation). Son nom est inspiré de la timeline des logiciels de montage. C'est un outil de repérage extrêmement puissant destiné à l'analyse de films sur support numérique. On dispose du découpage de l'oeuvre séquence par séquence, plan par plan. Ceux-ci peuvent être annotés. Les fonctions du logiciel sont développées au fur et à mesure à la demande de critiques de cinéma qui s'en sont emparés. Il est possible par exemple d'ouvrir deux fenêtres pour comparer les deux séquences successives du même trajet que fait deux fois le même personnage dans Où est la maison de mon ami de Kiarostami. Apparaissent alors les jeux de répétition et de dissemblance. Dans la première séquence le personnage est dans l'image dès le début du plan alors que lors du second trajet il est souvent hors-champ comme si les lieux, que le spectateur désormais connaît, l'attendaient. Il est possible aussi de visionner successivement des épisodes qui interviennent à des moments différents dans le film. Ce que le spectateur perçoit, mais sans pouvoir toujours s'en apercevoir est mis à jour grâce à l'usage de ce logiciel. Une entrée dans le détail du film est ainsi rendue possible. Elle est comparable à l'agrandissement en photographie, qui révèle, comme nous l'a appris Blow up, ce qui était présent mais imperceptible à une autre échelle. En indiquant sur une ligne de temps la présence d'un personnage, en y faisant figurer l'occurrence de tel ou tel dispositif formel, il devient possible de saisir quelles sont les structures du film.

Outil d'analyse, Lignes de temps se veut aussi un outil de rendu, c'est-à-dire de présentation d'une analyse critique réalisée sur un film. Jusqu'à présent, les critiques écrivaient, ils écriront toujours sans doute, il leur est possible d'insérer toutes sortes d'annotations. Mais l'outil qui permet au lecteur d'une interprétation de voir les parallèles, d'appréhender les dispositifs formels et leur organisation procurent à ces critiques, aux cercles d'amateurs, d'autres ressources sans doute extrêmement fécondes.

La présidentielle, élixir de jouvence

Alors que, dans certains cas de disparitions, les services de police ont recours à des logiciels qui simulent le vieillissement, la campagne présidentielle est l'occasion pour plusieurs candidats d'expérimenter la machine à rajeunir. Dans un contexte où les deux principaux protagonistes sont de fringants quinquagénaires piaffant à l'idée d'entamer leur premier tour de piste, la compétition paraît ardue pour les deux vétérans: Arlette Laguiller, 67 ans, et Jean-Marie Le Pen, 78 ans, déjà présents en 1974, à l'ère paléozoïco-giscardienne, qui entament leur sixième match.

Qu'à cela ne tienne, avec leurs nouvelles affiches, les deux candidats contredisent le discours selon lequel l'âge ne fait rien à l'affaire et ont au contraire demandé à la photographie un sérieux coup de pouce. Côté Lutte ouvrière, le trucage est simple et économique: on reprend le portrait de la présidentielle de 2002, déjà plus de la première fraîcheur à l'époque, on demande à Photoshop un petit coup d'atténuation supplémentaire, et le tour est joué. L'image jouxte l'adverbe "sincèrement", avec lequel elle jure un peu, mais on ne va pas s'arrêter à de si minces détails.

Au Front national, la mise en scène est plus complexe. Entraînant en une souriante farandole les six acteurs de la campagne d'affichage "Droite/gauche, ils ont tout cassé", Jean-Marie Le Pen vise, de l'aveu même de sa fille Marine, responsable stratégique de la campagne, le rajeunissement. Cette prise de vue en studio à l'éclairage savamment dosé a fait l'objet d'une retouche attentive. La dynamique de l'image et sa chromogénie apaisante cherchent leur inspiration du côté de la série des "Martine", célèbres albums de Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, qui forment assurément un gage de jouvence. Mais la photographie ne peut truquer que les apparences. Malgré ces images lénifiantes qui ne rassurent que les candidats, on devine que la tâche va cette fois être rude pour les seniors de la présidentielle.

When the Enemy is Unclear

A signaler, dans le cadre du séminaire du Centre d'études nord-américaines (CENA), la communication de Virginia Dominguez, professeur d'anthropologie à l'université d'Iowa:
When the Enemy is Unclear: US Censuses and Photographs of Cuba, Puerto Rico, and The Philippines from The Beginning of The 20th Century
Mardi 12 décembre 2006, 16h-18h, EHESS, salle 12, 105 bd Raspail, 75006 Paris.

Cherchez l'erreur...

A Libé, on ne dit pas web, mais "ouèbe", on ne dit pas blog, mais "bloug", avec force guillemets, pour bien montrer le sérieux de l'affaire et la manière de manipuler ces outils salissants. Et quand on consacre la page "portrait" à un blogueur, c'est évidemment de Loïc Le Meur qu'il s'agit (là, pour faire comme à Libé, je ne vais pas mettre le lien, vous n'avez qu'à lire le vrai numéro du journal qui tache ce matin...).

(D'accord, ce n'est pas bien de tirer sur les ambulances mais: 1) et d'une, ça va tout de même être difficile pour Schneidermann de porter sur son dos toute la bloguitude à Libé; 2) quand on relira cette note dans un an ou deux, elle participera de la description d'une ambiance qui est la nôtre aujourd'hui: ce drôle de match de catch des Anciens contre les Modernes, dont Libération est un des théâtres exemplaires - et dont j'ai parfois l'impression, en relisant les oeuvrettes complètes de l'impayable Marcelle, qu'il se niche derrière une phrase sur deux.)

Un chercheur et son blog

image J'annonçais récemment mon intention de rédiger un compte rendu de la première année de fonctionnement d'Actualités de la recherche en histoire visuelle (ARHV). Le hasard faisant bien les choses, l'Observatoire critique se proposait au même moment de me soumettre à la question. Cet entretien, à lire dans les colonnes de notre confrère, fera donc office de bilan. Avec mes remerciements à Corinne Welger-Barboza pour son attentive patience.

  • Référence: "J’expérimente par immersion", entretien avec André Gunthert (propos recueillis par Corinne Welger-Barboza), Observatoire critique des ressources numériques en histoire de l'art et archéologie, 9/12/2006.

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Rapport britannique sur la propriété intellectuelle: une réforme nécessaire

C’est le 6 décembre qu’a été rendu public le rapport Gowers sur la propriété intellectuelle, rédigé à la demande de l’échiquier britannique. Il s’intéresse à l’état de la législation sur la propriété intellectuelle à l’ère du numérique. Il traite à la fois des questions de droit pénal, de concurrence et de la défense des libertés individuelles. (...) Contrairement au texte français, le rapport Gowers rappelle que la propriété intellectuelle est d’abord une balance. Que ce n’est pas un dogme, mais un mécanisme juridique chargé de créer un rapport équitable entre les intérêts des créateurs et ceux du public.

Par Jean-Baptiste Soufron, Betapolitique, 9/12/2006.
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Pourquoi "Flickr"?

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La question taraude les fans de la plus célèbre plate-forme de partage d'images. Pourquoi Flickr s'appelle-t'il "Flickr"? La réponse est enfin donnée dans une interview des deux co-fondateurs, Stewart Butterfield et Caterina Fake, qui relatent les premiers pas de l'aventure:
Ben was saying, "Oh, but it's like, you know, like, kind of like if you see the flickering of the metaverse…" And we're like, "flicker!" We tried to get "flicker" with an e, but the guy who had the Web domain wasn't willing to give it up.

- Flicker: 1 vi (flames, light) danser, (before going out) trembloter, vaciller (...). 3 vt to ~ one's eyelid battre des cils.
- Flickering: adj. qui tremble; dansant, vacillant, clignotant. (dictionnaire Robert & Collins)

Source: "How We Did It: Stewart Butterfield and Caterina Fake, Co-founders, Flickr" (propos recueillis par Michael Fitzgerald), Inc.com, 1er decembre 2006.

Illustration: "Cross-stitch Flickr", photographie digitale Wardi (Carina Envoldsen), 9/06/2006, Flickr, licence CC.

Dix-neuf daguerréotypes inédits dans les collections de la Bibliothèque polonaise de Paris

image Conférence: Miroir de visages, visages de miroir. Les daguerréotypes dans les collections de la Bibliothèque polonaise
Par Małgorzata Grąbczewska, historienne d'art
Bibliothèque Polonaise de Paris, 6 quai d’Orléans, 75004 Paris (M° Pont-Marie)
Samedi 9 décembre 2006, 15h-16.

Cette conférence présentera les dix-neuf daguerréotypes inédits découverts dans les collections de la Bibliothèque polonaise de Paris. L'idée de la création d’une collection de photographies au sein de la bibliothèque apparaît dès avant la guerre. Mais ce n’est que récemment que le véritable travail de constitution a commencé. Une première phase, consacrée à la restauration des daguerréotypes, sous la direction de Jérôme Monnier, maître de conférences à l’INP, s'est achevée en janvier 2006. Il est temps à présent de faire découvrir cette collection.

Cet ensemble de dix-neuf oeuvres est une découverte importante pour l’histoire de la photographie et l’histoire de l’émigration polonaise en France. Plusieurs d'entre eux ont été réalisés par des photographes français, dont deux proviennent du premier atelier de Louis-Auguste Bisson. Il s'agit de portraits de grands hommes polonais (par exemple le poète romantique Adam Mickiewicz, sa femme Celina, le général Wojciech Chrzanowski, cartographe fameux ou encore Aleksander Grabowski, un docteur renommé de Dijon), ainsi que des personnages aujourd’hui anonymes. Pour le public français, l’image probablement la plus intéressante est le portrait de l’historien Jules Michelet, photographié à Paris en 1847 (voir illustration).

Cette conférence est la première présentation des trésors photographiques de la Bibliothèque polonaise de Paris. Elle pose des problèmes nouveaux pour ce lieu traditionnellement orienté vers la recherche. Le nombre important d’étiquettes et de traces conservées avec les daguerréotypes donne de l’espoir pour retrouver les identités des photographes et d'en apprendre davantage sur les débuts de la photographie.

The Image on the Wall: Prints as Decoration in Nineteenth-Century Interiors

image In the nineteenth century, the production of prints became an industry. Manufactured and available everywhere but in the remotest parts of the world, prints constituted an affordable commodity (...). Cheap lithographs, expensive line engravings, photographs, and photomechanical impressions - there was a picture for everybody. As intense as was the conflict between printmakers and photographers in the second half of the nineteenth century within the art world, it is doubtful that the general public paid much attention to the techniques used to make reproductions. Nowadays, these images are seen either as documentation of lost paintings or vestiges of an old-fashioned art form, the reproductive print. They also appear to cultural historians as symptoms of the media explosion of the second half of the nineteenth century, which relied heavily on the advent of photography and printing processes derived from it. Rarely are they thought of in the context for which they were actually created: the decoration of interiors.

Par Pierre-Lin Renié, Nineteenth-Century Art Worldwide, vol. 5, # 2, Autumn 2006.
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