Thèses: qui va rapporter les félicitations?
Par André Gunthert, vendredi 17 novembre 2006 à 09:40 (982, permalink, rss co) :: Enseignement
Les premières soutenances de la rentrée ont donné l'occasion aux jurys de thèse d'expérimenter les nouvelles dispositions régissant le doctorat, discrètement introduites au cours de l'été par l'arrêté du 7 août 2006 (NOR : MENS0602083A). Les principales évolutions figurent aux articles 20 et 21. L'article 20 introduit une modification bienvenue dans le régime des mentions. Dans la période récente, une thèse exécrable était rituellement saluée par la mention "très bien", devenue le lot commun de tous les doctorats, et n'était reconnaissable pour un oeil exercé qu'à l'absence des félicitations du jury. Poursuivant la course à la complaisance entretenue par l'institution académique, cette évaluation autrefois exceptionnelle était elle aussi en train de s'étendre à l'ensemble des thèses, noyant toute capacité de distinguer le meilleur du médiocre. Un légiste bien inspiré a trouvé une façon efficace de freiner cette dérive, en subordonnant l'attribution des félicitations à l'unanimité du jury, manifestée par un vote à bulletin secret, et surtout à l'obligation pour le président de rédiger un rapport supplémentaire justifiant de l'excellence de la thèse. Il y a fort à parier que cette contrainte, plus encore que l'indication ministérielle, tende à restituer aux félicitations leur caractère exceptionnel.
L'article 21, portant sur “les conditions de dépôt, de signalement, de diffusion et d’archivage, notamment par voie électronique”, renvoie à un second arrêté pris le même jour (NOR : MENS0602085A). Celui-ci établit (titre III, article 8) l'autorisation de déposer une thèse “sous forme électronique, selon les prescriptions de l’établissement de soutenance”. Précision caractéristique d'une période de transition, l'article prévoit que le candidat “fournit en outre des exemplaires sur support papier destinés aux membres du jury lorsque l’établissement n’assure pas lui-même l’impression de la thèse à partir du support numérique”. Le dépôt électronique entraîne l'obligation de renseigner, avec l'aide des services documentaires de l'établissement, un bordereau électronique comportant “les métadonnées nécessaires à la description, la gestion, la diffusion et l’archivage de la thèse”, conformes à la recommandation TEF (thèses électroniques françaises), au format XML. On ne saurait trop conseiller aux doctorants de se familiariser dès à présent avec ces nouveaux outils descriptifs, qui seront demain les clés indispensables de la consultation en ligne de leur travail. Peu commentées, ces dispositions constituent une vraie révolution: l'introduction officielle de la thèse sur support électronique, une mise au normes appuyée sur les pratiques scientifiques internationales les plus avancées, ainsi qu'un encouragement clair à la libre diffusion des doctorats sur les dépôts d'archives OAI, comme Hal-SHS.


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