• À l'est de Walbrzych (DVDH-755), Max Hureau. Agat films & cie, 2004, 57 min.

Entrepris à partir d'un long voyage autour de la mine, depuis celle de Rybnik en Pologne jusque dans l'immense bassin houiller du Kouzbass en Sibérie centrale, le film mélange avec une rare inventivité formelle, les images animées aux photographies prises lors d'un premier voyage. Au fur et à mesure du voyage vers l'Est, les conditions de travail et de vie se dégradent. En Ukraine, dans la région du Donbass, les mineurs sont payés avec du pain et des conserves mais continuent malgré tout à descendre dans la mine ; en Sibérie, la mafia contrôle le bassin minier et les syndicats n'existent plus. Mention spéciale au festival Visions du réel 2005.

  • Alexandre Soljenitsyne (docu-1000), Pierre-André Boutang et Annie Chevallay. On line productions, 2005, 59 min.

Six ans seulement après le XXe congrès du Parti communiste soviétique au cours duquel Nikita Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline, un jeune écrivain inconnu publie en 1962, avec l'autorisation de Khrouchtchev en personne, un récit dévoilant publiquement l'enfer des camps: Une journée d'Ivan Denissovitch. Soljenitsyne, après huit années passées en prison, devient célèbre du jour au lendemain. Mais l'espoir d'une détente internationale amorcé lors du congrès du parti, s'effondre et le long duel avec les autorités soviétiques commence. Jusqu'à son bannissement en 1974, Soljenitsyne passe courageusement de la clandestinité à la contre-attaque, sans jamais cesser d'écrire.

  • Atomium in/out (docu-1001), Marie-Françoise Plissart. Michel de Wouters production, 2006, 24 min.

L'Atomium, une molécule de fer agrandie 165 milliards de fois, devait représenter le futur de la science, le temps de l'exposition universelle de 1958 à Bruxelles. Devenu le symbole de la ville, sa rénovation est un moment unique pour décortiquer l'édifice et tenter de comprendre pourquoi il a tant marqué l'imaginaire collectif. De minuscules hommes, suspendus à la la gigantesque structure accomplissent leur travail de précision pour restaurer chaque constituant de sa matière. Leur silhouette fragile et évanescente nous fait réfléchir sur la place de l'homme dans l'univers et sur la complexité de l'organisation du vivant.

  • Les autres hommes (docu-1002), Michel Viotte. Tetramedia, 2006, 85 min.

L'histoire édifiante du regard occidental porté sur l'altérité du "primitif", depuis le mythe du "bon sauvage" jusqu'aux travaux des ethnologues et des anthropologues contemporains. «Il s'agit de nous pencher avec lucidité sur une histoire récente, la nôtre, et de relier les événements entre eux pour mesurer quelle fut l'arrogance du monde occidental, pour comprendre notre responsabilité dans l'équilibre d'un monde que nous savons désormais nécessairement pluriel» (Michel Viotte).

  • Bagdad, la section White (docu-1003), Yuri Maldavsky, Timothy Grucza. Compagnie des phares et balises, 2003, 52 min.

«Nous avons passé plusieurs mois dans le sud de Bagdad en compagnie de la section White de la 17ème division de cavalerie de l'armée américaine. Avec deux caméras, nous les avons filmés tout au long de leur mission, jusqu'à leur retour dans leurs familles au Texas. Nous livrons ici un portrait intime de la guerre en Irak et des hommes derrière les soldats. Les quatre soldats de la section Anderson sont les personnages principaux de ce film. C'est leur histoire que l'on raconte ici, mais ce pourrait être celle des 140.000 autres soldats actuellement en poste en Irak. (...) De jeunes soldats enthousiastes, ils sont devenus vétérans de guerre, endurcis et cyniques : ces hommes ne seront plus jamais comme avant» (Yuri Maldavsky, Timothy Grucza et Lizi Gelber).

  • Le brahmane du Komintern (docu-1004), Vladimir Léon. Institut national de l'audiovisuel, 2006, 128 min.

Vladimir Léon traque à la manière d'un orpailleur, M. N. Roy, le mystérieux aventurier révolutionnaire du Bengale. Indépendantiste dans l'Inde coloniale à 14 ans, marxiste et fondateur du parti communiste dans le Mexique insurrectionnel de 1917, délégué puis membre du présidium de l'Internationale, il est bientôt envoyé en Chine comme "spécialiste" des questions coloniales. Après son exclusion de l'organisation, son destin politique le transporte en Allemagne où il devient militant anti-nazi. À son retour en Inde, il s'engage aux côtés du parti de Gandhi puis fonde son propre mouvement battu aux premières élections de l'Inde indépendante en 1947. Plus qu'une pensée moderne et radicale, Roy incarne une posture aujourd'hui presque révolue, celle de l'idéalisme en politique. « Les combats qui furent ceux de M. N. Roy, rêvant d'une humanité émancipée, qu'ils aient été perdus ou non, oubliés ou pas, réclament toujours de nouveaux combattants. » (Vladimir Léon). Prix du Groupement national des cinémas de recherche au Festival international du documentaire de Marseille 2006.

  • Buren et le Guggenheim (DVDH-801), Stan Neumann. Les poissons volants, 2005, 52 min.

En mars 2005, le musée Guggenheim à New York, décide de consacrer une nouvelle exposition à Daniel Buren en lui donnant carte blanche pour réinterpréter à sa guise le bâtiment du musée, dernière oeuvre de l'architecte Frank Lloyd Wright. Buren s'empare des espaces du musée, les transforme par ses interventions, tantôt si lourdes qu'il faut en confier l'éxécution à des ouvriers spécialisés, tantôt si légères qu'un nuage suffit à les faire disparaître. Résolu à créer des ruptures pour bouleverser la perception de l'espace du musée, l'artiste construit son intervention in situ avec un art consommé de la désorientation, allant à l'encontre de nos habitudes perceptives jusqu'à bousculer notre manière de définir une oeuvre.

  • Deux soeurs (docu-1005), Jasna Krajinovic. Agat films & cie, 2005, 57 min.

Les bombes et les mines anti-personnelles de l'Otan et de l'armée fédérale yougoslave balisent encore la frontière montagneuse entre le Kosovo et l'Albanie. Chaque année, des dizaines d'accidents mettent en péril la vie des populations qui doivent poursuivre elle-mêmes le travail de déminage. Violetta et Vyollca nettoient et libèrent les champs et les chemins qu'empruntent paysans et villageois. Leur relation unique et émouvante, filmée avec une remarquable justesse, leur permet de surmonter la peur de la mort et de garder intacts leur courage et leur vitalité.

  • Du shtetl à Broadway (docu-1006), Fabienne Rousso-Lenoir. Artline films, 2004, 56 min.

Les héros de cette odyssée s'appellent Irving Berlin, George Gershwin, Benny Goodman, Al Jolson ou les Marx Brothers. Ils viennent à l'origine des ghettos et des villages de l'Europe orientale. Arrivés sur un continent dont ils ignorent presque tout, ils bâtiront sur mesure un rêve américain où la musique sera leur moyen de communication pour inventer une communauté idéale où chacun dispose des mêmes chances. Ce rêve, les artistes juifs l'expriment sur les pages des partitions, sur les planches ou au cinéma. À Broadway, à Tin Pan Alley ou à Hollywood, l'émotion et l'humour forcent les portes de l'Amérique anglo-saxonne pour les ouvrir toutes grandes à d'autres influences. Construit entièrement à partir d'images d'archives, ce périple musical raconte une extraordinaire métamorphose culturelle, celle de la mélodie traditionnelle à la chanson populaire, du théâtre yiddish à la comédie musicale, du klezmer au ragtime.

  • Du soleil en hiver (docu-1007), Samuel Collardey. La Fémis, 2005, 17 min.

Michel, éleveur en Franche-Comté, profite du calme de l'hiver pour passer du temps avec son jeune apprenti Francis. Attentif à l'innocence facétieuse des deux protagonistes et à leur complicité au travail, le réalisateur fait émerger à partir d'une réalité familiale âpre et difficile, un conte touchant sur l'amitié et la transmission du savoir, à la croisée des genres: entre travail documentaire et court-métrage de fiction. Prix SACD à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2005.

  • Exit: le droit de mourir (DVDH-806), Fernand Melgar. Climage, 2004, 85 min.

L'association Exit Romandie est un petit groupe de bénévoles, dont l'activité est unique au monde. En effet, la Suisse est le seul pays au monde à autoriser l'accompagnement des malades incurables et des handicapés vers une mort qu'ils jugent digne. Deux ans d'immersion dans le quotidien des accompagnateurs ont permis à Fernand Melgar de construire dans la plus stricte sobriété, un documentaire inattaquable tant sur le plan éthique que formel.

  • Il fare politica: chronique de la Toscane rouge (DVDH-759), Hugues Le Paige. Dérives, Lapsus, 2004, 85 min.

«Fabiana, Carlo, Claudio et Vincenzo. Je les ai rencontrés en 1982 à Mercatale, leur village de Toscane, proche de Florence. Ils avaient entre 25 et 45 ans et étaient des militants heureux du Parti communiste italien, cet étrange parti qui a marqué l'histoire et qui pour eux était aussi une école et une famille. Pendant plus de vingt années (1982-2004), j'ai tourné à Mercatale tous les deux ou trois ans. À travers la vie du village, le film retrace sur le "temps long" leur évolution politique et personnelle. Histoires humaines et politiques étalées sur un quart de siècle mais aussi questionnement sur le temps présent: que sont devenus les projets de changer le monde dans l'Italie de Berlusconi? Plus universellement: que peut encore la politique? Au moment du bilan, les trajectoires personnelles riches et différentes se rejoignent à la fois dans le doute et la fidélité.» (Hugues Le Paige)

  • Femmes précaires (docu-1009), Marcel Trillat. V.L.R. productions, 2005, 80 min.

Marcel Trillat clôt avec Femmes précaires sa trilogie consacrée au monde du travail. Jo, Zounika, Danielle, Agnès et Muriel témoignent de leur quotidien au travail et à la maison. «En y réfléchissant, on s'est rendu compte que le secteur du salariat payé en dessous du SMIG était en train de se développer. C'est le travail à temps partiel imposé qui compte un nombre très important de travailleurs, soit environ 3 600 000 personnes dont 80 % sont des femmes. (...) J'essaie de tourner les choses pour faire du bien à ceux que je filme. À rebours de beaucoup d'émissions actuelles, leur intimité est respectée et tout est fait pour qu'ils se sentent valorisés.» (Marcel Trillat).

  • Gérard Garouste, le passeur (DVDH-802), Joël Calmettes. Chiloé production, 2005, 52 min.

Pendant plus de deux ans, Joël Calmettes est allé à la rencontre de Gérard Garouste dans l'intimité de son atelier de Marcilly-sur-Eure. Cette rencontre est devenue une chronique : celle de la genèse d'un nouveau cycle de production. Du vernissage de son exposition à la galerie Templon jusqu'au départ des toiles de l'atelier des mois après, l'occasion est unique de découvrir l'univers fascinant d'un peintre moderne qui puise son inspiration aux racines de la peinture et de la littérature classique ; l'occasion également de mesurer l'engagement d'un homme qui combat sans relâche l'académisme pictural.

  • Grèves à la chaîne (docu-1010), Thierry Nouel. Agat films & cie, 2006, 135 min.

L'image est brute: la caméra est embarquée aux côtés des personnels en grève sur le terrain des manifestations et des assemblées générales. Sa présence s'inscrit dans la durée depuis le mouvement de 1997 à France 3 jusqu'à celui de 2002 dans le nouveau siège social du groupe France télévisions. Au-delà de la question de l'audiovisuel public, le film décortique patiemment le fonctionnement de la représentation syndicale et les négociations difficiles avec les directions de chaînes pour aboutir à un questionnement plus général sur les fondements de la démocratie participative.

  • Hollywood, le règne des séries (docu-1011), Olivier Joyard et Loïc Prigent, 2004, 50 min.

La réputation des séries télévisées a grandi au point d'avoir quasiment remplacé le cinéma à la télévision. Le règne des séries s'attache à éclairer la nouvelle donne économique que constitue ce nouvel Eldorado. Comment produire un projet à travers les multiples obstacles de l'industrie? Comment le câble at-il rendu la télévision plus audacieuse ? Qui sont les scénaristes et comment travaillent-ils? Censées évoluer au plus près des préoccupations quotidiennes du spectateur, les séries télévisées sont, selon leurs auteurs, les seules à pouvoir aujourd'hui raconter les histoires qui ont fait la réputation du cinéma hollywoodien.

  • Les hommes (docu-1012), Ariane Michel. Love streams agnès b. productions, 2006, 95 min.

La glace, les pierres et les rares animaux du Groënland se fondent dans un paysage minéral et immuable, seulement émaillé par le passage de scientifiques lointains venus les étudier. «Ariane Michel fait, comme Ponge, le pari du parti pris des choses, de leur opacité, de leur archaïsme, de leur beauté aussi. Film animalier si l'on veut, mais pour mieux guetter les traces d'une humanité à laquelle on aurait refusé toute évidence.» (Jean-Pierre Rehm). Grand prix de la compétition française au Festival international du documentaire de Marseille 2006.

  • Il était une fois la Côte d'Ivoire (docu-1013), Julien Suaudeau. Agat films & cie, 2005, 52 min.

À la mort du "vieux", le président Felix Houphouët-Boigny en 1993, quatre hommes politiques convoitent sa succession en Côte d'Ivoire. Les trois protagonistes encore vivants exposent sans détour leur point de vue sur l'engrenage politique qui va mener le pays à la guerre civile. Le film démontre à l'aide d'exceptionnelles images d'archives ivoiriennes, à quel point cette histoire postcoloniale est le fruit de la prédation de ces dirigeants et leur refus de céder le pouvoir dans un cadre démocratique.

  • Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (docu-1014), Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau. Alter ego films, ADR productions, 2005, 76 min.

Lors de consultations individualisées, des médecins reçoivent des hommes et des femmes malades de leur travail. Ces entretiens en face-à-face permettent aux patients de livrer leurs angoisses et aux médecins de les aider progressivement à les surmonter. «Les cinéastes recueillent cette parole dans sa durée avec une sobriété exemplaire: la caméra est posée sur un pied. Et en plaçant souvent à équidistance, dans une même valeur de plan, patients, cliniciens et spectateurs, la fixité du cadre crée un espace stable où une relation est possible.» (Emmanuel Chicon).

  • Irak, quand les soldats meurent (docu-1015), Jean-Paul Mari et Eyal Sivan. Compagnie des phares et balises, 2006, 55 min.

À Washington, pour protester contre le secret entourant les soldats morts au combat, deux cents artistes ont entrepris d'exposer sur un mur de la mémoire, le portrait de chacune des recrues tuées en Irak. Leurs visages immobiles rythment le parcours de Jean-Paul Mari et Eyal Sivan à la rencontre des familles endeuillées par une guerre dont elles ne questionnaient pas la légitimité trois ans plus tôt. Le doute, la confusion, la lassitude ou la révolte étreignent et nourrissent le questionnement de ces citoyens, à l'instar d'une partie croissante de l'opinion publique américaine.

  • Les Messieurs (docu-1016), Patric Chiha. Kinoko films, 2005, 52 min.

La Maison des artistes de l'hôpital psychiatrique de Gugging près de Vienne, héberge quatorze messieurs dont les textes témoignent au quotidien de leur rapport au monde. «Ce qui me touche là-bas, (...) c'est ce combat quotidien entre une volonté de maîtriser le monde et le dépit de ne pas trouver les mots ou la pensée pour le maîtriser. J'essaye de suggérer cela dans la forme du film par une mise en rapport entre textes et vie quotidienne. (...) Évidemment, la structure du texte échappe. Parfois elle se dessine mais elle ne se termine pas, il n'y a jamais de causalité, elle rentre dans l'obscurité. (...) Au début du film, un homme range son bureau méthodiquement avant de se mettre à peindre: il faut tenir la table pour pouvoir tenir le cerveau. Je fais la même chose avant de me mettre au travail. Cet effort, je le reconnais.» (Patric Chiha).

  • Odessa, Odessa! (DVDH-763), Michale Boganim. Moby dick films, 2005, 94 min.

«Odessa fait partie de ces lieux aux noms incantatoires, ville mythique qui fut entre autres le berceau de la culture yiddish, un de ces lieux que l'on porte en soi bien avant de s'y être rendu. (...) En lisant les nouvelles d'Isaac Babel qui se passent à Odessa, j'ai découvert l'exubérance et l'humour de ses habitants. La première partie du film s'attache à cette communauté d'origine et montre ce qu'est devenue la ville aujourd'hui. Elle était somptueuse et cosmopolite, mais sa beauté est désormais fanée et la vie même s'en éloigne, de même que la communauté juive ne se réduit plus qu'à quelques personnes. Sur les pas de ceux qui ont quitté la ville, je suis arrivée à Little Odessa à New York et à Ashdod en Israël. Dans ces deux endroits, plutôt que de s'adapter à leur nouveau lieu de vie, les immigrants n'ont eu de cesse de recréer une Odessa imaginaire.» (Michale Boganim).

  • Profils paysans: l'approche; le quotidien (DVDH-803), Raymond Depardon. Palmeraie & Désert, 2001-2004, 93 et 85 min.

«Je filme des gens qui vivent dans un autre monde, et qui sont devenus une minorité. Après plusieurs années de repérages, c'est dans la moyenne montagne que j'ai trouvé les personnes les plus isolées. Ce sont elles qui nous ont le plus touchés. Elles n'apparaissent pas dans les statistiques, les organisations agricoles les ont oubliées parce qu'elles ne sont pas suffisamment représentatives. Il faut donner la parole à des timides, à des silencieux. Il ne faut pas entendre que les bavards, les grandes gueules et ceux qui ont le bagout. Il faut aussi filmer ceux qui sont peut-être un peu moins sympathiques, plus méfiants, des personnes âgées, très âgées qui ont une vraie personnalité, une vraie nature ou des jeunes pleins d'énergie déterminés à faire leur métier sans idéologie néo-rurale.» (Raymond Depardon)

  • Saddam Hussein: histoire d'un procès annoncé (docu-1017), Jean-Pierre Krief. KS visions, 2005, 95 min.

«Génocide, crime contre l'humanité, crime de guerre... Saddam Hussein est un tyran, encore faut-il prouver qu'il est responsable, par exemple, du gazage des Kurdes d'Halabja en 1988 ou du massacre des 143 habitants du village chiite de Dujaïl. (...) Dès sa première audition où on lui notifie certaines des charges retenues contre lui, Saddam Hussein donne le ton de sa défense. Il est le président du pays et à ce titre n'a pas à répondre de ses actes devant un tribunal, encore moins quand cette instance a été constituée par l'envahisseur américain. Le documentaire nous entraîne dans la complexité inextricable de la préparation du procès. La constitution même du tribunal, sa nature, ses règles, le choix des juges la dépendance du processus vis-à-vis du pouvoir américain tout est sujet à débat. Dans cet imbroglio, se battent des gens déterminés à ce que justice soit faite.» (Danièle Ohayon).

  • Service public (DVDH-807), Gilles Balbastre. Point du jour, 2006, 3x56 min.

Gilles Balbastre examine tous les ressorts de la dérégulation des services publics français à travers l'exemple de la Poste, de la SNCF et d'EDF. Directions, salariés et usagers témoignent, pour les uns, des choix opérationnels et pour les autres, des conséquences sur les conditions de travail et sur le service rendu à l'usager. Cette politique impulsée par les instances européennes marque la volonté d'étendre le champ de la concurrence sur les marchés nationaux, qu'il s'agisse des transports ferroviaires, des services postaux, de l'énergie ou des télécommunications.

  • Sur les routes du coton (DVDH-800), Joël Calmettes. Chiloé production, 2005, 85 min.

«Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. Depuis des années, quelque chose me disait qu'en suivant les chemins du coton, de l'agriculture à l'industrie textile en passant par la biochimie, du Mali, en Chine via les États-Unis, l'Égypte, l'Asie centrale et la vallée de la Vologne (dans les Vosges), je comprendrais mieux ma planète. Les résultats de la longue enquête ont dépassé mes espérances. Pour comprendre les mondialisations, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. Sans doute parce qu'il n'est pas fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette.» (Eric Orsenna).

  • Tweety lovely superstar (docu-1018), Emmanuel Gras. Keen film, 2005, 18 min.

Des ouvriers juchés sur un immeuble d'un quartier de Beyrouth, le détruise méthodiquement à coups de masse. Ces travailleurs imperturbables sont comme des funambules improvisés qui redessinent à chaque instant un équilibre précaire toujours remis en cause par la lente et violente démolition. Au-delà d'une rigoureuse partition d'images et de sons, les travailleurs donnent parfois l'impression de scier la branche sur laquelle ils sont perchés, comme la métaphore originale d'une certaine réalité sociale.

  • A verdade do gato: la part du chat (docu-1019), Jérémy Hamers. Trikolon productions, 2006, 52 min.

Comme tant d'autres, Carmo do Rio Verde au Brésil, est un village qui vit de l'exploitation de la canne à sucre, destinée à la fabrication du bioéthanol, un carburant écologique. Des centaines de saisonniers sont recrutés chaque année par « le Chat ». Aucun des travailleurs ne se distingue des autres, tous pourraient être Tiao dont les lettres qu'il adresse à sa femme constituent la trame narrative du film. Le programme de la journée est immuable. Sous l'_il du contremaître tout puissant et pour un salaire de misère, ils sarclent la canne sous une chaleur accablante. «D'un point de vue esthétique, le spectacle de ces champs qui brûlent m'attirait beaucoup. Les images du feu viennent renforcer la violence du travail et rendent l'exploitation visible; les hommes sont couverts de suie, travaillent dans les cendres.» (Jérémy Hamers).

  • Le voyage des femmes de Zartalé (docu-1020), Claude Mouriéras. Novaprod-Owl, 2005, 90 min.

«Aveugle, sourde et muette». Pour Sarah, voilà à quoi est réduite la femme afghane. Comme la plupart des femmes de son village, Sarah est tuberculeuse. Nous avons suivi pas à pas, dans leurs peurs et leurs joies, ces femmes qui, partant de villages perdus dans les hautes montagnes de la province de Ghorr, descendent dans la vallée. Aller à l'hôpital, c'est quitter pour la première fois le village, s'éloigner des remèdes dispensés par le Mollah-guérisseur du village, pour s'aventurer dans un monde moderne où on affirme que les pilules et les piqûres sont plus efficaces que la volonté de Dieu. Mais c'est aussi une expérience communautaire fondamentale: pour la première fois de leur vie et peut-être la dernière, elles peuvent parler librement avec d'autres femmes, confronter leurs situations, prendre conscience qu'elles aussi, elles ont des droits. A la fin de son séjour, quand elle repart guérie, Sarah promet que si Dieu la laisse en vie, elle mettra sa fille à l'école.» (Claude Mouriéras). FIPA d'argent Documentaire de création 2006.

La bibliothèque d'étude de la BnF (Haut-de-jardin) offre 60 postes de consultation audiovisuels en salle B, ainsi qu'en salles C, D, G, et J.
Tarifs: carte 1 journée : 3.30 €, carte 15 jours : 20 €, carte annuelle : 35 € / tarif réduit : 18 €.
Horaires: du mardi au samedi de 10h à 19h ; le dimanche de 13h à 19h.

Ce programme a été rendu possible grâce au soutien de: Agat films & cie, Alter ego films, Arte France, Artline Films, Chiloé production, Climage, Compagnie des phares et balises, Dérives, la Fémis, Institut national de l'audiovisuel, Keen film, KS visions, Lapsus, Love streams productions, Michel de Wouters production, Moby dick films, Novaprod-Owl, On line productions, Palmeraie & Désert, Point du jour, les Poissants volants, Tetramedia, Trikolon productions, V.L.R. productions.