Les mérites évidents des restaurations filmiques - que je ne désire pas tant contester dans les pages qui suivent, mais plutôt tenter d'en éclairer les soubassements idéologiques et souligner certaines de ses dérives - empêchent souvent de percevoir certaines erreurs de principe sur lesquelles elles se fondent, et qui ont trait à la singularité historique de la production et de la réception des œuvres. Sur bien des points la restauration des films appelle des analogies avec la restauration des monuments et des tableaux: qu'il s'agisse d'un film de 1920, de telle basilique, de telle toile, la restauration viserait à restituer une expérience perdue, à représenter une œuvre telle qu'elle a été au moment de sa création, tels qu'elle a été vue par les premiers spectateurs-visiteurs. On pourrait signaler que cette position "idéale" néglige un certain nombre de données fondamentales...

Source: André Habib, Hors Champ, 15/10/2006.
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