Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Le parti socialiste est sur Flickr

image Prompts à signaler l'éclosion des blogs de personnalités politiques, les commentateurs spécialisés ont-ils remarqué que cette soudaine floraison s'était accompagnée, au parti socialiste, d'une véritable révolution culturelle? Comment appeler autrement, au pays de Renault, d'Alstom et de l'indépendance nucléaire, le choix d'employer les mêmes outils que le commun des mortels de la blogosphère, en l'occurrence Flickr ou Del.icio.us, célèbres plates-formes californiennes? C'est depuis cet été, sous la houlette du secrétariat national aux NTIC (délicieuse appellation garantie village gaulois pour les technologies de l'information et de la communication - comprendre le web) et de Vincent Feltesse, que le PS a procédé à son aggiornamento numérique. Plusieurs centaines de blogs militants ont été créés en l'espace de quelques semaines, répertoriés sur Del.icio.us. Ouvert en juillet, le compte Flickr officiel du PS met à la disposition des internautes une centaine de photographies placées sous licence Creative Commons, portraits de responsables ou images d'actualité, probablement issues du service de presse du parti (le nom des photographes n'est pas mentionné). Un matériel bienvenu pour illustrer la communication du réseau des blogs socialistes. Evidemment, tout n'est pas encore parfait (voir illustration), mais la campagne commence à peine, et l'on est curieux de pouvoir partager au jour le jour la perception offerte par un organe représentatif de la direction du PS. A l'heure où le parti débat à propos de la démocratie participative, il s'agit sans nul doute d'un effort de transparence bienvenu. Mais aussi d'un témoignage des déplacements produits par les nouveaux moyens de communication dans le paysage des pratiques politiques. A suivre...

Libé: tu ne cliqueras point

image Ce matin dans Libération, un article intitulé "Un clic et il était une fois la pub...". On y décrit un site web (qui) propose de redécouvrir le meilleur de la création publicitaire depuis 1968, avec quelques 75.000 images. Alléchant. Malheureusement, Libé, comme toujours fâché avec les références web, indique le nom de la ressource sans le moindre http://... ou le plus petit www. Reproduite telle que sur le site du journal, la mention interdit de procéder au clic annoncé (il faut recourir au couper-coller, puis corriger l'url). Pour faciliter la vie de l'internaute, restituons la bonne adresse: http://www.leclubdesad.org/. De prime abord moins affriolant que ce que pouvait laisser penser l'article (avec notamment une bonne partie des reproductions en noir et blanc), l'outil s'avère finalement plutôt efficace, notamment dans ses fonctions de recherche par année ou par période.

Le Mois du film documentaire: programme de la BNF

Dans le cadre de la 7e édition du Mois du film documentaire, une sélection d'une trentaine de films représentative des réalisations françaises ou francophones de l'année écoulée est consultable sur poste individuel au niveau tous publics de la BnF (Haut-de-jardin) durant tout le mois de novembre 2006.

Le Mois du film documentaire à la BnF
Du 2 au 30 novembre 2006 en salle B, Haut-de-jardin
Site François-Mitterrand, quai François-Mauriac - Paris XIIIe
Du mardi au samedi de 10h à 20h et le dimanche de 13h à 19h.

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Le Mois du film documentaire: programme de la BDIC

Pour la septième année consécutive, la BDIC, bibliothèque de recherche spécialisée dans le domaine de l'histoire des relations internationales et du monde contemporain, participe au Mois du film documentaire, organisé par l'association Images en bibliothèques. Trois projections sont proposées dans ce cadre à l'auditorium de l'Hôtel de Ville, 3 rue Lobau, 75004 Paris.
Entrée libre sur réservation au 01 40 97 79 63, audiovisuel(à)bdic.fr.

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Colloque "Filmer, chercher" à l'EHESS

Colloque Filmer, chercher
27-28 novembre 2006, EHESS, salle 8, 105 Bd Raspail Paris 75006
Entrée libre

Ce colloque est consacré aux questions posées par l'usage de l'audiovisuel sous toutes ses formes et notamment la réalisation de films dans les sciences humaines: écrire et explorer avec l'image, la mise en scène de la parole, le documentaire de recherche, le documentaire d'auteur, le film de fiction et les sciences humaines, le film et les mouvements sociaux.

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"A quoi sert l'histoire de l'art?", une réponse de Claire Barbillon

L'attaque par Jean Kempf du livret intitulé A quoi sert l'histoire de l'art? a suscité une réponse argumentée de Claire Barbillon, co-auteur de l'entretien. Comme mon confrère La Tribune de l'Art, qui a signalé ce billet et appelle au débat autour de l'ouvrage, je suis partisan d'une discussion sur ce livre et ne peux donc que me réjouir de l'établissement d'un dialogue direct entre les auteurs et leurs critiques. Par malheur, la contribution de Claire Barbillon, envoyée le 17 octobre dernier, a été rangée par mon anti-spam dans la file des commentaires refusés. Ce n'est qu'aujourd'hui que je me suis aperçu de cette méprise, que j'ai corrigé aussitôt. Il m'appartient de présenter mes excuses à Claire Barbillon pour le délai qui a séparé l'envoi de sa réponse et sa publication, et d'en signaler l'existence aux lecteurs de ce blog. Je frémis à l'idée que cette chausse-trappe électronique ait pu passer pendant presque une semaine pour l'exercice d'une censure mal intentionnée.

Création d'une archive ouverte en histoire de l'art par l'université de Heidelberg

image Après l'ouverture d'Art-Guide, moteur de recherche dédié à l'histoire de l'art, l'université de Heidelberg annonce la création de Art-Dok, première archive ouverte du domaine. D'accès gratuit, ouvert à tous les contributeurs, y compris non germanophones, la plate forme accueille les mémoires de recherche (thèses et masters), articles ou communications, de préférence en PDF. Archivés selon les normes OAI, ces documents peuvent ainsi être exploités par la plupart des catalogues des bibliothèques allemandes. On saluera la qualité de l'outil et la cohérence de l'initiative, qui s'inscrit dans le projet global de bibliothèque numérique d'histoire de l'art Arthistoricum.net. On aimerait qu'en France, l'INHA, qui a créé sa bibliothèque numérique sur le modèle rétrospectif de Gallica (documents du domaine public), puisse s'inspirer de tels programmes. En attendant, on ne peut qu'encourager les étudiants à s'initier à la pratique de l'archive ouverte en déposant leurs travaux, notamment de master (refusés par le serveur Hal-SHS), sur Art-Dok. Si l'université de Heidelberg voulait bien améliorer encore son interface en la traduisant en anglais, et pourquoi pas en français, elle renforcerait l'attrait de l'outil pour les usagers européens et l'installerait sans aucun doute de façon perenne dans le paysage de la discipline.

Album "La trame des images"

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L'album photo du colloque "La trame des images. Histoires de l'illustration photographique" (EHESS, 20-21 octobre 2006) est en ligne sur Flickr (programme complet, voir: www.lhivic.org/info...).

Ouverture du blog Afrique in Visu

image Jeanne, étudiante-chercheuse en histoire de la photographie et Baptiste, jeune photographe reporter partent à la rencontre des photographes émergents du Mali dans une optique d’échanges et de partage de connaissances… Echange autour d’un métier, de l’image, discussion avec l’école du Centre de formation en photographie (CFP), Mali...

Cela s'appelle Afrique in Visu et c'est un vrai projet de relation par et avec l'image, inventif, curieux et généreux. Un exemple qui montre que la marge de manoeuvre des étudiants n'est plus seulement limitée par le mémoire ou la dissertation, et qu'on aimerait voir suivi de beaucoup d'autres.

Rappelons que le mémoire de master de Jeanne Mercier, consacré aux Rencontres africaines de la photographie est disponible en ligne sur le site du Lhivic.

Lire aussi sur ce blog:

Artefacts illusoires. Notes sur la restauration filmique (hier, aujourd'hui)

Les mérites évidents des restaurations filmiques - que je ne désire pas tant contester dans les pages qui suivent, mais plutôt tenter d'en éclairer les soubassements idéologiques et souligner certaines de ses dérives - empêchent souvent de percevoir certaines erreurs de principe sur lesquelles elles se fondent, et qui ont trait à la singularité historique de la production et de la réception des œuvres. Sur bien des points la restauration des films appelle des analogies avec la restauration des monuments et des tableaux: qu'il s'agisse d'un film de 1920, de telle basilique, de telle toile, la restauration viserait à restituer une expérience perdue, à représenter une œuvre telle qu'elle a été au moment de sa création, tels qu'elle a été vue par les premiers spectateurs-visiteurs. On pourrait signaler que cette position "idéale" néglige un certain nombre de données fondamentales...

Source: André Habib, Hors Champ, 15/10/2006.
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Où en est l'édition électronique française en SHS?

image A l'occasion du 16e Salon de la revue, se tenait samedi un débat intitulé: "Revues de sciences humaines au temps d'Internet: quelles promesses? Quelles menaces?" Les questions d'édition électronique ne sont pas qu'une préoccupation de technophiles aux yeux abîmés par leurs écrans gris. Mais un enjeu crucial de la vie intellectuelle et scientifique des prochaines années. La salle était pleine. Quoi d'étonnant? Le public venait chercher une information introuvable dans la grande presse, aujourd'hui bien trop préoccupée par sa survie pour consacrer l'énergie nécessaire à comprendre et à expliquer cette nouvelle tectonique des plaques. Aucun journaliste ne s'était déplacé. Ce n'est donc ni dans les colonnes du Monde ni dans celles de Libération qu'on lira la nouvelle de la liquidation par le CNRS du projet qui devait être le vaisseau amiral de l'édition électronique française en sciences humaines, le CENS (Centre d’édition numérique scientifique), abandonné avec armes et bagages après l'échec constaté de toutes les missions et entreprises qui lui avaient été attribuées il y a deux ans, soit un gaspillage d'argent public que la rumeur évaluait hier dans les allées du Salon à deux millions d'euros. Chacun des participants à la table ronde n'a eu que quelques minutes pour s'exprimer, aussi profiterai-je de ce compte rendu pour commenter ou détailler à ma façon les aspects qui me paraissent utiles. Pardon à mes collègues de débat pour mes omissions ou mes interprétations fautives, qu'ils auront tout loisir de corriger ou de contredire en commentaires.

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Parution Fotogeschichte, n° 101, automne 2006

Theater und Fotografie 1880-1930, herausgegeben von Stefanie Diekmann, Fotogeschichte, Heft 101, Jg. 26 (Herbst 2006).

Zwischen der Kunst des Theaters und dem Medium der Fotografie bestehen gewisse Affinitäten. Mit den jüngeren Entwicklungen dieser Verbindung hat sich die Fotografiegeschichte bereits beschäftigt, wenig erforscht ist hingegen die weiter zurückliegende Epoche. In den Beiträgen des vorliegenden Heftes wird die Frage nach der Beziehung von Theater und Fotografie nicht kategorial gestellt, als Frage nach der Theatralität fotografischer Darstellungen, sondern vielmehr punktuell, als Frage nach den Verkennungen, Verschiebungen und Konflikten, die dort entstehen, wo zwei Systeme der Bildproduktion aufeinander treffen.

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L'édition électronique en débat au Salon de la revue

image Le 16e Salon de la Revue (14-15 octobre 2006) organise un débat autour du thème: Revues de sciences humaines au temps d'Internet: quelles promesses? Quelles menaces?, samedi 14 octobre de 17h à 18h30, à l'Espace des Blanc-Manteaux, 48 rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris.

Argument: Les revues de sciences humaines ont compris depuis longtemps quel profit elles pouvaient tirer d'internet, pour leur rayonnement international comme pour leur diffusion. Développant leur propre site, numérisant leur collection ancienne, rejoignant différents portails, elles n'ont pas craint la modernité. Aujourd'hui pourtant elles s'interrogent: le numérique est-il leur ultime horizon? Est-ce à terme la disparition de leur forme imprimée? N'est-ce pas la spécificité même du travail de la revue qui sera ainsi mis à mal? Quelles sont les contraintes et limites (économique, légale, organisation éditoriale) de cette "nouvelle donne" informatique? Quelles politiques de soutien et d'accompagnement sauront mettre en œuvre les institutions qui les financent?

Intervenants: Sophie Barluet (CNL), Rolande Borrelly (Economies et sociétés), Jean-Yves Boursier (Socio-Anthropologie), Marin Dacos (Revues.org), François Gèze (La Découverte), André Gunthert (Etudes photographiques), Claire Lemercier (Histoire et mesure), Philippe Minard (Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine), Marie-Madeleine Usselmann (Mappemonde). Modération: Éric Brian (Revue de synthèse).

Edit: compte rendu, voir: "Où en est l'édition électronique française en SHS", 16/10/2006.

France Culture questionne le droit des images

image Le vigoureux débat public qui a accompagné en France la discussion sur la loi DADVSI a témoigné d'une large prise de conscience par l'opinion, en dépit de l'aridité de la matière, des enjeux liés à l'encadrement juridique des nouvelles pratiques électroniques. Fort de cette leçon, France Culture a osé consacrer hier soir une émission - certes tardive - à la question des évolutions récentes du droit des images dans le contexte numérique.

Invités par Jean-Baptiste Soufron à "Minuit/dix", quotidienne animée par Laurent Goumarre, Jean-Paul Bessières-Orsoni, chef de l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux (RMN), Didier Rykner, directeur de la revue en ligne La Tribune de l'art et votre serviteur ont entrepris de défricher les broussailles qui entourent la conjonction de la photographie numérique et d'internet. Ce n'est pas sans plaisir que je participais à une rencontre directement issue de la discussion entamée ici même, dans les commentaires du billet "Daguerre et Wikipedia (fin)".

Volontiers placé par la pente de la conversation en situation d'accusé, le représentant de la RMN défend avec conviction une position d'ouverture et de respect des missions de service public. L'objectif de l'agence, explique-il, n'est pas de faire des bénéfices, mais seulement d'assurer le financement des campagnes de reproduction des collections patrimoniales (18.000 à 20.000 reproductions effectuées en moyenne par an), en vertu de quoi la plus grande tolérance est requise à l'endroit de projets non commerciaux. Mais on sent parfois Bessières-Orsoni gêné aux entournures. En soulignant les dysfonctionnements des méga-agences, Getty et Corbis, il donne l'impression de botter en touche. Pressé de questions sur les usages en ligne, le représentant de la RMN fournit une précision intéressante: les 365.000 images disponibles sur le site de l'agence (en 650 pixels de côté) sont considérées comme librement copiables pour les usages non commerciaux en ligne. Il y a toutefois loin entre cette permission tacite et la position officielle d'un pays comme les Etats-Unis, qui a inscrit dans la loi le caractère public de toute image réalisée dans le cadre d'un programme fédéral (comme par exemple les photographies de la NASA, mais aussi de la Farm Security Administration ou de nombreux fonds de la bibliothèque du Congrès).

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Le point sur l'évolution du droit des images

image Plusieurs travaux récents, aux Etats-Unis ou en Allemagne, ont fait le point sur les évolutions imposées par internet et les pratiques de la photographie digitale dans le domaine du droit des images. En attendant une contribution semblable dans l'aire francophone, signalons la mise à jour de l'ouvrage de référence de Marie Cornu et Nathalie Mallet-Poujol, Droit, Oeuvres d'art et Musées. Protection et valorisation des collections, aux éditions du CNRS, qui intègre les dernières dispositions de la loi DADVSI et propose une synthèse efficace des textes et de la jurisprudence en vigueur en matière muséale.

Parmi les nombreux articles traitant des problèmes liés à la photographie, on retiendra en particulier la section consacrée à "La politique française en matière d'édition d'art" (p. 471-496), qui détaille les conditions de reproduction des oeuvres. On y observera la dérive des pratiques des institutions patrimoniales qui, abusant du critère de sécurité, s'exonèrent de leurs obligations de service public au nom de la préservation des oeuvres. Ainsi de l'interdiction de photographier qui commence à se répandre dans les collections publiques et qui est clairement en contradiction avec les dispositions légales et morales d'accès aux oeuvres, dès lors que cet acte ne porte en rien atteinte à leur intégrité, par exemple en l'absence de flash.

L'ouvrage rappelle l'évolution récente du droit à l'image, qui encadre désormais de façon ferme la possibilité de photographier des bâtiments et autres biens visibles, et subordonne le dépôt de plainte à l'existence d'un “trouble anormal”. Pour la Cour de cassation, qui a statué sur ce point en 2004, le droit de propriété ne s'étend pas à l'image du bien (p. 479).

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