Le réalisateur Christian Delage, qui est également historien, accompagne ces images d'un commentaire explicatif, pour déchiffrer l'ordonnance de la salle ou la composition du tribunal. Apparaît surtout, grâce à un montage ingénieux, l’évolution de l’accusation au cours du procès : le crime de complot est au départ le chef d’accusation dominant, avant d’être peu à peu dépassé par l'ampleur des crimes et leur caractère systématique. À la fin, les procureurs français et britanniques adoptent le terme de génocide.

Les seules "ouvertures" vers l’extérieur se situent au début, avec des images de Nuremberg en ruine en 1945, et à la fin, lorsque les condamnés descendent un escalier et que s’égrènent les condamnations en voix off. Le téléspectateur quitte cependant une fois encore l’enceinte du palais de justice lorsqu’il regarde, avec tous les participants au procès, les films tournés par les Alliés à la libération des camps et projetés à l’audience. Car le procès de Nuremberg fut une première dans plusieurs domaines : il est le premier exemple de justice internationale, il donne naissance au terme de « crime contre l'humanité », mais il est aussi le premier procès à utiliser des films comme preuve.

Agence France Presse, 22/09/2006.