image Bientôt la rentrée. Un conte édifiant, pour faire peur aux étudiants. Une histoire d'aujourd'hui. Giovanna est une jeune doctorante en ethnologie à l'EHESS. Après plusieurs mois de terrain en Afrique, elle rentre chez elle, au Brésil. A peine arrivée, crash du disque dur. Dans le magasin, où elle a rapporté son portable, vieux de quatre ans à peine, le vendeur lui dit qu'il n'y a rien à faire. Elle pleure. Sur son ordinateur, il y a plus de 800 photos de ses recherches. Comment, lui dis-je, tu n'avais pas fait de copie? (C'est décidément un tropisme à l'EHESS – private joke.) Eh bien, le graveur de CD était mort, et elle était justement en train de se renseigner pour un disque dur externe. Devant sa détresse, le vendeur lui dit qu'on peut tenter une récupération de données. C'est 1.500 dollars. Alors, qu'est-ce que tu as fait? Eh bien, j'ai payé! Le prix d'un ordinateur. Quinze jours d'attente. Pendant quinze jours, j'ai perdu une partie de ma vie, dit-elle. Il y a encore dix ans, perdre le contenu d'un ordinateur, cela voulait dire perdre son carnet d'adresses et tous ses fichiers Word. Dont on avait généralement des sorties papier. C'était très ennuyeux. Mais aujourd'hui, sur ces merveilleuses machines si versatiles, il y a notre courrier, notre musique, nos photos, nos films, les mots de passe de nos abonnements internet, les adresses de nos fils RSS, la clé de toutes nos lectures. Perdre tout ça? Mieux vaut ne pas y penser. Heureusement, les photos ont pu être récupérées. Dans le désordre, et sans noms de fichier. A peine rentré chez moi, j'ai allumé mon disque dur externe. Evidemment, ça faisait deux mois que je n'avais pas fait de sauvegarde.