Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Etudes photographiques renonce à l'édition en ligne

Devant le durcissement du dispositif légal concernant la publication sur internet, la rédaction de la revue Études photographiques a pris la décision de renoncer à son édition en ligne. Créée en 1996, la seule revue francophone consacrée à la recherche en photographie avait ouvert dès 1997 un site permettant d'accéder gratuitement à une sélection d'articles, avant de rejoindre en 2002 le portail d'édition électronique Revues.org. C'est avec le plus profond regret que nous abandonnons une possibilité que nous avions été parmi les premiers à explorer. Mais les conditions d'une édition électronique illustrée respectueuse à la fois des contraintes légales et des exigences scientifiques ne sont plus réunies.

Alors que chaque numéro papier d'Études photographiques rassemble une centaine de photographies, la version des articles proposée jusqu'à présent à la lecture en ligne ne comportait aucune illustration. Pour le corpus des images relevant de l'art ou du document patrimonial, toute nouvelle publication entraîne forcément une demande d'autorisation ainsi que le paiement des droits afférents. Ce qui paraît tout à fait normal pour les productions récentes. Mais pour les œuvres plus anciennes, il existe une différence importante entre les contenus textuels et les contenus iconographiques. Alors que n'importe quel éditeur est libre de réimprimer sans bourse délier un roman de Victor Hugo ou un recueil de poèmes de Charles Baudelaire, à quelques exceptions près, le domaine public n'existe pas réellement pour les images. Une oeuvre ne quitte le territoire du droit d'auteur que pour entrer dans celui du droit patrimonial: elle appartient toujours à une collection ou un ayant-droit qui en octroie les reproductions selon son bon vouloir.

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Compte rendu de "Où va la photographie africaine?", d'Erika Nimis

image L'historienne Erika Nimis (Université Laval, Québec) a donné le mercredi 7 juin une conférence à la Maison européenne de la photographie, 5 rue de Fourcy, 75004 Paris, dans le cadre des "Entretiens" organisés par la Société française de photographie. Sous le titre: "Où va la photographie africaine? État des lieux et enjeux", il s'agissait d'aborder la réception de la photographie africaine en Occident et voir en quoi elle fait obstacle à une écriture historique.

Introduisant sa présentation par une remarque sur le Musée du Quai Branly - inauguré il y a quelques jours -, Erika Nimis souligne cette volonté de la France de réaliser diverses manifestations autour d’un passé colonial encore mal digéré. Puis elle propose quelques tentatives de définitions. Qu’est-ce que la photographie africaine? Concrètement, nous pourrions la définir géographiquement: c’est la photographie produite par des Africains (c’est-à-dire nés et vivant en Afrique). Qu’est-ce que la photographie africaine contemporaine? Si pour un collectionneur et un marchand d’art, il s’agit du portrait de studio noir et blanc, dont le plus célèbre des représentants est Seydou Keïta. Pour un critique d’art contemporain, la photographie contemporaine africaine est celle de Mohamed Camara ou celle d’Yto Barrada, pour citer deux jeunes artistes visibles récemment dans deux lieux d’exposition parisiens.

Pour savoir où va la photographie, il faut d’abord savoir d’où elle vient. Erika Nimis remonte aux prémices de l’histoire de la photographie en Afrique, pour montrer comment celle-ci a été valorisée, avant la période «bamakoise». Dans une seconde partie portant sur le phénomène des rencontres de Bamako, elle tente de définir cette «photographie africaine» dont Seydou Keïta est le père, bien involontaire. Enfin, elle aborde les enjeux à la fois politiques et identitaires de cette photographie et elle revient sur la nécessité de trouver de nouveaux outils pour écrire l’histoire de la photographie en Afrique.

L’historienne revient sur l’histoire de la photographie africaine pour en abolir les frontières. Les premiers photographes africains, officiant dès la fin du XIXe siècle, étaient avant tout des photographes cosmopolites et ne sont pas différents de ceux qu’on désigne de nos jours comme les photographes de la diaspora. Pourtant, encore à la fin des années 1980, l’Afrique reste pour l’Occident le continent aveugle. Il semble que ce continent ne sorte de sa cécité qu’au début des années 1990. Le marché de l’art a fabriqué une photographie africaine qui répond d’abord aux intérêts des biennales internationales, des galeristes et des collectionneurs: une photographie africaine qui en dit long sur les visions occidentales toujours stéréotypées de l’art africain.

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Moisson de bourses au Lhivic

Sponsor de la galerie de photographie de la Bibliothèque nationale de France depuis 2003, le champagne Louis Roederer a créé cette année une nouvelle bourse de recherche dédiée à l'histoire de la photographie, d'un montant initialement fixé à 10.000 €. A titre exceptionnel, étant donné la qualité des dossiers, cette bourse a finalement été attribuée à deux candidats: Paul-Louis Roubert, pour 10.000 €, et Thierry Gervais, pour un montant supplémentaire de 5.000 €. Nos félicitations aux heureux lauréats, tous deux membres du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine de l'EHESS.

image Docteur en histoire de l'art de l'université Paris 1, Paul-Louis Roubert a récemment intégré le Lhivic au titre de post-doc. Le dossier qu'il a défendu pour la bourse Roederer est un projet d'exposition et de catalogue réalisé en collaboration avec la Bibliothèque nationale et la Société française de photographie, intitulé: Les nouveaux primitifs. Depuis plus de vingt ans, l’histoire de la naissance de la photographie artistique en France s’est considérablement enrichie. En complément des grandes monographies consacrées à Gustave Le Gray, Félix Nadar, Édouard Baldus, Roger Fenton ou les frères Bisson, des études sur les structures institutionnelles, artistiques et critiques sont venues parfaire la connaissance du contexte prévalant à l’émergence à la fin des années 1840 d’une génération de "primitifs" défendant une pratique sensible de la photographie. Cette génération qui a fourni les noms des photographes sur lesquels s’est consolidé un marché de l’art florissant autour de la photographie depuis la fin des années 1990 n’a pourtant pas fait l’objet d’une étude globale depuis l’édition aux États-Unis en 1983 de l’ouvrage The Art of French Calotype par André Jammes et Eugenia Parry Janis. Il est temps de mettre en correspondance les images avec cette histoire de la photographie renouvelée dans ses sujets et ses méthodes pour un nouveau point de vue sur la question de l’art et de la photographie au XIXe siècle.

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"Art Since 1900" Critiqued

The latest Art Bulletin includes eight reviews of the recently published textbook, Art Since 1900, by Hal Foster, Rosalind Krauss, Yve-Alain Bois, and Benjamin Buchloh. Several of the reviewers find that the book is possibly too advanced for undergraduates. Many of them also suggest that the Foster, Krauss, Bois and Buchloh have created a new, authoritarian and unselfcritical master narrative. In this connection, it’s surprising that no reviewer quotes from the book’s roundtable in which one speaker asks for a discussion of the authors’ own biases, only to receive no real answer.
Source: Art History Newsletter, 28/06/2006
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Atelier "Archéologie des techniques photographiques"

image Comme l'an dernier, l'atelier "Archéologie des techniques photographiques", piloté par Carole Troufléau, a commencé ce matin par la visite des collections de la Société française de photographie. Au programme du week-end: dessins photogéniques (Talbot), préparations des positifs directs (Bayard) et du papier albuminé, tirage de négatifs (anciens et modernes) sur dessins photogéniques (différentes stabilisations), papier salé; préparations des positifs directs et du papier albuminé, positif direct et négatif papier en chambre noire, positifs directs et négatifs papiers par contact, tirage de négatifs (anciens et modernes) sur papier albuminé et cyanotype. La météo prévoit un temps variable ce week-end, avec éclaircies samedi et orages le dimanche...

Atelier "Archélogie des techniques photographiques", 23-25/06/2006, enseignement du Lhivic avec la concours de la SFP et de Spéos.

Parution "Etudes photographiques", n° 18, mai 2006

image Sommaire

Traces de l’histoire

  • Michael Lucken, "Hiroshima-Nagasaki. Des photographies pour abscisse et ordonnée"

Modèles critiques

  • Herbert Molderings, "L’esprit du constructivisme. Remarques sur la “Petite histoire de la photographie” de Walter Benjamin"
  • Anaïs Feyeux, "La Generative Fotografie. Entre démon de l’exactitude et rage de l’histoire"

Expérience du document

  • Caroline Lehni, "De l’exploration au récit grand public. Usages de l’image dans Canyons of the Colorado par John W. Powell (1895)
  • Vincent Guigueno, "La France vue du sol. Une histoire de la Mission photographique de la Datar (1983-1989)"
  • André Gunthert, "Les photographies de l’EHESS et le “journalisme citoyen”"

Varia

  • Noémie Giard, "Photographies d’architecture. Le fonds Véra Cardot et Pierre Joly"

Notes de lecture

176 p., 21 € (abonnement 2 numéros: 36 €, tarif réduit: 33 €).
ISBN: 2-911961-18-8, édité par la Société française de photographie.

Call for papers "Fixe/animé. Croisements de la photographie et du cinéma au XXe siècle"

Colloque international organisé à l'Université de Lausanne, 10-12 mai 2007

Au fil du 20e siècle, l'histoire de la photographie et l'histoire du cinéma ont constitué leur champ d'étude de façon dissociée, la première restant pour l'essentiel affiliée à l'histoire de l'art, la seconde se développant comme une branche autonome. Cette séparation disciplinaire a eu pour conséquence de laisser un peu dans l'ombre une zone intermédiaire dont l'appartenance au monde de l'image fixe ou de l'image animée n'est pas facilement décidable, et dont la vitalité s'est précisément fondée sur des échanges nourris entre les deux principes de la fixité et du mouvement. Un des rares objets à avoir échappé à ce clivage est sans doute la chronophotographie de la fin du XIXe siècle, autour de laquelle l'ouvrage Arrêt sur image, fragmentations du temps, par exemple, dirigé par François Albera, Marta Braun et André Gaudreault en 2002, avait réuni spécialistes de la photographie et du cinéma. Le futur colloque de Lausanne se propose de prolonger cette entreprise, en étudiant, de façon historique et théorique, la persistance de ces échanges entre fixité et animation au fil du XXe siècle, dans les pratiques artistiques, qu'elles soient photographiques ou cinématographiques , aussi bien que dans les usages sociaux des images et les médias populaires.

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Requiem pour Libération

image Une page se tourne. Hier soir, on apprenait par un billet de l'Express que le patron historique de Libé, Serge July, était poussé vers la porte par le principal actionnaire du journal, Edouard de Rothschild.

Pour les lecteurs du quotidien, ce n'est pas tout à fait une surprise. Qui n'avait tiqué sur cette incroyable page de titre en forme d'aveu, réalisée pour l'édition du jour de l'an 2006: Adieu mélancolie... Vivement lundi! Banlieues en feu, revers référendaire, flop olympique et délocalisations... La France tourne la page d'une année plombée sur un succès: l'exposition "Mélancolie" au Grand Palais. Le premier article s'intitulait: "Douze mois moroses s'achèvent pour la France, qui a accumulé les revers. Revue de déprime". L'éditorial de Patrick Sabatier: "Humeur noire". Et comme pour mieux démentir la fausse gaieté de ce "Vivement lundi!", une illustration par Guillaume Herbaut, le photographe de Tchernobyl, d'Auschwitz et de Hiroshima, d'une femme masquée par un bouquet de roses. Une image qui hésite entre bons voeux et condoléances - ou plutôt: une image qui superpose à la figure imposée du jour de l'an, à la façon d'un pressentiment, une scène d'enterrement crépusculaire. La mélancolie ne fait que commencer.

Soutenance de master "Les Rencontres africaines de la photographie", par Jeanne Mercier

image Jeanne Mercier a choisi de consacrer son mémoire de master à la biennale de photographie de Bamako. Grâce à la collaboration du centre d'Études africaines, l'étudiante a pu bénéficier d'un séjour au Mali, qui lui a permis de prendre connaissance de l'édition 2005 du festival et de réaliser plusieurs entretiens sur place. Sur la base d'une enquête de terrain, alliant les méthodes de l'histoire immédiate et de la sociologie des arts, la candidate a d'abord réussi à réunir un remarquable ensemble documentaire – d'autant plus significatif compte tenu de l'éloignement de la métropole, mais aussi du biais marqué par la communication officielle de la documentation jusqu'alors disponible sur cette manifestation, emblématique des relations France-Afrique.

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Tchétchénie, la guerre à l'écran

Journée organisée par l'équipe Caucase du Centre d'Etudes des Mondes Russe, Caucasien et Centre-Européen.
Lundi 12 juin 2006, EHESS, Amphithéâtre, 105 Bd Raspail, 75006 Paris.
Organisation scientifique : Claire Mouradian (CNRS, CERCEC) et Kristian Feigelson (Université de Paris III, IRCAV (Institut de Recherche Cinéma et Audiovisuel) avec le soutien d'Amnesty International.

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Flickr, l’une des choses les plus importantes qui soit arrivé à la photographie

image On pourrait un peu décrire Flickr comme les clubs photographiques et les sociétés d’amateurs du début du XXe siècle, en mieux. Flickr fonctionne sur l’émulation et la pédagogie. C’est une formidable école de photographie, où l’on voit les photos des autres, où l’on est sollicité pour les commenter et dont la conséquence est la naissance d’un esprit d’émulation qui fait, pour ceux qui jouent le jeu, qu’on cherche à améliorer la qualité des images qu’on produit.

Une interview d'André Gunthert sur InternetActu, 8/06/2006.
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Inside Flickr

image Flickr est l’un des nombreux services de partage de photos en ligne, à ce jour le plus connu et le plus utilisé dans sa fonction de partage. Ce service, né officiellement le 10 février 2004, a dépassé en février dernier les 100 millions de photos hébergées. Selon Steven Levy et Brad Stone, 3 millions d’utilisateurs enregistrés partageaient 130 millions de photos en mai 2006.

Hubert Guillaud consacre un billet détaillé à Flickr sur InternetActu, 7/06/2006.
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Mit dem Auge der Geschichte auf die neuen digitalen Bildmedien

Die letzte Ausgabe von Photonews (Juni 2006) enthält ein Interview von André Gunthert, Leiter des Lhivics (Labors zur zeitgenössischen Forschung zur Geschichte der visuellen Medien) an der EHESS.

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Recrutements au Lhivic

Caroline Moine et Clément Chéroux, chercheurs associés au Lhivic, ont été recrutés respectivement aux postes de maître de conférences en histoire des relations culturelles internationales à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et maître assistant en histoire de l'art à l'université de Lausanne (sous réserve de confirmation administrative). Nos félicitations aux deux impétrants!

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