image Deux faits divers récents témoignent d'un symptôme similaire: un effet d'emballement médiatique qui prend sa source dans les nouveaux usages de l'image. Le 12 avril, Joe Van Holsbeeck est poignardé par deux agresseurs dans le hall de la gare centrale de Bruxelles. Mais ce n'est qu'à partir de la diffusion par le parquet belge, le 21 avril, d'extraits des enregistrements de vidéosurveillance à fins d'identification (voir illustration), que cette affaire sera mentionnée dans la presse française. L'émotion suscitée est intense: le dimanche 23 avril, une marche organisée en hommage à la victime réunit 80.000 personnes à Bruxelles. Certains s'interrogent déjà sur la disproportion entre la cause et les effets. Dès le 25, les auteurs sont identifiés, et la justice demande le retrait ou le floutage des vidéos reproduites sur internet, car les suspects sont mineurs. Mais les images n'en continuent pas moins d'être reprises par les journaux télévisés, illustrant une chasse à l'homme qui se poursuit jusqu'au 27 avril. Selon Michel Weemans, chercheur au CEHTA, l'importance conférée par les médias à cette affaire comme sa surévaluation dans l'opinion publique sont dues essentiellement à l'existence et à la diffusion répétée des vidéos une semaine durant.

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