Bernard Girard reproduit sur son blog l'interview radiophonique de Jean-Claude Schmitt et Pascale Haag diffusée hier matin sur Radio-Aligre. Ces deux enseignants-chercheurs de l'EHESS donnent leur témoignage sur l'occupation du 105, bd Raspail, et reviennent notamment sur la question de l'intervention tardive des forces de l'ordre, en apportant des précisions sur plusieurs points. L'appel de la direction de l'Ecole à la police s'est effectué dès le lundi 20 mars à 23h08. Outre le sentiment d'avoir été abandonnés par les pouvoirs publics, les chercheurs expriment leur stupéfaction devant la recommandation effectuée par la préfecture de police de recourir à une société de vigiles. Un conseil tout à fait précis, puisqu'il était assorti des coordonnées de ladite société. Celle-ci a participé à l'évacuation du 105, où les vigiles sont entrés les premiers. Ce recours à une police privée, très onéreux (il coûte 11.000 euros par jour à l'EHESS), est un fait grave pour une démocratie, estiment-ils. Jean-Claude Schmitt et Pascale Haag proposent également des éléments d'analyse des formes particulières de l'occupation, qu'ils rapprochent notamment de la crise des banlieues de novembre 2005.

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