Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Etat des lieux après occupation: témoignages

Deuxième question: qui ont été les acteurs de l'occupation? Les premiers éléments de réponse sont fournis par les témoignages des enseignants de l'EHESS qui ont côtoyé les occupants sur place. Parmi eux, Erwan Dianteill, Pap Ndiaye et Eric Brian ont aimablement accepté de publier sur ce blog les courriers récemment échangés sur la liste tlm@ehess.fr, où la discussion se poursuit.

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Etat des lieux après occupation: commentaires

image Deux jours après l'évacuation de l'EHESS, de nombreux avis se sont exprimés, parfois très contradictoires, sur l'ampleur des dégâts, les responsabilités ou les conséquences de quatre jours d'occupation. En tant qu'enseignant de l'Ecole, il me semble utile d'apporter les informations dont je dispose à ce jour. Dans ce premier billet, je me bornerai à essayer de mieux cerner la question des dégradations.

Un mot sur la centaine de photographies mises en ligne vendredi matin, qui ont été beaucoup consultées (entre 500 et 4000 fois chacune en 48h). Certains commentaires à l'ironie appuyée laissent entendre que je me suis livré à un reportage à charge. Il faut constater que les reprises de ces images sont plutôt le fait de sites et de blogs qui se disent eux-mêmes "conservateurs", quand Indymedia et d'autres organes tendance noir-rouge semblent moins prompts à les reproduire. Il n'y a manifestement pas de quoi être fier du spectacle qu'elles proposent. Je suis arrivé sur les lieux à 8h, pour en repartir vers 8h40. Pendant ces quarante minutes, j'ai parcouru les quatre étages du 105, en prenant 160 photographies. Autrement dit, j'ai appuyé en moyenne 4 fois par minute sur le déclencheur. De ces 160 photos, 100 ont été mises en ligne, soit l'équivalent moyen de 2,5 photographies par minute. On conçoit que dans ces conditions, l'état des lieux proposé est nécessairement au plus près de ce que pouvait apercevoir à ce moment-là n'importe quel témoin arpentant les couloirs et les bureaux du bâtiment. Je n'ai pas cherché à accentuer les traces du saccage, c'étaient elles qui s'imposaient à moi. Du reste, on pourra constater que je ne me suis pas limité à l'enregistrement des dégradations: un paquet de nouilles ou de café, un cendrier ou un oignon, un duvet ou un magnétophone sont autant d'indices de la vie qui a été menée là, qui me semblaient tout aussi intéressants à consigner que les tags.

Quelle est l'ampleur des dégradations? Selon le porte-parole du recteur de Paris, dont les propos sont reproduits par Associated Press: Tout a été détruit. Les locaux sont saccagés sur les quatre étages. C'est terrifiant. Il y a une odeur pestilentielle. On dirait qu'un typhon s'est abattu sur les lieux. Outre les "tags" sur les murs, comportant notamment des menaces à l'encontre des forces, le sol a été maculé d'excréments, les portes, les vitres et le mobilier ont été cassés, les ordinateurs volés et les documents des chercheurs et des élèves détruit. Le porte-parole s'est manifestement laissé emporter par un lyrisme déplacé. Tout n'a pas été détruit, bien au contraire. Un observateur attentif, à partir de la seule consultation des photographies en ligne, estime que: On voit sur ces photos qu'il n'y a pas eu de volonté de saccage systématique car en plusieurs jours d'occupation, il y aurait largement le temps de réduire en confettis et en gravats tous les contenus de tous les bureaux. Or il n'en est rien, on voit sur les étagères que la plupart des classeurs et des dossiers sont en place, les meubles ne sont pas démembrés, ni les vitres brisées... Alors, une occupation festive, je-m'en-foutiste, répréhensible, oui, bien évidemment, mais pas barbare.

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