Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

Occupation de l'EHESS: réception des photographies

image Une semaine après la mise en ligne des photographies de l'EHESS, il est possible d'esquisser quelques indications quant à leur circulation et leur réception. Pour un chercheur qui consacre cette année l'un de ses séminaires aux "Nouvelles pratiques des images", ce cas d'école constitue l'occasion inespérée d'un test en grandeur réelle.

Le vendredi 24 mars, 166 photographies (1 carte de 512 Mo pleine) ont été exécutées entre 8h03 et 8h37 à l'aide d'un Canon EOS 350D. Du 105, je me suis rendu au 54, boulevard Raspail, où j'ai croisé Danièle Hervieu-Léger et lui ai annoncé que j'avais réalisé les prises de vues. J'avais avec moi mon portable, mais celui-ci n'est pas paramétré pour se connecter directement au réseau internet de la MSH. C'est pourquoi j'ai demandé à Eloi Ficquet si je pouvais utiliser son bureau, en lui empruntant ses codes d'accès, ce qu'il a accepté. C'est donc là, après installation et vérification de l'établissement de la connexion, que j'ai procédé à l'importation des images sur mon ordinateur, puis à un tri rapide, en éliminant pour l'essentiel les doublons et les photographies ratées (bougées ou insuffisamment éclairées). J'ai tenté d'appliquer dans quelques cas des corrections de dominante ou d'exposition, mais devant le peu de succès de ces tentatives, j'ai jugé que je n'avais pas le temps de procéder à une retouche en règle. Après un légendage sommaire, c'est donc pour la plupart des images non retouchées qui ont été téléchargées, en 1280 pixels de large, sur mon compte Flickr.

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Occupation de l'EHESS: sommaire des billets

image Pendant plus d'une semaine, Actualités de la recherche en histoire visuelle a tenté de réunir informations, témoignages et documents relatifs à l'occupation de l'EHESS, à l'intention des collègues et étudiants éloignés de Paris ainsi que des nombreux amis que l'Ecole compte dans le monde. Est-il besoin de préciser que cet organe n'avait ni vocation ni légitimité à se transformer en réceptacle des diverses réactions suscitées par l'événement? Celui-ci s'est avéré plus complexe que pouvait le laisser croire le traitement nécessairement expéditif par les grands médias, dans un contexte de troubles généralisés. De nombreux collègues et étudiants, inquiets de mieux comprendre l'enchaînement des circonstances ou leurs justifications, ont alors eu recours à la recherche sur internet. Hélas, le week-end suivant l'évacuation, au moment où la demande d'information était la plus forte, les principaux sites à proposer une réaction étaient ceux situés aux deux extrêmes de l'éventail des sensibilités politiques (voir ci-dessous la "revue de presse"). Deux visions aussi antagonistes que caricaturales, avec pour seul point de rencontre la figure de l'arroseur arrosé, énoncée avec une joie mauvaise (“Les chercheurs en sciences sociales débordés par leurs sujets d'étude“; “Le boomerang (...) revenu en pleine face“, etc.).

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Occupation de l'EHESS: témoignages d'étudiants et d'occupants

image Ont été réunis ci-dessous une sélection des propos des étudiants et occupants éparpillés dans les commentaires accueillis sur ce blog, complétés par d'autres témoignages.


Indymedia, le 24/03/2006 à 18h19, par "Ali"

Juste une précision.
Euh, nous on y est allé avant les CRS (et non une milice privée) qui sont arrivés un peu plus tard à 200 (...) et c'était déjà le bordel (grafs de merde et revendications prépubères)... Peut-etre qu'il y a eu des idées intéressantes échangées et des gens vraiment engagés mais il y avait aussi des petits cons et des gens sans grandes convictions... On nous a même proposé d'embarquer ce qu'on voulait...


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Occupation de l'EHESS: une chronologie par des étudiants

image "Certains étudiants mobilisés" de l'EHESS (il n'y a pas eu d'AG, il ne s'agit donc pas d'un document officiel) font circuler cette Chronologie des événements jusqu'au mardi 21 mars. A verser au dossier.


Beaucoup de versions circulent sur les événements qui se sont déroulés au 105 bd Raspail, du vendredi 17 au mardi 21 mars. Des étudiants de l’EHESS, mobilisés depuis le début du mouvement, proposent cette chronologie minimale. Elle reflète la manière dont ils ont vécu ces faits et les informations qu’ils ont pu recouper. Nous souhaitons que ce texte aidera à mieux comprendre ce qui s’est passé.

VENDREDI 17/03
  • Décisions de l’AG: Bocage reconduit jusqu'à la prochaine AG, prochaine AG décidée pour le Mardi 21/03.
  • 18h: réunion du groupe de travail au 54, au cours de laquelle une personne de la Sorbonne se présente et demande si les étudiants de l’EHESS seraient d’accord pour accueillir l’AG de la Sorbonne. Réponse: A part donner notre avis personnel, on ne peut rien dire. Toutes les décisions sont prises en AG. Pas possible de ce prononcer.
SAMEDI 18/03
  • Pendant la manifestation: Un étudiant de la Sorbonne se présente à quelques étudiants de l’EHESS, il voudrait faire un lieu pour des débats communs Sorbonne-EHESS, et non des AG. Enthousiasme général. Cet étudiant propose aux étudiants de l’EHESS de venir les voir pour en discuter dans une AG de la Sorbonne.

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Occupation de l'EHESS: entretien avec P. Haag et J.-C. Schmitt

Bernard Girard reproduit sur son blog l'interview radiophonique de Jean-Claude Schmitt et Pascale Haag diffusée hier matin sur Radio-Aligre. Ces deux enseignants-chercheurs de l'EHESS donnent leur témoignage sur l'occupation du 105, bd Raspail, et reviennent notamment sur la question de l'intervention tardive des forces de l'ordre, en apportant des précisions sur plusieurs points. L'appel de la direction de l'Ecole à la police s'est effectué dès le lundi 20 mars à 23h08. Outre le sentiment d'avoir été abandonnés par les pouvoirs publics, les chercheurs expriment leur stupéfaction devant la recommandation effectuée par la préfecture de police de recourir à une société de vigiles. Un conseil tout à fait précis, puisqu'il était assorti des coordonnées de ladite société. Celle-ci a participé à l'évacuation du 105, où les vigiles sont entrés les premiers. Ce recours à une police privée, très onéreux (il coûte 11.000 euros par jour à l'EHESS), est un fait grave pour une démocratie, estiment-ils. Jean-Claude Schmitt et Pascale Haag proposent également des éléments d'analyse des formes particulières de l'occupation, qu'ils rapprochent notamment de la crise des banlieues de novembre 2005.

Lire aussi sur ce blog:

Blogolalie

Je constate la reprise de certains de mes comptes rendus de l'occupation de l'EHESS sur Samizdat ou Indymedia. Je tiens à préciser pour éviter tout malentendu que ces répétitions ne sont pas de mon fait, n'ont été précédées d'aucune demande ni suivies d'aucun avertissement. L'économie des renvois sur les blogs offre un espace de circulation qui est une merveilleuse richesse. A condition de ne pas confondre signalement et plagiat. Certes, ces agrégateurs de contenus comprennent une mention de source - plus ou moins confuse selon les cas. Mais seule une citation volontairement incomplète oblige à se rendre sur la page originale pour accéder au texte dans son entier. Telle est la politique appliquée par Actualités de la recherche en histoire visuelle.

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Comme un lundi...

image Le week-end est passé. L'EHESS se réveille avec la gueule de bois. Une assemblée générale unitaire était prévue aujourd'hui à 12h. Un message de la présidente nous informe vers 9h que cette réunion doit malheureusement être annulée pour des raisons de sécurité. Des tentatives d'intrusion ont eu lieu à plusieurs reprises ce week-end au 54, boulevard Raspail; des menaces téléphoniques répétées ont été enregistrées. Cependant, les personnels sont conviés à une réunion à midi pour faire le point de la situation.

A 12h, Danièle Hervieu-Léger détaille les mesures qui ont été élaborées ce week-end pour remédier aux effets de l'occupation et pour reprendre au plus vite une activité normale. La première initiative concerne les étudiants: les services informatiques vont travailler d'arrache-pied pour rentrer d'ici mercredi les 2500 inscrits sur une liste de diffusion. Il faut dire que jusqu'à présent, leur communication laisse à désirer. Pas prévenus à temps de l'annulation de l'AG, les étudiants sont en train de se rassembler sur le trottoir du boulevard Raspail, où ils tiendront une assemblée improvisée. La première conséquence de l'occupation a été de les priver d'un lieu de réunion.

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Parution "Images Re-vues", n°2, mars 2006

Le deuxième numéro de la revue en ligne Images Re-vues est (enfin...) paru. Il propose un dossier intitulé "L'image abîmée", coordonné par Dominique Donadieu-Rigaut.

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Etat des lieux après occupation: témoignages

Deuxième question: qui ont été les acteurs de l'occupation? Les premiers éléments de réponse sont fournis par les témoignages des enseignants de l'EHESS qui ont côtoyé les occupants sur place. Parmi eux, Erwan Dianteill, Pap Ndiaye et Eric Brian ont aimablement accepté de publier sur ce blog les courriers récemment échangés sur la liste tlm@ehess.fr, où la discussion se poursuit.

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Etat des lieux après occupation: commentaires

image Deux jours après l'évacuation de l'EHESS, de nombreux avis se sont exprimés, parfois très contradictoires, sur l'ampleur des dégâts, les responsabilités ou les conséquences de quatre jours d'occupation. En tant qu'enseignant de l'Ecole, il me semble utile d'apporter les informations dont je dispose à ce jour. Dans ce premier billet, je me bornerai à essayer de mieux cerner la question des dégradations.

Un mot sur la centaine de photographies mises en ligne vendredi matin, qui ont été beaucoup consultées (entre 500 et 4000 fois chacune en 48h). Certains commentaires à l'ironie appuyée laissent entendre que je me suis livré à un reportage à charge. Il faut constater que les reprises de ces images sont plutôt le fait de sites et de blogs qui se disent eux-mêmes "conservateurs", quand Indymedia et d'autres organes tendance noir-rouge semblent moins prompts à les reproduire. Il n'y a manifestement pas de quoi être fier du spectacle qu'elles proposent. Je suis arrivé sur les lieux à 8h, pour en repartir vers 8h40. Pendant ces quarante minutes, j'ai parcouru les quatre étages du 105, en prenant 160 photographies. Autrement dit, j'ai appuyé en moyenne 4 fois par minute sur le déclencheur. De ces 160 photos, 100 ont été mises en ligne, soit l'équivalent moyen de 2,5 photographies par minute. On conçoit que dans ces conditions, l'état des lieux proposé est nécessairement au plus près de ce que pouvait apercevoir à ce moment-là n'importe quel témoin arpentant les couloirs et les bureaux du bâtiment. Je n'ai pas cherché à accentuer les traces du saccage, c'étaient elles qui s'imposaient à moi. Du reste, on pourra constater que je ne me suis pas limité à l'enregistrement des dégradations: un paquet de nouilles ou de café, un cendrier ou un oignon, un duvet ou un magnétophone sont autant d'indices de la vie qui a été menée là, qui me semblaient tout aussi intéressants à consigner que les tags.

Quelle est l'ampleur des dégradations? Selon le porte-parole du recteur de Paris, dont les propos sont reproduits par Associated Press: Tout a été détruit. Les locaux sont saccagés sur les quatre étages. C'est terrifiant. Il y a une odeur pestilentielle. On dirait qu'un typhon s'est abattu sur les lieux. Outre les "tags" sur les murs, comportant notamment des menaces à l'encontre des forces, le sol a été maculé d'excréments, les portes, les vitres et le mobilier ont été cassés, les ordinateurs volés et les documents des chercheurs et des élèves détruit. Le porte-parole s'est manifestement laissé emporter par un lyrisme déplacé. Tout n'a pas été détruit, bien au contraire. Un observateur attentif, à partir de la seule consultation des photographies en ligne, estime que: On voit sur ces photos qu'il n'y a pas eu de volonté de saccage systématique car en plusieurs jours d'occupation, il y aurait largement le temps de réduire en confettis et en gravats tous les contenus de tous les bureaux. Or il n'en est rien, on voit sur les étagères que la plupart des classeurs et des dossiers sont en place, les meubles ne sont pas démembrés, ni les vitres brisées... Alors, une occupation festive, je-m'en-foutiste, répréhensible, oui, bien évidemment, mais pas barbare.

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Occupation de l'EHESS: revue de presse

Presse

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Etat des lieux après occupation

image La police a procédé ce matin à l'évacuation du 105, bd Raspail, occupé depuis lundi. Les lieux sont dans un état de désolation indescriptible, mais les archives et les bibliothèques semblent avoir été préservées. Voir ainsi des locaux qui accueillaient il y a une semaine encore séminaires et conférences est un crève-coeur. Mais il convient d'y insister: il n'y a pas eu de volonté de saccage systématique de la part des occupants. Dès lors, l'ampleur des dégradations doit être imputée principalement à la durée de l'occupation. Une comparaison entre les photographies prises il y a deux jours et celles de ce matin montre clairement l'envahissement des tags et autres dégâts causés par le fait de vivre, dormir, boire ou manger dans un endroit guère prévu à cet effet. La question principale reste donc celle du retard de l'intervention des forces de l'ordre.

Afin de permettre la sécurisation et l'état des lieux par les autorités judiciaires, il est impossible d'accéder pour l'instant au bâtiment. La réintégration et la réhabilitation des lieux se fera progressivement. Jusqu'à nouvel ordre, les étudiants et les personnes non-accompagnées extérieures à l'établissement n'ont pas accès aux locaux du 54 ni du 96, boulevard Raspail. La présidente de l'EHESS effectuera un point-presse à 14h, dans le hall du 54.

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L'EHESS choisie pour cible

image L'EHESS est-elle devenue l'épicentre parisien de la contestation étudiante? Les journaux télévisés de TF1 et FR3, hier soir, Libération, ce matin, ont rendu compte de l'occupation du 105, bd Raspail, qui dure depuis lundi. Malheureusement, ainsi qu'a pu le constater hier le groupe d'enseignants venus pour reprendre prossession des locaux, l'occupation n'est plus sous le contrôle des étudiants de l'EHESS à l'origine de la mobilisation. Dès 19h, les représentants de l'Ecole quittaient à nouveau les lieux, désormais aux mains d'un groupe organisé de militants, qui entendent faire du bâtiment le quartier général de la contestation anti-gouvernementale. Ce matin, le blog Samizdat.net appelle étudiants, travailleurs et chômeurs à rejoindre l’occupation avec sacs de couchage, à manger, à boire, et de quoi mettre un peu de musique pour faire la fête.

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Après la Sorbonne, l'EHESS

image Le 105 boulevard Raspail abrite une partie des bureaux et des lieux d'enseignement de l'EHESS. Il était occupé depuis lundi par les étudiants manifestant contre le CPE, en accord avec la direction de l'Ecole. Cette occupation est une première dans l'histoire de l'établissement. Certains dérapages intervenus dans la nuit de lundi à mardi ont fait craindre pour la sécurité des personnes. A la demande de la présidente de l'EHESS, un groupe d'enseignants s'est rendu ce matin sur les lieux, rétablissant provisoirement la possibilité de circuler dans l'immeuble. Les présents ont eu la tristesse de constater diverses dégradations ainsi que le vol de matériels, imputable à des éléments extérieurs à l'Ecole. Une assemblée générale des étudiants est convoquée ce soir à 19h dans l'amphithéâtre.

Lire aussi sur ce blog:

Parution "Nineteenth-Century Art Worldwide", vol 5, n° 1, printemps 2006

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