Plusieurs usagers, croyant à un défaut de formulation, s'y sont repris à deux fois, en précisant: Abou Ghraib 2006, SBS Abou Ghraib picture ou encore: voir images du présent d'Abou Ghraib - sans plus de succès. Sur ARHV, ces requêtes les menaient au programme: "Colloque Photographie, prison, pouvoir...", et sur ViteVu, le blog de la Société française de la photographie, à un commentaire de l'article "We want your pictures", deux billets largement antérieurs à la nouvelle diffusion. En privilégiant la popularité, le système de classement de Google privilégie aussi les pages les plus anciennes et les sites les plus institutionnalisés - un biais qui s'accentue au fur et à mesure du vieillissement du web. Dans le contexte d'une topique déjà installée, comme c'est le cas de la prison irakienne, les informations nouvelles sont défavorisées et mettent du temps à se frayer un chemin vers le haut du classement. Vendredi soir, une référence récente apparaissait au bas de la deuxième page de résultats, en 20e position. MSN, le moteur de Microsoft, avait fait un peu mieux, en affichant l'après-midi un résultat récent en tête de liste - par malheur, il s'agissait d'un site érotique soucieux de pimenter les émois de ses lecteurs... Dans la nuit de vendredi à samedi, Yahoo, Altavista puis MSN étaient capables de renvoyer sur le billet d'ARHV. Quant à Google, bon dernier, il lui aura fallu plus de 48 heures pour prendre en compte ce contenu.

Ces piètres performances font pâle figure comparées à celles de Technorati. Spécifiquement dédié à l'archivage en temps réel des blogs, celui-ci repose sur une technique différente des moteurs classiques: le signalement spontané des modifications d'un site par son auteur, ou "ping". Par ce biais, le billet "Abou Ghraib: deux ans après...", mis en ligne jeudi à 9h30, était intégré à sa base de données dès 9h33. Malheureusement, cet outil très puissant pour suivre la réception des sujets d'actualités (les fameux "buzz") est encore peu pratiqué dans le monde francophone: en deux jours, une seule requête a été formulée qui a mené le lecteur sur ARHV. Outre qu'il ne parle que l'anglais, Technorati reste encore considéré comme un instrument de spécialistes du web 2.0 - l'univers des blogs, des wikis et des ressources interactives. La leçon de l'expérience ne fait pourtant pas de doute: les internautes doivent apprendre que Google n'est pas un outil efficace pour le "chaud". Et qu'en matière d'actualité, apprivoiser Technorati est un réflexe qu'il va bien falloir acquérir.

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