Actualités de la Recherche en histoire visuelle

 

ARHV devient "L'Atelier des icônes"

image Ouvert en octobre 2005, le blog Actualités de la recherche en histoire visuelle referme ses portes quatre ans et 1001 billets plus tard. Je remercie tous ses participants, auteurs, commentateurs et lecteurs, pour avoir permis cette belle aventure, laboratoire sans pareil pour mes travaux et réflexions en matière d'édition, de recherche ou de pédagogie (voir notamment: "Why blog?" et "Peut-on parler politique sur un blog scientifique?"). ARHV verra ses commentaires définitivement fermés dans un mois, mais restera disponible en ligne, comme une archive désormais passive.

Le "séminaire permanent" ne s'interrompt pas pour autant. L'expérience se poursuit sur deux nouveaux blogs: L'Atelier des icônes, pour les travaux spécialisés, et Totem, bloc-notes qui reprendra les formats plus légers du défunt Flipbook (avec un flux agrégeant les deux sources). Le motif initial de cette migration était de pouvoir bénéficier et faire bénéficier mes lecteurs d'une interface plus récente que mon bon vieux DotClear 1.2.5 (j'adresse ici un amical salut à Kozlika, qui guida mes premiers pas dans l'univers 2.0, ainsi que mes plus sincères remerciements à l'équipe DC pour avoir mis à notre disposition un bel outil, solide et sûr, que je n'ai jamais pris en défaut). Ce souhait ayant croisé d'autres projets de développement éditorial, ces deux blogs intègrent la nouvelle plate-forme Culture Visuelle. Présentés dans une version encore très évolutive, ils subiront de nombreuses modifications d'ici la fin de l'année. Merci à ceux qui le souhaitent d'essuyer les plâtres avec moi.

Les dossiers d'ARHV

Entre 2005 et 2009, le blog Actualités de la recherche en histoire visuelle a publié un millier de billets (tous accessibles sous la rubrique "Archives"). Pour faciliter les recherches du lecteur, la liste ci-dessous présente une sélection des articles les plus représentatifs, regroupés par thèmes (ordre chronologique inverse).

Culture visuelle

Lire la suite...

Ouverture de la version de préfiguration de "Culture Visuelle"

image En préparation depuis la rentrée, le projet Culture Visuelle ouvre aujourd’hui sa version de préfiguration.

Constituée par une plate-forme multiblogs fonctionnant sur un mode communautaire, Culture Visuelle est un projet de publication destiné à favoriser l’édition multimédia dans le cadre de l’enseignement et de la recherche. Il s’agit d’un format inédit dans le monde de l’édition universitaire, qui propose une adaptation au contexte pédagogique et scientifique des innovations et des principes du web 2.0.

Alors qu’une revue classique effectue une sélection a priori des contenus qu’elle publie, Culture Visuelle fonctionnera sur le principe d’un agrégateur. Chaque auteur sera libre de publier tout contenu sans contrôle préalable, le tri s’effectuant a posteriori par la mise en valeur des articles par l’équipe éditoriale et la communauté. Cette disposition permet la plus grande réactivité en matière scientifique et constitue un puissant ressort pédagogique.

Sur le modèle des agrégateurs, la plate-forme n’exercera aucune prérogative en matière de copyright, conservant à chaque auteur la responsabilité et la jouissance de sa propriété intellectuelle sur les contenus publiés. Autrement dit, Culture Visuelle ne se prévaut d’aucune exclusivité à l’égard des contenus qu’elle héberge: un article publié sur la plate-forme peut être repris sur un autre support sans formalité. Cette disposition permet l’agrégation du dernier état de la recherche grâce à l’usage du « préprint » (prépublication des articles soumis à comité de lecture). Elle peut également s’appliquer rétroactivement aux contenus dont les auteurs conservent la propriété intellectuelle, et autorise notamment le partage d’articles anciens dans une section « bibliothèque ».

Lire la suite...

Soutenance de thèse "Donner à voir", par Myriam Chermette

La thèse de doctorat d'histoire des médias Donner à voir. La photographie dans Le Journal, discours, pratiques, usages (1892-1944) présentée par Myriam Chermette à l’université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines sera soutenue le lundi 16 novembre 2009 à 9h, bâtiment d'Alembert, en salle des thèses (2e ét.), 5-7, Boulevard d’Alembert, 78280 Guyancourt.

Jury: Christian Delporte (directeur de thèse, université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines), Dominique Kalifa (université Paris 1), Elisabeth Parinet (Ecole nationale des Chartes), André Gunthert (EHESS), Pascal Ory (université Paris 1).

Résumé
L’image, au tournant du XIXe et du XXe siècle, joue un rôle marginal dans les dispositifs de séduction et d’information du public élaborés par les quotidiens d’informations générales. Quarante ans plus tard, elle est mise à l’honneur en première page, fait l’objet de discours nombreux, internes et externes aux rédactions, et obtient une place privilégiée dans le traitement de l’actualité. Entre ces deux bornes chronologiques, le journal quotidien, support conçu le plus souvent pour le texte, s’approprie le document iconographique. Cette thèse se propose, à travers le cas du Journal, fondé en 1892 et qui parut jusqu’en 1944, de restituer l’histoire de cette appropriation, processus non linéaire, fortement déterminé par les stratégies éditoriales de cet acteur majeur de la presse quotidienne d’informations générales. L’analyse des discours, des pratiques et des usages qui se construisent autour de la photographie met alors en évidence l’évolution des formes iconographiques au cours de cette période, leur interaction avec la culture visuelle médiatique de la Belle Époque et de l’entredeux-guerres, ainsi que la représentation de l’actualité véhiculée par l’image.

Lire la suite...

Le n° 24 d'Etudes photographiques sous presse

Actuellement sous presse, le n° 24 d'Etudes photographiques, sera disponible début novembre 2009, sur papier et en ligne, en édition bilingue français/anglais. Numéro spécial partiellement issu du colloque "Elites économiques et création photographique" ("Financial Elites and Photographic Creation''), dirigé par Michel Poivert et Raymond Dartevelle, ce volume comprend deux contributions inédites issues du Lhivic, par Estelle Blaschke et moi-même.

Au sommaire:

  • Paul-Louis Roubert, "Les fonds de la distinction. Le financement des sociétés photographiques du XIXe siècle" ("Funding a Photographic Elite. Nineteenth-century Photographic Societies and the Financing of Photography as a Mark of Social Distinction").
  • Julie Jones, "L’avant-garde européenne au service du capitalisme. Walter P. Paepcke et le couple art/commerce aux Etats-Unis, 1930-1950" ("Putting the European Avant-garde to Work for Capitalism. Walter P. Paepcke and the Alliance of Art and Business in the United States, 1930–1950").
  • Anaïs Feyeux, "De l’empire au marché. Agfa et la reconstruction du monde photographique en Allemagne après 1945" ("From Empire to Marketplace. Agfa and the Rebuilding of the German Photography Industry after 1945").
  • Portfolio: Michel Campeau, "Sur la chambre noire/On the Darkroom".
  • Raphaële Bertho, "East. L’histoire d’un mécénat, l’histoire d’un territoire" ("East: The History of a Corporate Commission and the History of a Region").
  • Estelle Blaschke, "Du fonds photographique à la banque d’images. L’exploitation commerciale du visuel via la photographie. Le Fonds Bettmann et Corbis" ("From the Picture Archive to the Image Bank. Commercializing the Visual through Photography: The Bettmann Archive and Corbis").
  • André Gunthert, "L’image partagée. Comment internet a changé l’économie des images" ("Shared Images: How the Internet Has Transformed the Image Economy").

N° à commander auprès de la Société française de photographie, 71, rue de Richelieu, 75002 Paris (24 €).

Image numérique et culture visuelle au menu 2009-2010

image Bientôt le début de mes deux nouveaux séminaires, proposés en alternance le jeudi de 18 h à 20 h à partir du 5 novembre (INHA, salle Walter-Benjamin, galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, ouverts aux auditeurs libres).

  • Recherches en histoire visuelle (1er et 3e jeudis du mois, du 5 novembre 2009 au 20 mai 2010)

L'image est aujourd'hui au cœur de la société de l'information. Non plus comme un spectacle auquel on assiste passivement, mais comme un outil de médiation que chacun peut mettre en oeuvre. Cette révolution est liée à la combinaison de trois facteurs techniques, qui s'est produite entre 2003 et 2005: l'arrivée à maturité de la technologie des photocapteurs; la diffusion rapide du haut débit; les services proposés par les systèmes interactifs du web 2.0. Caractérisée par la collectivisation des contenus visuels, l'utilisation des images comme support d'interaction et de communication, ou encore par l'ubiquité des images, un nouveau paysage visuel s'élabore sous nos yeux. Le séminaire proposera une première approche de l’histoire de ces évolutions et de leur mise en récit.

  • Mythes, images, monstres (2e et 4e jeudis du mois, du 12 novembre 2009 au 27 mai 2010)

En articulation avec le séminaire "Recherches en histoire visuelle", ce séminaire poursuit les travaux entamés en 2008 sur la question des images comme support de mythes. Comment et pourquoi l'image devient-elle médiateur de récit? Par quel mécanisme et dans quelles condistions en vient-elle à à se substituer au représenté? On étudiera notamment le rôle de l'iconographie dans la modélisation scientifique et technique, les élaborations de la culture populaire, ou encore la part visuelle de la construction des récits journalistiques.

Tous les séminaires de l'EHESS

De quelle couleur est la planète rouge?

Nouvelle version du célèbre: "De quelle couleur est le cheval blanc d'Henri IV?", la question: "De quelle couleur est la planète Mars?" est de celle à laquelle il semble simple de répondre. Ne suffit-il pas de pointer un téléscope dans sa direction, ou de recueillir l'image envoyée par un satellite? Pourtant, même pour un objet physique bien réel, la couleur figurée est le résultat d'un choix où entre une part de convention. La vision de Mars qu'on peut avoir de la Terre dépend de sa position et de l'éclairement par le soleil, du protocole d'enregistrement et de restitution, enfin du contexte de publication de l'image. Depuis la série de clichés pris par Viking en 1997, qui a servi à établir une représentation topographique détaillée de la planète, la figuration de Mars s'oriente plutôt vers le marron. Malgré le retour épisodique de tonalités rouges ou orangées, par exemple dans les images produites par Hubble en 2007 (à noter que le téléscope astronomique ne prend des photos qu'en niveaux de gris), Google a retenu une version beige (ci-dessus, image 6) comme représentation standard de Mars dans l'édition 2009 de Google Earth. Faudra-t-il imaginer le prochain remake de Totall Recall (Paul Verhoeven, 1990) dans un environnement de banal désert terrestre?

Illustrations: 1) dessin de Chesley Bonestell, 1952. 2) Vue astronomique de l'observatoire Lowell, photo Leonard Martin, 1988. 3) Vue astronomique par Hubble, 1999. 4) Même image publiée dans "Planète Mars", Dorling Kindersley/Gallimard, 2004-2005. 5) Carte météo reconstituée à partir de vues satellitaires de Mars Global Surveyor, avril 1999. 6) Google Earth, projection cartographique d'après sources Nasa, version mars 2009.

CFP "Cinéma & audiovisuel se réfléchissent"

image Appel à communication, 6e Congrès de l’AFECCAV, université Paul Valéry-Montpellier 3, 23-25 septembre 2010: Cinéma & audiovisuel se réfléchissent. Réflexivité, migrations, intermédialité

L’audiovisuel est un vaste territoire dont le cinéma et la télévision forment les composantes essentielles. Aujourd’hui les frontières de ce territoire sont elles-mêmes déplacées ou brouillées par des migrations de toutes sortes qui affectent aussi bien la nature des images et des sons que la forme et le sens des récits et des discours. L’étude des migrations d’histoires, de formes, de supports, d’écrans, etc. est devenue un des points d’ancrage de la recherche et de l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel.

Les axes de réflexion suivants pourront être abordés :

  • Comment les films et/ou les programmes parlent-ils d’eux-mêmes (auto-référence, citation, recyclage, mise en abîme, etc.)? Et avec quels effets?
  • Comment les œuvres audiovisuelles qui prennent des films ou le cinéma pour objet donnent-elles à penser le cinéma et la télévision? Comment et pourquoi deviennent-elles des références du goût cinématographique et télévisuel? Dans quelle mesure sont-elles des repères possibles d’une histoire du cinéma ou de la télévision?
  • Comment des films et/ou des programmes puisent-ils leurs formes, leurs styles, leurs thèmes, leurs techniques dans les autres arts et medias? Comment ces images issues du cinéma, de la télévision, migrent-elles de leurs lieux initiaux (l’écran de cinéma, le téléviseur) vers d’autres supports, d’autres lieux, de plus en plus diversifiés? Comment ces migrations affectent-elles le sens des œuvres, des programmes et leur réception?

Lire la suite...

Citizenside renonce à la 4e Licence 3G

Communiqué. Citizenside, l'agence de presse 2.0, éditrice des plateformes Kit Reporter et pionnier du "Témoignage d'actualité", annonce aujourd'hui qu'après étude du dossier de la 4e Licence 3G, elle ne sera pas candidate:

Après une étude minutieuse du dossier pendant près d'1/4 d'heure avec l'équipe en charge du projet chez Citizenside, nous avons trouvé que la licence était trop chère, déclare Matthieu Stefani, cofondateur de Citizenside. "L'ambition était de proposer aux contributeurs de Citizenside et aux plateformes partenaires du site de pouvoir envoyer directement leurs vidéos et leurs photos depuis le terrain, n'importe où en France.

Nous avons finalement décidé de lancer des applications sur Android et sur iPhone, pour couvrir toute la population mondiale à un prix plus abordable.

Lire la suite...

Narvic buzze-t-il?

A partir de combien de billets de blogs, de commentaires ou de tweets peut-on parler d'un buzz sur internet? Nul n'est capable de répondre à cette question. Ce qui est bien pratique. Comme la rumeur ou le lynchage, le "buzz" est en train de devenir un outil de disqualification a priori dans le débat citoyen: un argument qu'il suffit d'énoncer pour renvoyer ipso facto l'opinion adverse dans le camp du populisme bas du front (aka Front National). Lorsque ce sont les Copé ou les Lefebvre qui appuient sur ce bouton du lavage automatique de cerveau, on ne s'inquiète pas, tant leur position de juge et partie éteint toute force argumentaire. Il est plus surprenant de retrouver ce réflexe sous le clavier d'un blogueur émérite, bien connu pour ses autoportraits simiesques et son usage compulsif du smiley, notre camarade Narvic.

Dans Slate, où il intervient comme blogueur invité, Narvic s'inscrit dans le sillage de Finkielkraut, voit «clairement, des accès de populisme» dans les derniers buzz du mois, et estime que «le buzz répond à une question qui n'est pas posée». «Comme dans les cas précédents, le problème n'est de toute façon pas là, et c'est bien ce qui me chiffonne avec ces buzz, écrit Narvic. La question n'est pas de savoir si Roman Polanski est bénéficiaire ou victime de sa notoriété dans l'affaire judiciaire qui le poursuit depuis trente ans. La question n'est pas de savoir si Frédéric Mitterrand est victime d'une manipulation orchestrée par le Front national. La question n'est pas de savoir si Jean Sarkozy n'est pas en train de débuter une grande carrière politique dans le fief de son père... A travers ces buzz et par le levier d'Internet qui entre en résonance avec les médias traditionnels, l'opinion publique prend prétexte d'une actualité pour imposer son propre agenda au monde politique et médiatique.» Suivant la technique éprouvée du radiosophe (qui n'hésite jamais à donner à ses propos de comptoir le ton apocalyptique qui permet à la ménagère de moins de cinquante ans d'identifier l'intellectuel médiatique), le blogueur conclut avec gravité: «la démocratie y survivra-t-elle?»

Lire la suite...

Soyez sympas, rembobinez...

image Pas besoin de se casser la tête pour le titre de ce billet, qui signale deux comptes rendus très bien faits par des auditeurs de ma récente intervention à la Haute Ecole d'Art et de Design de Genève, précisément intitulée... Be Kind Rewind (ce que nous dit la mythologie des amateurs sur les images): en français par Yael Maim, en anglais par Nicolas Nova. Merci à eux.

Prochains intervenants du cycle: Nathalie Boulouch ("La photographie couleur n’est plus vulgaire", 28 octobre), Clément Chéroux ("Les larmes à l’oeil: le sex-appeal de Man Ray", 16 décembre, 18h, 9 bd Helvétique, Genève).

Petit observatoire de la retouche

L’émergence du numérique a remis au premier plan toutes les problématiques liées au statut de vérité des images photographiques. La fabrication des images, sous le régime de l’argentique, n’était plus guère discutée et les canaux de production traditionnels ont fini par sceller le mythe de l’intangibilité d’une vérité photographique. L’avènement des pixels, petites traces de photons, immatériels, volages et manipulables à souhait, a rapidement mis la retouche à l’épicentre visible de nouveaux débats. Les possibilités d’intervention ultérieures sur le «matériel» recueilli par les capteurs sont désormais infinies et à la portée de tous.

Par Béat Brüsch, Mots d'images, 20/10/2009.
Lire la suite...

Parution de "Photo de presse. Usages et pratiques"

Les éditons Antipodes annoncent la parution de Photo de presse. Usages et pratiques, sous la direction de Gianni Haver, 278 p., 50 ill., 21 €.

Consommée au quotidien, la photographie de presse fait partie de notre paysage visuel depuis bien plus d'un siècle. Si elle a été rejointe par d'autres formes de mise en image de la réalité, sa fonction ne s'est pas estompée. La photographie de presse a même gagné en considération : des prix prestigieux lui sont consacrés chaque année et certains de ceux qui étaient autrefois considérés comme de simples artisans jouissent désormais d'une renommée internationale.

La plupart des auteurs de cet ouvrage entament leur réflexion à partir de cet objet ultime qu'est le magazine illustré (ou quelquefois la presse quotidienne, désormais illustrée elle aussi). Ils ne se limitent pas à en questionner les qualités formelles et artistiques, mais considèrent en priorité la photographie de presse comme un objet symbolique, socialement inscrit, qui permet de questionner ce qui est montrable et de quelle manière ce qui est montrable est effectivement montré.

Cet ouvrage explore également les terrains dans lesquels l'image de presse est réinvestie par d'autres usages, qui la distancient de son usage premier en l'introduisant au musée ou dans une exposition d'art.

Lire la suite...

Colloque "Exposition et médias (photographie, cinéma, télévision)"

image Troisième colloque du Centre des Sciences historiques de la culture / Projet de recherche FNS "L’exposition moderne de la photographie (1920-1970)", 29-30 octobre 2009, université de Lausanne, entrée libre.

Au fil des XIXe et XXe siècles, deux grands canaux de mise à disposition visuelle des objets du monde se développent simultanément: l’exposition et les médias, avec l’essor successif de la photographie, du cinéma et de la télévision. Alors qu’on aurait pu imaginer que ces médias, par l’infinie disponibilité des images qu’ils offrent, rendent rapidement obsolète l’exposition, ils n’ont cessé de la croiser et de l’enrichir. Le colloque se propose d’examiner les questions multiples posées par cette médiatisation des médias que constitue l’exposition, et les tensions qu’a pu engendrer leur rencontre – entre objets reproductibles et événement singulier, entre présentations artistiques et démonstrations commerciales ou techniques, entre accrochage des images et exhibition des machines et des marchandises, entre image et espace. Après trois demi-journées consacrées chacune à l’un de ces médias, qui réuniront des spécialistes issus aussi bien de l’université que des musées, une table ronde portera sur une institution qui cristallise nombre de ces questions: le musée de photographie, partagé entre exhibition de l’objet d’art, de la technique et de l’histoire culturelle, avec la participation de responsables d’institutions régionales, nationales et internationales.

Lire la suite...

Savoir à quoi ressemblait Samantha

image L'émotion suscitée par l'affaire Polanski n'a rien d'anecdotique. Dans un pays chauffé à blanc depuis de longues années par l'hystérie sécuritaire, où les figures du violeur et du pédophile sont devenues l'incarnation de la dernière monstruosité, au fil d'une entreprise de stigmatisation dont l'actuel chef de l'Etat s'est fait une spécialité, était-il surprenant que les réactions de soutien au cinéaste entretiennent le soupçon d'une justice de classe?

Dans la perception de ce qui fut initialement présenté par les médias français comme une "affaire de moeurs", l'idée que l'on se fait de l'apparence physique du protagoniste féminin a joué un rôle décisif. Comme l'exprime sans ambages le cinéaste Costa-Gavras sur Europe 1 dès le 28 septembre, «y'a pas de viol»: «vous avez vu les photos, elle fait 25 (ans)». Alain Finkielkraut, sur France-Inter le 9 octobre, évoque l'oeuvre du photographe David Hamilton et affirme que la victime «n'était pas une fillette, une petite fille, une enfant au moment des faits, c'était une adolescente qui posait nue pour Vogue hommes».

Pour les proches de Polanski, la vision d'une Samantha Gailey (Geimer) sortie de l'enfance a pu être alimentée par l'iconographie du documentaire de Marina Zenovich, Roman Polanski: Wanted and Desired (2008), qui présente une interprétation des faits compatible avec celle des avocats du cinéaste. Dans ce film, qui donne la parole à la victime elle-même, au tournant de la quarantaine, une bonne partie des images d'archives de Samantha sont postérieures aux événements (voir fig. 2, 3, 4). Lorsque le documentaire énonce par exemple que la jeune fille «est présentée par sa mère à Polanski comme une actrice», l'illustration qui suit est tirée d'un film où Samantha a une vingtaine d'années (fig. 4). MàJ: les figures 3 et 4 sont des photos de Susan Gailey, la mère (merci à granit).

Lire la suite...

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 >